Le tunnel de Québec : l’œuvre d’un chef visionnaire.

Je suis favorable à la présence du tunnel comme troisième lien à Québec. Au risque d’être vilipendé pour ma prise de position,  je le vois comme la vision d’un chef à l’image de François Legault. Et voici pourquoi.

Le Taj Mahal, les Pyramides.
Il a même fallu des millions d’esclaves pour construire le Taj Mahal en Inde et les pyramides en Égypte. Et que dire du dépouillement de la population. Ces œuvres monumentales constituent des attractions touristiques qui déplacent des milliards de  voyageurs pour les admirer même s’ils sont l’œuvre de mégalomanes et le travail de millions d’esclaves. D’une durée millénaire.

La tour Eiffel, la Maison de l’opéra à Sydney, etc.
La tour Eiffel qui est l’effigie de Paris est issue d’objections venant d’adversaires qui la trouvaient trop laide et trop dispendieuse. Que pensez de la Maison de l’opéra devenu l’effigie de la ville de Sydney qui a connu son lot de détracteurs ? Et le Corcovado de Rio au Brésil ? Tous ces blasons onéreux dont la construction a soulevé les invectives des plus conservateurs des citoyens.

Les cathédrales et les monuments.
À tous ceux-là, je joins les bâtisseurs des grandes cathédrales édifiées au moyen âge qui continuent de nous émerveiller. La richesse, l’orgueil et les manigances peu édifiantes de certains papes ont permis d’exalter le génie de leurs architectes, de leurs artisans et des esclaves afin que nous puissions hériter, plusieurs siècles plus tard, des cathédrales et des monuments qui stimulent encore notre admiration et la visite de tant de touristes.

Les grands barrages, l’Hydro-Québec.
Plus près de chez nous, n’eût été la vision et l’imagination des Lévesque et Parizeau, nous n’aurions pu nationaliser toutes les compagnies d’électricité privées peu dynamiques pour donner la fulgurante naissance à l’Hydro-Québec. Faudra-t-il aussi se souvenir du lancement du  majestueux et onéreux barrage de la baie James sous l’impulsion visionnaire de Robert Bourassa ?

Jean Drapeau et le métro.
Il faudrait se souvenir de Jean Drapeau, qui, à l’inspiration de la ville de Paris, voulait un métro pour Montréal. Il n’a pas conquis les grands penseurs de Montréal qui n’y voyaient pas la capacité de Montréal d’en faire les frais. C’était vrai alors. Mais n’eût été la vision et la persistance du maire et ses contacts, que serions-nous aujourd’hui sans nos métros ? Nous sommes même en retard, 50 ans plus tard.

L’Exposition universelle 1967 de Montréal, Terre des Hommes.
Toujours sans les visions de ce maire, il n’y aurait jamais eu le succès  de l’Exposition universelle de Montréal en 1967. Malgré les nombreux détracteurs, sous le nom de Terre des Hommes, l’expo a ouvert les fenêtres de Montréal sur le monde et fait découvrir Montréal au monde entier en le recevant. Et c’est tout le Québec qui a gagné de nombreux galons et qui n’est plus le même depuis la tenue de cet événement.

Les Jeux olympiques de 1976 et la tour penchée.
Toujours sans les visions de ce maire, il n’y aurait pas eu la tenue des Jeux olympiques de 1976 à Montréal. Il a d’ailleurs fait appel au meilleur architecte de Paris pour en concevoir les installations en lui demandant de réaliser un œuvre qui marquera Montréal. Ses détracteurs qui ne le croyaient pas apte à les mettre sur pied, ont pris en main l’organisation à la dernière minute. Les manœuvres malhonnêtes de plusieurs entrepreneurs ont fait augmenter la facture. Les Syndicats ont enrichi les travailleurs en ralentissant les travaux. La tour penchée principale ne fut pas prête pour les jeux. Malgré tout, les Jeux furent un succès suscitant l’ovation du maire. La tour penchée fut terminée par la suite et devint l’effigie de Montréal et, encore aujourd’hui, elle est l’attraction touristique #1. La dette monumentale fut refilée sous forme de taxe à tous les fumeurs. La réputation des Jeux de Montréal de 1976 a marqué internationalement et favorablement l’histoire  des Jeux olympiques.

