Élections : les proportionnelles ou autres ?

Justin Trudeau a déclaré que le Canada aura un nouveau mode électoral lors du prochain scrutin. Le système actuel lui a pourtant accordé une majorité de députés élus, soit la gouverne de notre pays,  malgré un vote individuel minoritaire d’environ 38%. Admettons qu’un parti ne dépasse le 50% de la majorité simple des votes presque jamais.

Depuis lors, les commentaires se sont enflammés sur le choix d’un scrutin de remplacement  que ce soit la présidentielle à un tour ou à deux tours, que ce

le statu quo, que ce soit la préférentielle à deux choix ou que ce soit une des multiples variantes complexes de la proportionnelle. 

Ces dernières circulent sur les lèvres de bien des électeurs, surtout celles des membres des partis minoritaires. Bien évident que le Parti vert se retrouverait aujourd’hui avec une dizaine de députés à la Chambre des Communes au lieu d’y être absent. Le NPD, le Bloc, le Parti québécois et Québec solidaire soutiennent cette option avantageuse à leur égard. Y compris plusieurs commentateurs politiques itou.

Mais pour le peuple dont je suis, on se demande ce que cela mange en hiver. Quels en sont les mécanismes qui semblent si compliqués et les résultats potentiels ? Quels avantages pour les citoyens et la démocratie ?  Que deviendra le rôle des députés élus, car il faut supposer que pour établir un prorata aux pourcentages des votes électoraux, les partis devront nommer, sans être élus,  des députés suppléants, cooptés. Donc, deux catégories de députés soient les élus par le peuple et les nommés par le parti.

Si nous prenons ci-haut mentionné le cas du Parti vert, il comblerait sa présence avec 10 députés non élus, choisis par la chef. En quoi la démocratie y gagnera-t-elle?  Sinon la représentation par un plus grand nombre de députés  non choisis par le vote.  Puisqu’ il serait impossible de gouverner avec plus de 50% députés,  le parlement devra vivre avec  des partis minoritaires et prendre en considération le phénomène des coalitions. Comme cela se fait dans plusieurs pays  avec succès parfois et désillusions en d’autres circonstances. Comment envisager une alliance d’un parti de droite et d’un parti de gauche ? Quelles seront les exigences négociées entre eux pour accorder le soutien mitigé de l’un à l’autre?  Bien souvent leurs politiques importantes divergent de façon majeure ? Un marchandage, des compromis, des projets escamotés en vue! Une gouvernance plus complexe.

Voilà autant de questions que se pose un simple citoyen non instruit comme moi sans de meilleures informations supplémentaires sur le sujet.

Certains pays ont abordé les aléas de ce mode électoral avec des facettes différentes et des ajustements constants.  En sont-ils plus heureux?

Il y a aussi  le système présidentiel, à deux tours, qui permet une autorité dépassant le 50 % pour le chef, comme la France et bien d’autres pays.  Est-ce mieux ? Justin Trudeau, pour sa part, qui vient de former une commission d’études sur le sujet a mentionné sa faveur à l’égard un système préférentiel à deux choix dans l’isoloir. Ça s’exprime comment ? Il semble que l’électeur manifeste un premier et un deuxième choix. Et la suite?

Certaines provinces l’ont déjà adopté comme certains pays à l’exemple de l’Australie. Par ailleurs la Colombie-Britannique, l’Ontario et l’île du Prince Édouard ont choisi le statu quo par un référendum.  Le référendum représentant la forme idéale du scrutin populaire. Il n’y a aucun doute sur leur choix.

De nombreux pays partagent le même mode électoral que nous, avec toutes ses imperfections flagrantes comme toutes les autres formes de scrutins  d’ailleurs.  Il est évident qu’un pays soit gouverné par un parti n’ayant récolté que la minorité des suffrages ne recueille pas la faveur d’une nation.  La démocratie par le vote a aussi ses faiblesses.

Les grands réseaux de nos médias ont aussi changé la donne en ciblant les chefs et les partis plutôt que les députés, privant ces derniers d’une grande visibilité.  Dans l’isoloir, on vote encore pour le député. Alors que dans les faits, nous pensons à son chef et son parti. Qu’il soit un bon député, un minable ou un poteau n’a aucune importance.

Idéalement, chaque électeur doit voter pour le meilleur représentant et l’addition de ceux-ci désignera le parti au pouvoir et son chef. Les meilleurs étant élus, nous devrions hériter hypothétiquement du meilleur parlement. Mais cette représentation a été viciée. En démocratie, il importe de ne pas dénaturer la nature du vote.  Celui-ci est l’icône de la démocratie.

Tout accommodement  électoral doit tenir compte de la modernité et de ses instruments. À moins de changer le sens de la représentativité démocratique pour permettre d’inscrire les partis des minorités au gouvernement plutôt que le mode actuel.

En souhaitant que le débat public entourant l’information sur tous les modes électoraux ne se fasse pas en vase clos. Quand une opinion n’est pas faite, toutes les connaissances apprises par tous les  simples citoyens comme moi doivent être adéquates pour choisir la bonne solution : la démocratie.

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Une réflexion au sujet de « Élections : les proportionnelles ou autres ? »

  1. La methode de liste a la proportionnelle avec plus fort reste est utilisee en Allemagne et Italie pour les elections parlementaires europeennes. Elle presente le defaut de fournir des resultats parfois incoherents comme le montre le paradoxe de l’Alabama .

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