Cette satanée peur.

Cette satanée peur nous assaille de partout. Peur de ceci. Peur de cela.  Nous avons peur de ce méchant virus mortel qu’est le Covid 19 qui nous rend malades et nous fait mourir.  

Et que dire de ce confinement qui dure depuis deux mois et a eu l’heur de nous transmettre de l’anxiété, de la dépression, de la déprime et toute une panoplie de maladies mentales, en passant par l’agressivité et la violence.  N’est-ce pas la peur?

On le prenait à la légère au début. Pourtant il faut se rappeler  la folie du papier de toilette. Si ce n’est la peur, qu’était-ce ? C’est la peur qui nous permet de rester confinés et de respecter les consignes.  N’est-ce pas une nouvelle peur qui est entrée dans nos vies sans crier gare ?

Comment un virus aussi virulent peut-il du même coup  attaquer nos poumons, le cœur, les reins, le foie, les yeux et le cerveau ?  Il est à la source de cette peur qui paralyse et inhibe toutes nos réactions.

Et que dire de ceux et celles qui soignent nos éclopés. Une travailleuse déclarait qu’elle avait la chienne tous les matins. Elle soignait tous les patients avec la peur au ventre.  La peur du risque comme le soldat face à son ennemi.  Qui aura raison de l’autre ?  Inutile de décrire la boule dans la gorge quand sa propre sécurité est en jeu. Elle racontait l’horreur du drame qui se déroule dans les CHSLD.

Outre le confinement  obligatoire pour les vieux de 70 ans et plus, les autres doivent respecter la distance de 2 mètres entre eux. On recommande fortement de porter le masque surtout quand le distancement risque d’être moins de deux mètres. Si on ne le porte pas, on est fusillé par le regard des autres.  Une autre peur qui cogne à notre porte.

C’est sans compter l’effet effrayant que peuvent avoir les médias. Les retraités confinés dans leur appartement, parfois de 3 pièces et demie, à part la cuisine et quelques livres se livrent aisément aux médias surtout ceux en information continue sur le Covid 19 afin d’être courant de tous les développements.

La surenchère d’informations assaille le système nerveux des individus et fomente la peur. J’ai eu peur. Conséquences, à part les conférences de presse de Trudeau et Legault, j’ai adopté la lecture et l’écoute de la musique. Le soir, l’écoute de téléséries, de reportages et de cinéma me suffit pour maintenir ma peur à son plus bas niveau. Sans oublier la rédaction de textes pour ce blogue.

La peur de la mort inquiète bien des individus, mais la grande majorité semble ne pas s’inquiéter de cette mort.  C’est plutôt la peur de vieillir qui grignote la grande population et les plus vieux. Ces derniers craignent davantage la qualité de fin de vie qui les attend.

Pour les jeunes, la vieillesse commence à 50 ans, ce que dénient les 50 ans et plus. Pour les 50 ans et plus, on dira qu’elle survient  entre 65 et 70 ans.

On a peur de vieillir. On se bat contre les traits du vieillissement.  Les industries qui promettent le rajeunissement  avec crèmes et lotions font des affaires d’or.  Les performances sportives tiennent  le pavé pour démontrer la jeunesse.  On dira de celui qui saute en parachute à quatre-vingts qu’il est jeune. On complimentera un vieux en disant qu’il a l’air jeune au lieu de lui dire qu’il vieillit bien.

On a tellement peur de vieillir, qu’on a éliminé le mot « vieux » du vocabulaire courant pour le remplacer par « aîné ».  Un mot qui n’a aucune affinité avec la vieillesse. Un jeune de vingt ans peut être un aîné.

Le mot vieux qui s’accorde bien avec le mot vieillesse et tant d’expressions chaleureuses. Parce qu’on a peur de vieillir, on refuse de se qualifier de vieux. On choisit le terme aîné.

On ne veut pas finir ses jours dans un CHSLD. Cela n’a pas commencé avec le coronavirus.  Bien avant. Les médias n’avaient de cesse d’élaborer sur la maltraitance, la mauvaise nourriture et les soins primaires dans les CHSLD. Le « mautadit virus » a tout fait exploser. Les vieux n’ont jamais eu la cote d’amour.

Le premier ministre Trudeau a beau déclaré son attachement pour les vieux et leur accorder par la suite une prime d’une occasion de 300$ et 500$ soit 6$ et 8$ par semaine. Deux milliards de dollars alors que les semaines précédentes il accordait  neuf milliards de dollars aux étudiants.

La pension de retraite du gouvernement est de 613$ par mois pour les besoins des vieux tandis qu’il accorde 1,250$ par mois aux étudiants durant la pandémie.  Les vieux ont évidemment d’autres allocations minimes tout comme les étudiants. Et on se vante d’aimer les vieux ou les aînés qui ont bâti notre société.

Et au provincial, on verra bien combien il restera dans les coffres pour les CHSLD quand on aura calculé la dette et que les restrictions budgétaires feront la manchette.    On a raison d’avoir peur.

Bien sûr, il y a de nombreux vieux qui profitent d’une retraite dorée. Ils sont nombreux les vieux autonomes et semi autonomes. Et pourtant, ils ont aussi peur de finir leurs jours dans un CHSLD ou avec une santé amoindrie et des douleurs incessantes.

La peur fait partie de cette vieillesse qui s’allonge de génération en génération. La peur de vieillir sans amour, un avenir morose !

 

 

 

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