Pis, Claude, qu’est-ce que tu fais de bon ?

Jean-Guy m’a demandé la semaine dernière : « Pis, Claude, qu’est-ce que tu fais de bon ? » Que répondre à cette question quand on est un retraité de près de 80 ans. « Bah, pas grand-chose, toujours la même chose qui constitue la vie d’un retraité. » Je ne suis pas un golfeur qui continue sa routine sportive jusqu’à un grand âge. Pourquoi me poser cette question ? 

Il me reste deux activités bénévoles qui ne demandent pas de grandes actions. Je siège à un comité qui analyse l’éthique de quelques projets de recherches. À tous les deux mois.  Puis, je siège au Comité d’urbanisme de ma petite municipalité toutes les deux semaines. J’entretiens mon blogue qui m’exige un texte par semaine. J’ai commencé périodiquement à écrire ma biographie comme le propose Janette Bertrand. J’aime écrire, cela me passionne.

Je m’assois sur mon tracteur pour tondre mon gazon deux fois la semaine. Je donne un coup de main à Diane pour certains travaux. Je passe de nombreuses heures à la lecture de livres et réfléchir. Une activité fascinante.

Pis, la télévision occupe mes temps de loisirs. J’oubliais, je fais une sieste tous les jours. Pis je flâne.  Et je dois subir des tests médicaux et visiter mon médecin de telle sorte qu’on m’opérera la hanche dans quelques jours. Je sais que la récupération prendra six semaines remplies d’exercices. Ouf ! Une retraite peu exigeante.

« Pis, Claude, qu’est-ce tu fais de bon de ce temps-ci ? » Je ne sais que répondre. Belle question à poser à un retraité qui a mis un terme à la vie performante de la période du travail. Pourquoi s’attendre à une réponse d’actions performantes d’un homme de près de 80
ans ? J’ai mis un terme à cette vie où j’ai accompli de belles œuvres grâce à un travail où j’ai performé.

À cette époque, j’avais une myriade de réponses à donner. Ma vie regorgeait d’actions valorisantes qui emplissaient mes journées et mes semaines. Je générais des revenus qui m’apportaient une aisance que j’appréciais.

Aujourd’hui, nous nous contentons d’une pension qui rétrécit au fur et à mesure que les prix augmentent. Outre un voyage annuel, nos dépenses sont ajustées à un rythme de vie moins omnivore que cette période où les activités foisonnaient à l’égal des revenus que le travail productif permettait la jouissance.

Nos dépenses dépendent aussi de la quantité d’activités que notre corps nous accorde. Il est évident qu’à mon âge la santé de beaucoup de retraités tolère le déploiement de grands efforts. Mais pas à plusieurs autres comme moi. Soyons réalistes.

La notion de productivité n’est pas utile quand on est à la retraite. Par ailleurs, il semble que même le fait de se garder actif n’est pas non plus une garantie de retraite satisfaisante. On peut être actif et se sentir malheureux, et vice-versa. Le degré de bonheur et de satisfaction que nous pouvons retirer de nos activités repose sur la signification profonde que nous attribuons à ces activités.

Durant la période de nos vies de travail, nous avons été encadrés par des mesures visant l’efficacité. Et maintenant que nous sommes à la retraite, faudrait-il encore nous parler de «productivité »?

La question serait donc : comment peut-on organiser notre temps de retraite pour avoir des journées « pas nécessairement productives ni tellement actives », mais qui ajoutent du sens à notre vie ?

Une activité doit avoir un sens, une signification personnelle si elle doit contribuer à notre satisfaction. Il faut se demander si telle ou telle activité de retraite contribue réellement à augmenter notre degré de satisfaction et de quelle façon. Cela demande une réflexion continue sur le sens de nos activités, leur impact sur nous, et non sur notre productivité. Mes simples activités me satisfont beaucoup.

Si, à l’avenir, on me demande ce que je fais de bon, je répondrai que je flâne ou que je ne fais rien. Dans la réalité, je ne fais que vivre le plus simplement possible, ne faire que les tâches qui augmentent ma satisfaction, n’est-ce pas là un grand privilège de la vie ?

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