Et voilà enfin le long tunnel de 10 milliards$ à Québec.
Avoir construit le pont Laporte juste à côté du vieillard pont de Québec pour traverser le fleuve était une erreur. Quand ce dernier terminera sa carrière à court terme, il ne restera qu’un seul pont pour desservir Québec et tout l’Est de la province. Ce ne sont pas les traversiers souvent handicapés qui pourront avec le pont Laporte assurer la sécurité de la grande moitié du Québec.

La présence d’un pont ou d’un tunnel à l’autre bout de Québec s’avère une nécessité dans cet esprit. Pas selon les besoins actuels. Mais dans quinze, vingt, surtout dans cinquante ans et même plus. Pour que cela arrive, il faut le commencer maintenant.

Bien sûr, la ville de Québec ne compte qu’un demi-million d’habitants aujourd’hui. La ville est dynamique et elle doublera surement sa population dans trente ou cinquante ans. Le nombre d’automobiles aura suivi la même courbe ascendante.  La présence d’un lien supplémentaire entre les deux rives du fleuve sera alors nécessaire.  Il sera trop tard pour envisager la construction d’un pont ou d’un tunnel. Les travaux doivent impérieusement commencer maintenant pour profiter de son utilisation dans ces années.

Même si les coûts paraissent exorbitants en 2121, imaginons les coûts d’une telle œuvre dans cinquante ans. Possiblement deux à trois fois supérieurs.

L’autorité estime les déboursés entre 6 et 7 milliards$. En ajoutant les ajouts aux deux extrémités, la facture pourrait atteindre 10 milliards$. Ce qui provoque les hauts cris des environnementalistes et des commentateurs de la région montréalaise qui trouvent scandaleuse une telle dépense pour une ville à sa dimension actuelle.

Pourtant le REM,  sur pilotis le long du boulevard René Lévesque, du centre-ville jusqu’à l’Est de la ville de Montréal, est évalué à 7 milliards$ sans compter les stations et les dépenses inhérentes, soit aussi un 10 milliards$. Là, ça va. Sauf l’aspect visuel.

On oublie que le long tunnel, le choix des promoteurs, dessert les besoins de tous les citoyens de l’Est du Québec, otages de l’humeur technique de quelques traversiers, ce qui s’est produit  récemment,  et qui doivent se rendre jusqu’au pont Pierre Laporte, traverser toute la ville de Québec pour se rendre à Baie-Comeau. Il arrivera aussi un jour que le vétuste pont de Québec rendra l’âme. Un deuxième lien  plus au nord sera le bienvenu.

La vaste majorité des commentateurs, surtout de Montréal, ont déjà assassiné le projet du long tunnel qui relira Québec et Lévis. Son coût et sa pertinence nourrissent les arguments qui fusent sur tous les médias. Les adversaires sont nombreux et vindicatifs. À tel point que  les supporteurs, comme moi, n’osent s’afficher au risque de se faire vilipender.

Seul le premier ministre du Québec, François Legault et son ministre des transports François Bonnardel, les initiateurs du projet, défendent ce projet à haute voix, et les maires de Québec et de Lévis. Bien sûr que les populations impliquées des deux rives le voient d’un bon œil. À l’exception des mouvements communautaires qui réclament plus de subventions, les activistes qui défendent l’écologie et l’environnement et ceux qui s’opposent à toutes voies supplémentaires pour les automobiles.

Seul un chef visionnaire peut voir au-dessus de la mêlée la réalisation d’un projet d’avenir dont les citoyens seront alors très fiers.

 

 

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