Les citoyens au-dessus de tout soupçon.

Mon père disait d’eux qu’on leur donnerait le bon dieu sans confession. Et pourtant, la double-vie, cela existe. Des hommes vertueux qui dissimulent les plus grandes crapules. Tellement de romans et de films ont traité de ce sujet.

Le célèbre film italien, portant ce titre, racontait l’histoire d’un chef de brigade qui dirigeait l’enquête du meurtre d’une femme. En fait, la femme était sa maitresse et il était le meurtrier. Personne n’aurait cru que leur chef de la brigade soit impliqué. Il avait beau fournir à ses hommes des indices, rien n’y fit. Il était un citoyen au-dessus de tout soupçon.

Dans un autre film, un grec celui-là, c’est le juge qui dirigeait le tribunal pour juger des crapules de la mafia qui était le chef de gang. Imaginez !

Il y eut en France cette histoire vraie. L’affaire Heusèle !  Un citoyen vénérable ce notaire qui présida la Fabrique de sa paroisse, président du club Rotary et instigateur de tant d’œuvres charitables ! On le retrouva noyé avec un sac à dos portant un haltère de 20 kilos.  Suicide ou meurtre ?  On ne le saura jamais. Mais l’enquête  fit découvrir la double vie de cette victime. À la tête d’un réseau de pédophile, il dirigeait un trafic de drogues,  relié à la prostitution. Des coffres bancaires bien garnis dans des paradis fiscaux. Personne ne savait. Sa femme, ses enfants, ses amis, personne ne connaissait le côté caché et pervers de ce personnage. Huit ans déjà, dossier non réglé !

Il n’y a pas que dans les pays étranger que ces phénomènes existent. Il suffit de regarder autour de nous la pluie de tous les scandales. Quand on remarque tous ces criminels qui profitent d’une libération à cause d’une faille dans le rapport d’un policier, d’une directive insidieuse d’un juge aux jurés. Nos juges, nos policiers, nos avocats, les procureurs de la couronne sont-ils des citoyens au-dessus de tout soupçon.  Nos politiciens de tous les niveaux le sont-ils aussi ? Qu’arrivera-t-il si on fouille dans le dépotoir des magouilles ?

La Commission Charbonneau nous a révélé l’envers de la médaille de bien des gens dit honorables.

Quand on voit les tueurs de la mafia être libérés pour une coquille dans le travail d’un policier ou d’une mauvaise directive d’un juge aux jurés, je me demande s’il s’agit d’une malencontreuse erreur ou d’une décision bien calculée.

Le crime organisé qui retire des millions et milliards de dollars des méfaits a sûrement un compte en banque ou une petite caisse bien garnis pour faire saliver un grand nombre d’honnêtes citoyens en autorité. Un million de dollars viennent à bout de bien des vertueux. S’ils le font à travers le monde, pourquoi pas chez nous ?

Le côté pervers consiste à douter. Telle sentence bonbon est-elle le fruit d’un marchandage ? Pourquoi tant de grands criminels s’en tirent-ils si facilement ? Qui n’aurait donné le bon dieu sans confession à l’ex-maire Vaillancourt ? Pourtant, cet homme, issu d’une famille à l’aise financièrement, au-dessus de tout soupçon, a dissimulé sa facette criminelle.  À la tête d’un  réseau de corruption pendant 25 ans, comment a-t-il pu ruiner sa réputation personnelle et celle de sa famille pour  seulement 6 à 8 millions de dollars. Le doute nous fait croire que le magot est largement plus impressionnant. Condamné à 6 ans de prison, on s’attend évidemment à une libération conditionnelle bien avant.  Belles négociations!!!

L’organisateur du PLC, instigateur du scandale des commandites, Jacques Corriveau, a été condamné pour fraudes et trafic d’influence pour seulement 4 ans avant libération conditionnelle et son avoir de 1 million 500 mille dollars en amende. Qu’en est-il de la vérité ? Quel est le vrai magot ? Incroyable qu’il ait fallu 11 ans d’enquêtes occasionnant des frais faramineux à la société pour une si faible cagnotte. Combien lui ont couté ses honoraires judiciaires ? Il en coute cher pour avoir une bonne défense.  Souvent la complaisance a aussi un prix.

Bien sûr, il ira en appel. Ce qui lui accordera au moins deux ans de liberté de plus. Et puis, on plaidera son grand âge et sa santé. Les négociations derrière les rideaux restent secrètes. On m’a toujours dit qu’un bon avocat est celui qui connait à fond les « triks of the book ».

Je ne fais que citer ces deux cas qui me viennent à l’esprit. Il y a tous les autres, qu’avec un peu de recherches, pourraient nous glacer le sang.

Car il a tellement de citoyens au-dessus de tout soupçon qui tirent les ficelles criminelles, même sous le ciel vertueux du Québec.

 

 

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