Encore faut-il lire les nombreux rapports des commissions !

Que ce soient les partis dans l’opposition et les commentateurs dans les médias, ils réclament tous une autre commission d’enquête sur la gestion de la pandémie de la Covid ! Il y en a eu déjà quatre. Que veulent-ils savoir de plus ? Les rapports cumulent des centaines de pages où l’on retrouve des solutions qui sont le fruit des réflexions des auteurs. Ces derniers ont été choisis en fonction de leur intelligence et de leur réputation à proposer des solutions éclairées.

Je doute que les oppositions et la cohorte des gens de nouvelles prennent le temps de lire des bouquins de 300 pages. Je présume qu’on lit les rapports en diagonale, dans les heures qui suivent leur parution, pour trouver la ligne ou le paragraphe qui fera la nouvelle et le sujet à débattre. Et ce sera fini le lendemain. Pourtant, les auteurs des rapports ont écrit chaque ligne avec d’intenses précautions et consacré des pages et pages à développer des idées qui ont requis 16 mois de travail.

Il faudrait exiger des commentateurs et chefs de nouvelles de lire le bouquin dans son entier, de se soumettre à un tel exercice, pour en soutirer maintes solutions. Sinon, l’essence même du rapport restera cloîtrée dans ses pages. Bien sûr, il faudra quelques jours de plus pour en comprendre l’essentiel de l’histoire.

J’ai lu l’éditorial de Paul Journet dans la Presse avant d’écrire ces lignes. Il avait lu le bouquin entier du rapport de la Commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay. Je me permets de m’inspirer de Paul Journet.

La Commissaire écrivait : « il s’agit d’enjeux qui perdurent depuis longtemps et pour lesquels des solutions sont connues. Celles-ci n’ont pas été mises en place, ce qui a contribué aux résultats inacceptables obtenus lors de la première pandémie. »

Ils sont nombreux les rapports d’experts dont les recommandations se ressemblaient : le gouvernement en est l’ultime responsable. L’opposition aimerait prolonger ce débat, mais une commission d’enquête n’est pas un procès. Elle servirait de prétexte pour reporter les actions urgentes. Devant ne autre commission publique,  François Legault se contenterait de répéter qu’il faut  « attendre le dépôt du rapport ».

Je me permets de faire un résumé du rapport de la Commissaire, comme cité par M.Journet.

-La santé publique a été sous-financée.

-Les CHSLD publics et conventionnés ont été sous-financés et sous-traitent des places au privé.

-La hausse de la rémunération des médecins faisait en sorte que chaque année, il restait proportionnellement moins d’argent pour le reste du réseau.

-L’allocation des ressources ne se fait pas en fonction des besoins des patients.

-Les employés sont déplacés entre les unités, ce qui nuit à la qualité des soins et à leur motivation (lire : épuisement professionnel)

-La capacité hospitalière est faible.

-La « rigidité » corporatiste empêche la collaboration entre les médecins, les infirmières et les autres professionnels.

-Le système est centré sur les besoins des médecins et des hôpitaux.

-Le système souffre de son hypercentralisation.

-La gestion ne se fait pas en fonctions des résultats. Ceci rappelle les « contrats de performance » que proposait François Legault comme ministre de la Santé en 2002 quand il liait le financement à l’atteinte de certains résultats. La Commissaire précise le sens de « résultat », car le système actuel est financé en fonction d’actes. Elle préconise de mesurer un type de « résultat différent » soit l’effet sur la santé des patients pour vérifier si leur sort s’améliore. C’est plus difficile à évaluer, reconnaît-elle. D’où l’importance de raffiner les données.

-Elle recommande aussi que l’État s’éloigne des opérations pour se concentrer sur son rôle de gestionnaire.

-Mieux vaudrait laisser les gens proches du terrain répondre de leurs actes.

-Pour définir les grandes orientations, elle propose de sortir de l’habituelle logique de confrontation entre syndicats et patrons, du jeu de donnant-donnant et des compromis arbitraires où le patient est confiné à un rôle de spectateur.

Je n’ai pas lu ce rapport, mais l’éditorialiste Paul Journet l’a fait. Si tous les journalistes en faisaient une lecture complète, nous profiterions d’une information plus pertinente.

 

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