Le « plusse » beau pays !

 


Les témoignages entendus ces jours derniers et bien avant dans les médias par les immigrants et les néo-Québécois se résument à justifier leur choix de leur terre d’accueil. Leurs pays ne sont plus vivables. La liberté, surtout celle de l’expression, la prospérité, l’économie, la tolérance, le modernisme, l’accès aux

études pour les enfants, la liberté de religion, l’absence du voile pour plusieurs, la sécurité et pour un nombre important, l’absence de guerre, la démocratie et l’égalité hommes-femmes pour certains sont les raisons qui sont exprimées entre autres.

 Ces nombreuses qualités pour ce coin de terre ne sont pas nées naturellement comme les fleurs des champs. Ce petit paradis, même s’il est encore imparfait, est le résultat d’un effort constant par une population qui le souhaitait.

 Sous le slogan « Maitres chez nous », ce fut la Révolution tranquille des années 50 et plus. Sans guerre armée. Il fallait se soustraire à l’influence oppressante du clergé catholique et l’hégémonie de l’aristocratie et la bourgeoisie anglaise. Un dur combat face à bien des résistances !

Toute une Histoire ! Longue à raconter ! Il me faudrait un livre sinon plus, mais je n’ai que cette page à ma disposition. Voici quelques points d’ancrage.  La fin de la Deuxième Guerre mondiale a ramené au pays une multitude de soldats qui ont donné le signal de départ, en 1945,  à une natalité très féconde avec une pensée et une tournure de phrases très anglicisées. On la décrivait comme la « Louisianisation » de cette langue et on fustigeait le parler « joual ».

L’opposition féroce de l’oligarchie financière torontoise a combattu la nationalisation de l’électricité, qui a donné naissance à l’Hydro-Québec, à l’électrification des régions et la source de grandes compétences.

L’opposition féroce du clergé en soutane a combattu la mise sur pied du ministère de l’Éducation qui a donné, entre autres, naissance aux CEGEP, à l’Université du Québec en région et la laïcité des professeurs.

Tout comme les hôpitaux et la santé, devenus laïcs alors aux mains des religieux et religieuses et, au privé, des médecins. Ils furent nombreux les citoyens qui furent ruinés pour des soins médicaux. Le ministre Castonguay affronta, par des menaces et du chantage, les médecins qui ne voulaient pas être régis par l’état et les compagnies d’assurances remplacées par l’assurance de l’État. Naissance de la « Castonguette ».

Il a fallu au ministre Camille Laurin beaucoup d’obstination pour faire aboutir la loi 101 sur la langue française ? Des manifestations monstres de citoyens et mêmes violentes, un débat colossal public ! Ce fut aussi un dossier épique devant les tribunaux. Réticences acharnées des anglophones et des compagnies anglaises.

 La Révolution tranquille apporta son lot de victoires sur plusieurs plans jusqu’à nos jours que ce soit en agriculture, travail, environnement, sport et culture. Malgré certaines vicissitudes et son essoufflement, les gains de la Révolution tranquille nous ont apporté la société aisée dans laquelle nous évoluons aujourd’hui.  Voilà ce pour quoi, entre autres, ma génération s’est  battue parfois violemment.

Le dossier de l’avortement, qui fut aussi une bataille entre deux clans, et l’émancipation de l’homosexualité ont fait un bonhomme de chemin. Les féministes montèrent aux barricades avec succès.  Sans compter la multitude de changements survenus dans la société comme le syndicalisme qu’ils seraient  longs d’énumérer.

Le Parti Québécois attisa le feu sous braise du nationalisme francophone et donna naissance au concept de l’indépendance. De Canadiens français, nous devînmes des Québécois. Nous étions 6 millions d’habitants. L’exaltation d’un nationalisme pour une nation québécoise d’origine française, dont les affinités par le sang, la langue, la culture, la religion, l’histoire, le droit, nous unissait et répondait à tous les critères définissant une nation. Issue de multiples origines.

 Nous voulions vivre en français, nous voulions prendre la commande de nos institutions, ne plus être des porteurs d’eau au profit de la mainmise anglophone. Voilà comment  naquit le mouvement souverainiste sous l’égide de René Lévesque.  En 1976, un premier gouvernement souverainiste prit le contrôle et amorçait un référendum en 1981 dans l’espoir d’une étape plus avant.  Une première défaite avec un espoir de récidive en 1995. Le Canada faillit se séparer par une minime différence de 1%.

Ce ne sont que de minimes faits de l’Histoire récente du Québec, Histoire que devraient connaitre nos jeunes et les nouveaux arrivants. Je veux bien m’informer et en savoir plus sur les cultures qui se font une place au Québec, mais je souhaite réciproquement que ces néo-Québécois, de plusieurs nationalités, prennent la peine de se nourrir de l’Histoire du Québec et d’adopter certaines facettes de la culture locale que ce soit par l’alimentation, les événements et la langue.

Les musulmans ont ouvert leurs mosquées à la visite populaire, ce fut très bien, mais combien de musulmans ont visité une église catholique ? Je fus très heureux d’entendre lors des événements tragiques de Québec un musulman raconter comment il est un partisan des Canadiens de Montréal.

Oui, le Québec est le « plusse » beau pays de libertés et de tolérance qu’une génération a bâti lors d’une révolution malgré les obstructions et dont profite une nouvelle génération. Et c’est ce qui explique que les plus vieux tiennent si farouchement à protéger certains acquis de cette Révolution.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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