( 2e partie)  Le grand déménagement en « résidence ».

Nous voilà déjà le 12 septembre et je souhaite que mes lecteurs habituels soient encore devant leurs ordinateurs pour lire ce deuxième texte hebdomadaire. Une si longue absence est impardonnable ! La vérité est que je n’ai pas pondu un seul texte depuis… le 11 avril. Imaginez, depuis la semaine passée, cela faisait quatre mois de pages blanches où la vie a rempli mes journées d’activités et d’émotions intenses.

OÙ SERONS-NOUS DANS 5, 10, 15 OU 20 ANS ?

Il vous est facile de retrouver la première partie de ce texte pour mieux comprendre les aléas de la suite. Je terminais ce premier texte du 5 septembre par les mots qui suivent. « Une histoire à suivre. » Voici donc la suite.

Dans la première partie de ce récit, la semaine dernière, Diane et moi prenions la décision de vendre notre coquette maison à St-Cyrille de Wendover tout près de Drummondville, de rechercher intensivement une résidence pour personnes âgées et de préparer le grand déménagement vers cette nouvelle résidence à Brossard. Allo, monsieur Savoie des résidences du Soleil.

LA PAPERASSE.
Que de paperasses et de documents à compiler. On ne quitte pas une « coquette » maison sans mettre au programme de retracer les nombreux formulaires légaux d’acquisitions et de ventes, sans aviser les nombreux organismes gouvernementaux des changements d’adresse, nos fournisseurs de services et tous les amis. Une tâche de moines, beaucoup plus complexe qu’elle en a l’air. Nous avons choisi de conserver notre numéro de téléphone pour diminuer la corvée d’aviser tous ces gens qui souhaitent garder un lien avec nous.

TOUT METTRE DANS 45 BOÎTES.
On nous avait conseillé de déménager quarante-cinq boîtes et quelques meubles. Essayer d’enfouir nos articles d’utilisation courante et ces autres objets de longue date qui témoignent de notre identité dans ces quarante-cinq boîtes constitue un défi herculéen !

Hélas, nous avons dépassé ce nombre. Inutile de vous préciser que nous en payerons le prix à notre arrivée. Nous avions bien identifié sur les emballages le nom de la pièce de l’appartement où elles doivent être disposées.  Sur quelques-unes, nous avions écrit la description exacte de leurs contenus principaux, alors que nous aurions dû le faire sur chaque boîte.

SE DÉPARTIR ET VENDRE TANT DE CHOSES.
Mais revenons à cette étape décisionnelle où il faut se départir de tant de choses, les vendre à bas prix, les donner ou les jeter dans les poubelles si personne n’en veut. Inimaginable la quantité d’objets que nous avons accumulés durant les 15 dernières années.

La valeur en dollars de notre mobilier dont il fallait se départir en a pris pour son rhume. Que de désillusions ! L’obligation d’en réduire sans fin le prix nous obligeait à faire face à la réalité du marché. Imaginez que nous avons dû même publiciser la gratuité d’un de nos objets pour réussir à nous en départir. Je pense à cette table en ardoise d’une très grande valeur marchande qui n’a pas trouvé un seul preneur autrement. En offrant de la donner, ce fut la cohue à la porte pour s’en porter acquéreur.

Puis, il y eut tous ces accessoires qui devinrent des dons pour équiper les nouveaux logements des petits enfants et des amis.

LA FATIGUE.
Faut-il vous souligner que la fatigue exponentielle des vieilles personnes se dévoile lors du transport, dans les bras, de toutes ces boîtes bien combles.

TROUVER UN DÉMÉNAGEUR FIABLE.
Autre élément ! Dénicher un déménageur fiable à un prix aussi fiable requiert un temps de recherches pour dénicher des recommandations, elle aussi, fiables. La date du déménagement doit concorder avec la date du bail et devenir la date butoir pour empaqueter notre butin.

L’IMPRÉVU. UN COUP DU SORT.
Durant la semaine butoir, coup du sort !  Diane fut hospitalisée dix jours à Québec nécessitant ma présence. Pour ma part, j’ajoute une visite chez un médecin spécialiste, mais à Sherbrooke. Deux éléments qui causèrent tout un désarroi. Imaginez les journées épuisantes  à faire de la route au lieu compacter les boîtes.

