Comment faire survivre la souveraineté. Pourquoi pas le PQ aussi !

Je me souviens du 30 octobre 1995. C’était le grand référendum avec un résultat près du kif-kif. Les deux options, le OUI et le NON étaient nez à nez soit 49,4% et 50,6% à 0,5 % du 50%. Une presque victoire pour le clan du OUI ! Sans oublier une participation record de 93,25%. Du jamais vu ! Seulement 54,258 votes séparaient les deux options. Une population divisée et déchirée !  Une telle participation aurait dû  augmenter les ardeurs des souverainistes jusqu’à un autre plébiscite.

Je quittai le Canada en 1998 pour y revenir 8 ans plus tard. En 2006, j’ai vécu le choc du retour à maints niveaux y compris à l’égard de la politique. Seulement 8 ans ! Incroyable ! Des ténors connus et respectés du PQ fustigeaient déjà le parti et sa déviance. J’en fus surpris et constatai la vérité de ces propos.

Au sein du PQ, on ne parlait que de stratégies pour la reconquête du pouvoir et de structure. On cherchait à promouvoir la souveraineté du passé. Les querelles intestines minaient l’image du parti au sein de la population. On voulait couronner un chef prestigieux, jeune de préférence, pour rajeunir l’image du parti. On discutait  d’indépendance sans raconter le pourquoi. De nombreuses démissions importantes ont coloré le paysage.

Depuis 1960, le Québec a évolué et a gagné bien des batailles qui sont devenues des acquis. Le froment de la souveraineté qui avait galvanisé les troupes depuis lors semblait avoir fondu. Le discours ne pouvait plus être le même. De nouvelles réalités ont surgi, qui préoccupèrent peu ou pas le caucus. Et le parti s’éloignait du terrain.

Je me souviens de 1975 et 76, quand les troupes sur le terrain faisaient du porte-à-porte pour convaincre leurs voisins à l’image des « témoins de Jéhovah ». Pourtant la souveraineté n’était pas à la mode. Le pourquoi et l’idéal étaient au programme. Soit l’Option souveraineté.  Le message se frayait un chemin. Porte-à-porte. Comté par comté. Jusqu’à la victoire que les sondeurs professionnels n’ont pas décelée.

Il faut comme en 1976 avoir un projet de société. Pas une autre stratégie. Pas un parti politique. Mais bien une idée bien élaborée qui colle à la réalité. Ce sont les membres sur le terrain qui cultivent le terrain. Il faut partir avec le désir de convaincre. Comme des commis voyageurs !

Au programme, il faut constituer des états généraux d’où sortent  les grandes lignes d’un programme, qui drainent les idéaux et où se manifestent le ou les leaders. La souveraineté doit émerger de la base la plus large.

Le parti québécois profite déjà d’une structure, soit des comités par comté, où il peut puiser une alimentation adéquate pour nourrir une réflexion conforme à la réalité.

Il a fallu qu’une seule députée claque la porte pour semer le désarroi et montrer la fragilité d’un parti déconnecté de la population. Un chef habile en stratégies n’a pas suffi pour sortir le parti de son ornière.

Ce n’est pas seulement le chef qui a mené ses troupes à la dégringolade. C’est l’histoire d’un parti. C’est l’aboutissement  inéluctable d’un parti qui n’a pas compris son destin en train de s’effilocher depuis 1995. La moitié passionnée et convaincue de la population votante s’était lancée alors vers les bureaux de scrutin pour voter OUI.

Il y a toute une côte à remonter et ce n’est pas une autre stratégie qui réparera les pots cassés. Il faudra expliquer le « pourquoi »  et le « comment » une souveraineté revisitée répondra aux attentes de la population d’aujourd’hui et de demain. Incluant les jeunes, les nouveaux citoyens, les allophones et les anglophones. À moins de soulever la passion des souverainistes, pourquoi le Québec se séparera-t-il du Canada ?

Trudeau, comme son père, est en train de semer la discorde propice. Le « momentum » n’est-il pas à la portée de la main ?

 

 

 

 

 

 

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