Nos artistes préfèrent les chansons anglaises.

Samedi dernier, à l’émission En Direct de…la rentrée de Radio-Canada, j’ai visionné une émission haletante musicale comme seule France Beaudoin a l’art d’en produire. Les chansons, les pièces musicales se sont succédé et enchainées à un rythme digne du meilleur pot-pourri.

Pour la circonstance, France Beaudoin avait invité une cohorte élargie des vedettes de la nouvelle programmation de Radio-Canada.

Chacun d’entre eux devait au préalable avoir répondu à un questionnaire sur leurs préférences musicales. Il était évident que le public voulait les connaître.  Le nom de l’artiste ou des artistes et les mines réjouies de ces derniers apparaissaient à l’écran quand la chanson ou la partie de celle-ci était interprétée.

L’idée est bonne, mais c’est du même coup le hic de mon propos, où le bât blesse. À l’exception de la dernière, toutes les chansons étaient anglaises.  Le choix de nos vedettes.

Se peut-il que notre colonie artistique carbure aux « tounes » anglaises. Se peut-il que nos créateurs de chansons francophones soient si en manque d’inspiration que leurs consœurs et confrères du Québec entonnent les chansons d’ailleurs lors de leurs vies quotidiennes. Et les préfèrent !

Ce sont toujours des chansons anglaises qui couronnent les grands événements de la vie et même les petits. Bien sûr, ils ont bien le droit de s’emmouracher de ces ‘tounes »! Mais une émission entière, produite en français, n’a proposé qu’un répertoire anglophone. À l’exception de la dernière « Les champs Élysées », comme pour mettre un point final. Un hasard, me dira-t-on !  Non, un malaise !

Le malaise vient-il de nos compositeurs qui ne réussiraient pas à produire des créations capables de titiller leurs amis de la colonie artistique ? Faut-il se surprendre que notre peuple soit drogué à la production anglaise tout comme leurs vedettes ?

L’exemple que je raconte ici n’est pas un cas isolé. On le retrouve lors d’autres émissions. On le retrouve dans nos « partys » de famille. Quand une chanson française apparait, on entend « change ça, c’est plate ». Pourquoi ?  Pourquoi tant de nos chanteurs québécois optent-ils  pour des chansons en langue anglaise ?

Je me souviens d’un temps où on chantait en français et même plus on traduisait les « hits » américains. Les Baronnets, groupe auquel appartenait René Angélil, ont connu de grands succès en interprétant les versions françaises des succès des Beatles.  Joe Dassin n’a-t-il pas amorcé sa carrière en traduisant les chansons d’ailleurs ?

Sans vouloir être nostalgique, je m’inquiète si la tendance d’aujourd’hui n’est qu’un rayon de l’hégémonie américaine qui s’introduit dans les multiples cultures de la planète.  Mais cette influence s’insinue aussi dans notre fragile francophonie en Amérique. Au risque d’être une des multiples facettes d’une ingérence culturelle anglophone de plus en plus sournoise dans notre société.

Bien sûr que je souhaite qu’on aille un peu à contre-courant, de se méfier des modes culturelles.  C’est à ce prix que notre langue et sa culture pourront résister.  Sinon, nous nous dirigeons vers un appauvrissement culturel évident.

Je fais appel à notre colonie artistique et je  les mets en garde de mordre la main qui les nourrit en ce moment. Ils doivent mériter la fascination de la population. Je les invite à réfléchir sur l’influence qu’ils exercent et la responsabilité qui leur incombe.

 

 

 

 

 

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