LES ENFANTS À LA RESCOUSSE.
Heureusement, grâce à une concertation familiale subite, mes enfants et leur suite réussirent en une journée, en notre absence, à remplir, à notre place, toutes les boîtes, prêtes à charger le camion dès le lundi matin. Les jeunes bras forts ont remplacé les efforts désespérés physiques et psychiques de la vieillesse. La présence de cette cohorte familiale nous apporta un précieux réconfort. Vive la famille !

CINQ DÉMÉNAGEURS.
Ce lundi matin, ils furent cinq déménageurs qui vidèrent professionnellement la maison en un temps record et qui aménagèrent de la même façon notre nouvel appartement au cinquième étage de la résidence pour personnes âgées.

De St-Cyrille de Wendover, nous découvrions Brossard et le fleuve Saint-Laurent : le pied-à-terre de nos vieilles années à venir.

LES MULTIPLES TÂCHES DE L’INSTALLATION.
Il fallut s’installer. Vider toutes ces boîtes empilées comme un entrepôt dans ces quatre pièces. Tout disposer comme les meubles et les objets selon un ordre utilitaire et même esthétique. Quelle tâche ! Hé oui, quelle tâche ! Disposer et redisposer tant de fois les meubles. Inventer à s’en lasser l’emplacement des cadres et des objets. Oui, toute une tâche !

Déjà très fatigués, nous étions nombreux, à l’arrivée ce jour-là, pour la réouverture de ces contenants. Quinze jours plus tard, il y avait encore quelques boîtes dont le contenu thématique n’avait pas encore trouvé un emplacement idéal. C’étaient sûrement les boîtes en trop.

LES IMPRÉVUS QUI S’AJOUTENT À L’AVENTURE.
Puis, un autre coup du sort !  J’aurais dû transporter le téléviseur et l’ordinateur dans l’auto pour plus de sécurité. Hélas, non ! Le fil le plus important du téléviseur fut brisé. Parce qu’introuvable au Québec après  de longues recherches,  une commande téléphonique directement chez Samsung à Toronto s’imposa. Ce fil si important au coût astronomique de 339$ fit son apparition, à notre grand étonnement, aussi vite que le lendemain.

Du même coup, la réparation de l’ordinateur nous fit découvrir, dans le bottin, la centaine d’électroniciens qui œuvrent dans ce coin de pays. À qui faire confiance ?  Un tirage au sort  et une analyse firent émerger une petite boutique sympathique. Pour 52$, le technicien gagnant remit en place les parties dispersées dans la colonne. Un vrai remue-ménage électronique ! Mais l’ordinateur fonctionna à merveille le lendemain matin. Le choix du technicien que nous avons fait se transforma en une trouvaille. Nous utiliserons certainement ses services la prochaine fois.

L’absence de ces deux appareils, simultanément, démontra leur rôle respectif et leur pertinence dans la vie toute simple de bien des vieux comme nous.

ENCORE LA FATIGUE QUI GRUGE L’ÉNERGIE.
Il fallait s’y attendre. Une fatigue encore de plus en plus accablante continua à se cabrer dans nos esprits et nos corps. On dut remettre au lendemain une large partie de la corvée. Du lendemain au surlendemain et ainsi de suite.

L’intensité qui gruge l’énergie au sein d’un déménagement surgit sans crier gare dans la période de la vie où la vieillesse réclame un rythme plus apaisant. Pour moi, à la suite de cette aventure, je renonce à tout déménagement futur. Si nous avions attendu plus tard pour réaliser ce grand déménagement, le poids des jours et des ans nous aurait accablés davantage.

LE RÊVE QUI NE VIENDRA PLUS.
Et dire que ma première option favorisait de terminer ma vie dans la maison « coquette » que nous venions d’abandonner. Pour ce faire, nous aurions été assujettis de vivre dans une société qui favorise le maintien à domicile de ses vieux, grâce à de multiples services bien adaptés. Même si le sujet est largement discuté, en ces jours, je n’ai pas confiance dans la gouvernance de l’État pour réaliser ce vœu. Cela n’arrivera pas de mon vivant.

Voilà la fin de mon deuxième texte, soit le grand déménagement.
Mon troisième texte, celui du 19 septembre, soit la semaine prochaine, fera la découverte de mon nouveau milieu de vie dans une résidence pour personnes âgées.

Vous pouvez m’écrire et me contacter à mon adresse personnelle courriel qui suit : allo.picasso@hotmail.com  

Cependant, pour tout commentaire, veuillez utiliser le formulaire à la fin du texte. Nous pourrons partager des opinions et des idées.
Sachez que le nom Picasso fut celui de notre voilier sur lequel nous avons navigué dans une belle aventure de huit ans.

 

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