Il est impossible à un vieux de 78 ans de penser comme un jeune de 20 ans.

OK Boomer ! ! ! Une insulte des millénariaux et de la génération Z à l’égard des vieux qui portent un jugement critique sur les jeunes. L’expression est apparue dans les réseaux sociaux tout récemment et a pris une ampleur démesurée pour dire aux plus vieux de se taire et de se tasser, de se fondre dans le décor.

Voici une facette de l’âgisme qui démontre une faille dans les relations intergénérationnelles. À vrai dire ce n’est pas un comportement nouveau, mais les réseaux sociaux ont l’art de l’exacerber.
Que les jeunes aient une vision réductrice de la vieillesse est une vieille habitude qui perdure depuis des siècles. Ils ne connaissent rien de la vieillesse qui porte des jugements basés sur l’expérience des longues années de la vie. Ils n’ont jamais vécu ces années et la sagesse de la vieillesse.

Ils sont invincibles ! Audacieux ! Convaincus de pouvoir tout réaliser ! Et surtout d’avoir raison !
J’ai souvenance de cette période de ma vie où ma jeune génération portait aussi un jugement aussi acerbe sur la vieillesse. Nous voulions entamer la Révolution tranquille.
Nous étions invincibles ! Audacieux ! Convaincus de pouvoir tout réaliser ! Et surtout d’avoir raison !

 

Nous avons édifié de belles choses, parsemées d’erreurs. Comme piétiner dans les plates-bandes de l’Histoire et bien d’autres. Parce que nous étions certains d’avoir raison. Les vieux nous critiquaient comme les vieux le font depuis l’antiquité. De vieux textes nous le rapportent.

 

Socrate, 400 ans av. J.-C., au temps de l’antiquité, écrivait sous la plume de Platon ce qui suit :

-les jeunes aiment le luxe.
-méprisent l’autorité
-bavardent au lieu de travailler,
-aucun respect pour l’âge,
-ne laisse pas leur place à un vieux,
-contredisent leurs parents,
-plastronnent en société,
-se hâtent pour engloutir un dessert,
-les enfants sont des tyrans.

Des textes d’il y 2000 ans, 5000 ans disent la même chose.

Depuis l’Antiquité, l’Homme n’a pas changé, seulement son environnement et ses connaissances. Mais l’Homme en chair et en os continue, comme en ces temps lointains, d’avoir faim, d’aimer, de haïr, d’avoir des joies et des peines. Il peut être cupide et méchant. Il peut aussi être visionnaire et spirituel. La jeunesse sera toujours la jeunesse ainsi que la vieillesse sera toujours la vieillesse quoiqu’aujourd’hui les années s’ajoutent.

 

Ces vieux textes sont nés de la sagesse et ont traversé les siècles. La sagesse des vieux traverse les générations et demeure toujours vraie. Il suffit de citer Aristote, Platon, Socrate et tous les autres vieux philosophes.

 

À 78 ans, je ne pense pas comme un jeune de 20 ans
Pourquoi ? Parce que j’ai vécu une vie adulte et féconde pendant environ 65 ans.

 

Penser comme un jeune de 20 ans, c’est impossible, car ce serait renier, effacer cette longue vie d’expériences et de savoir qui est la mienne.

 

Si mes 65 années adultes n’apportent pas un éclairage différent et supplémentaire, cela signifie que j’ai passé à côté de la vie. Je souhaite qu’à leur tour les jeunes ne veuillent pas passer à côté.

 

On dit qu’un vieux qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. Imaginez ma vieillesse et cette bibliothèque qui raconte ma vie.

 

Ma bibliothèque recèle de si nombreux livres qui racontent mes joies, mes peines, mes succès, mes échecs, mes amours et malheureusement mes haines, mes ambitions, mes rêves, et une longue énumération qui noircirait de si nombreuses pages. Cette longue vie adulte m’a apporté des connaissances, des expériences et un savoir sur les aspirations sociales, les comportements complexes des individus et les grandes valeurs qui orientent la vie.

 

Bien sûr, s’il fallait que je meure demain, c’est toute une bibliothèque qui se consumerait. Perdue à jamais. À moins que j’aie réussi à transmettre ce savoir avant ma mort. À moins que j’aie eu quelques oreilles pour m’écouter. Des oreilles plus jeunes.

 

Bien sûr, à l’âge de 20 ans, avec 5 ans de vie adultes, la bibliothèque est rudimentaire. L’expérience se compte en journées. Ce sont cependant les années d’apprentissages, de jeunesse, d’études, de multiples découvertes sociales et électroniques, de lectures enrichissantes, de grands rêves et de grandes ambitions. C’est la période des audaces, de l’imagination. En somme, il s’agit de la préface du grand livre de la vie à écrire.

Je sais aussi que la jeunesse va inventer et construire une société différente à la nôtre, à cause de leur cherche constante, imaginative et de leurs caractéristiques pertinentes. Avec succès et insuccès et toutes les imperfections habituelles ! Comme nous, les vieux, l’avons fait !
Mais, les vieux auront toujours une vision différente. Cela est juste.  C’est pourquoi un vieux dicton dit : SI JEUNESSE SAVAIT ET SI VIEILLESSE POUVAIT. Mais la vieillesse sait. N’est-ce pas là les éléments de base pour un partenariat complémentaire ?  Mais encore faut-il que les jeunes comprennent que les propos des vieux ne sont pas du radotage, mais une source d’informations chèrement acquises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 réflexions au sujet de « Il est impossible à un vieux de 78 ans de penser comme un jeune de 20 ans. »

  1. Encore un intéressant texte, Claude. Merci de cette réflexion.

    Nous gardons un bon souvenir de vous deux suite à notre croisière fluviale à l’été 2017, je crois.

    Salutations à toi et Diane,

    Céline et Guy
    Deux-Montagnes

  2. Tres bon texte et véridique sur toute la ligne surtout les références aux vieux philosophes.
    Félitcitations

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