Il faut accepter de vieillir et parlons-en !

Le mot « vieux » ne veut pas dire décrépitude ou sénilité. Et pourtant c’est le sens que la société veut bien lui donner. Un aveugle est devenu un non-voyant, un sourd un malentendant et les hôpitaux deviennent des CHU. Un handicapé est nommé une personne à mobilité réduite. Et un vieux est nommé de beaucoup de façons,surtout comme un ‘ainé » en oubliant le mot vieux. Pourquoi a-t-on si peur de vieillir ?

Pourquoi enlever le vrai sens au mot « vieux » ? Pourquoi donner au mot « ainé » un sens qu’il n’a pas ? Pourtant le mot « vieux » a un sens chaleureux. On l’emploie à tellement de sauces comme mon vieux, une vieille histoire, une bonne vieille maman, un vin vieux et ainsi de suite. Pourquoi veut-on tant faire vieillir le mot vieux ?  Et ce sont souvent des vieux qui abhorrent ce mot.

Ce n’est qu’au Québec qu’on veut le mettre au rancart.  En France, et dans la francophonie, on dit et on écrit « vieux » et « senior ».  Les ainés, l’âge d’or et le bel âge, ce ne sont que des expressions québécoises. Pourquoi ?

L’image projetée des vieux en est une de décrépitude et de sénilité. Hélas, bien souvent propagée par les vieux eux-mêmes qui refusent de vieillir. On se proclame facilement et erronément de « jeunes ». Quand on sait que la jeunesse se prolonge jusqu’à l’âge de 30 ans et que la vieillesse commence à 65 ans.

Autant le mot jeune s’allie avec jeunesse, autant le mot vieux se conjugue avec vieillesse. Je n’aime pas qu’on me dise que je parais jeune, ce qui est faux, je préfère qu’on me dise que je vieillis bien.

Parlons de la vieillesse franchement.

Les maisons pour retraités actifs, déjà fort nombreuses, se multiplient à un rythme accéléré. Les vieux réalisent des voyages de rêves, pratiquent leurs passe-temps favoris, fréquentent les salles de spectacles et les restaurants

Une tendresse passionnée se substitue à une sexualité débridée. Tous les sentiments de l’amour se tissent au gré des jours. L’expérience de la vie apporte une connaissance des sentiments humains et une sagesse à ce cerveau qui ne cesse de nous étonner.

Ajoutons que les habitudes de la vie deviennent des rituels. Ces derniers ajoutent à la sécurité. Ce n’est pas encore de la décrépitude et de la sénilité.

Mais la vieillesse peut  devenir une période d’oisiveté sans un travail de retraite, un passe-temps passionnant ou une socialisation active.

Évidemment, le corps commence le cycle du vieillissement alors que l’activité cérébrale continue à nous émerveiller. C’est alors que la vieillesse commence, que les rides font leur apparition, que la force physique diminue lentement et que les bobos de p’tits vieux comme l’arthrose et autres s’installent. Il vient un âge où la fatigue prend du poids. Des conditions et des douleurs que les vieux acceptent facilement dans leur vie quotidienne.

 Ce qui explique que l’industrie pharmaceutique salive par l’ampleur que prend la  vieillesse; voir les statistiques à la fin du texte. À divers degrés, car certains vieux consomment beaucoup de pilules, quantité d’onguents et certains autres vieux beaucoup moins. Je connais une femme de 88 ans qui n’a jamais avalé une seule pilule de toute sa vie.  Et cette autre « jeune » vieille qui, à 66 ans, consomme un pilulier bien garni.

L’industrie du cosmétique elle aussi salive par l’ampleur des statistiques qui représentent la vieillesse ; voir les chiffres à la fin du texte. Elle fait un haro sur les rides et la peau qui amincit. Pourtant la beauté de la vieillesse existe et enchante ceux qui savent lire les rides et la peau. Les lotions magiques excitent ceux et celles pour qui seule la beauté passée flirte avec la jeunesse passée.

Quand on n’accepte pas de vieillir, on se targue d’avoir un cœur jeune, alors que les artères de celui-ci continuent de vieillir.

 Sait-on aussi qu’il y aurait seulement 5% des vieux qui ne sont pas autonomes qui peuplent entre autres les CHLD. Les médias n’en ont que pour ce 5%.

Et que dire des 95% autres vieux qui sont actifs, allumés et autonomes. Ceux qu’on appelle les vieux avec justesse ! Qui acceptent de vieillir !

En terminant, voici ces chiffres mirobolants qui font réfléchir.

Les statistiques développent des photos très colorées qu’il vaut la peine de considérer. La longévité de la vieillesse a inventé une nouvelle génération qui n’existait presque pas il y a cinquante ans. L’âge moyen se situait vers 70 ans tandis qu’il atteint les 83-84 ans maintenant.

 Aujourd’hui, on dénombre 188,000 vieux de 85 ans et plus, tandis qu’ils avoisineront 736, 000 dans cinquante ans. Il y a actuellement 2000 centenaires selon statistiques-Québec. Dans cinquante ans, on prévoit qu’il y aura 45,000 centenaires.

Nous sommes face à une vieillesse inéluctable. Nous n’avons pas le choix autre que d’accepter de vieillir sans amertume. Il y aura de plus en plus de vrais vieux.

Le mot « les ainés », à la mode, est une figure de style mais n’est pas un remplacement. Il faut accepter le mot vieux, de vieillir et d’en être fier.

Ce texte a été écrit par un vieux de 78 ans.

 

    

 

 

 

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Une réflexion au sujet de « Il faut accepter de vieillir et parlons-en ! »

  1. Merci pour cet article et votre blog! Je travaille en maison de retraite en France. IL EST TEMPS QUE LE MONDE EVOLUE ET ACCEPTE LE VIEILLISSEMENT, LE CHANGEMENT, LA FRAGILITÉ. Eh oui, comme il y a la nuit et le jour, il y a les jeunes et les vieux, des personnes valides et des handicapés, des moments de grandes joies et des moments de souffrance à n’importe quel âge!! C’est la vie non de non! Arrêtons de se voiler la face!!!

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