La « structurite » de nos ministres.

Depuis la création de l’important ministère de l’Éducation, j’ai assisté au plus grand jeu de la chaise musicale. Une pléiade de ministres s’est succédé, souvent durant un même mandat. Chacun cherchant à y imprimer sa marque en modifiant la structure de son prédécesseur. Pauvres élèves ! Pauvres enseignants et professeurs ! Pauvres parents !

Mais si les ministres changeaient fréquemment, ce n’était pas le cas des hauts fonctionnaires du ministère. Si un ministre n’avait pas le gabarit de son poste, ces hauts fonctionnaires se précipitaient à imposer leurs directives qu’épousait le nouveau venu, donnant l’impression qu’il s’agissait de son œuvre. Il est un secret de polichinelle qu’au fil des ans que les mandarins de ce ministère, qui n’ont pas mis les pieds à l’école, ont tenu le haut du pavé aux ministres.

30 ministres se sont succédé à l’Éducation depuis ce temps pour des durées de un à deux ans au maximum. Sauf durant les 5 années du ministre Claude Ryan, connu pour son intégrité, sa rigueur, son intelligence et sa main de fer. Il a affronté pendant des mois la colère des étudiants par sa hausse des frais de scolarité qui stagnaient depuis vingt ans.  Aussi durant les quatre années de Camille Laurin et de François Legault. De deux ans en deux ans, on a modifié les structures et les programmes faisant de nos élèves des cobayes.

Il suffit de se rappeler des compétences transversales, des bulletins sans notes, de la laïcisation des écoles et la modification des programmes scolaires comme l’abandon des cours de religion remplacés par des cours de morale. L’abandon des cours d’économie au niveau secondaire. Au grand dam des parents qui n’arrivaient plus à suivre les nouvelles études de leurs enfants. Les enfants, les parents et les enseignants étaient désemparés. Sans pour autant améliorer la qualité de l’enseignement, sans réduire le nombre de décrocheurs. C’était en 1997 sous le très court (ouf) règne de Pauline Marois. En 2011, on mit fin aux compétences transversales. Du moins en grande partie sous le très court terme de Line Beauchamp.  Et ça recommence. Pauvres élèves ! Pauvres parents ! Pauvres professeurs !

Comment un ministre peut-il orienter tant de changements après un an de pouvoir, sinon qu’adopter le plan que les mandarins gardaient bien au chaud au fond de leurs tiroirs pour l’arrivée d’un ministre docile. Surtout quand ce sont des ministères aussi importants. On a vu les dégâts du ministre Bolduc et surveillons le bureaucratique François Blais qui n’a visité aucune institution. Il ressemble à un haut-fonctionnaire qu’on appelle un  mandarin. Surtout pas à un ministre !

En campagne électorale, le parti libéral a promis d’économiser en allégeant la structure soit en abolissant ou en fusionnant les commissions scolaires. Puis NON. On ne les abolit plus, on se contentera de rayer les élections. Qu’arrive-t-il des commissaires  sans élections ?  Seront-ils nommés par le ministre ?  Puis on envisage des conseils de parents pour les écoles qui seront plus autonomes.  Encore une fois, qui nommera les parents et les membres de la communauté qui y siégeront sans des élections?

Voyez-vous ? Il suffit d’ajouter des structures. La « structurite » aiguë augmente la lourdeur de la bureaucratie et n’apporte jamais les économies escomptées. L’art de grossir la bureaucratie gouvernementale ! Ce n’est pas nouveau. Ce n’est qu’une technique de diversion employée depuis des lustres. On donne l’illusion de se rapprocher du peuple.  Et cette histoire se répète dans bien d’autres ministères.  On appelle ça de la réingénierie de l’administration gouvernementale. Moi, j’appelle ça de la « structurite ». On corrige un problème pour en créer de plus gros. Puisqu’on coupe dans les services aux élèves et aux professeurs. Là où est le vrai problème.

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Une réflexion au sujet de « La « structurite » de nos ministres. »

  1. L’Éducation devrait être la priorité No.1 du Québec. Au contraire, l’Éducation a toujours subi des coupures budgétaires drastiques depuis des années et aucun parti politique ne peut se targuer d’avoir régler la situation. Pourtant nous aurions tant à y gagner d’être plus instruit ; niveau de vie plus élevé, moins de délinquance, vie culturelle plus enrichie, tout en dépendant moins de l’état. De réforme en réforme, on n’a réussi à ce jour qu’à reculer. Un peuple endormi est un peuple malléable et soumis.

    En FInlande, l’école est gratuite, comme le transport scolaire et le repas de midi. Les horaires sont doux : la journée démarre à 8 heures et se termine vers 14 heures. L’après-midi est consacrée aux sports, aux activités artistiques, à la découverte de la nature et il n’y a pratiquement pas de devoirs à la maison. Après l’école élémentaire, les jeunes Finlandais peuvent choisir entre le lycée et le lycée professionnel qui durent environ trois ans.
    La Finlande est depuis plusieurs années championne du monde pour l’efficacité du système scolaire. Sur les acquis des jeunes de 15 ans (2000 et 2003), la Finlande arrive en effet en tête en mathématiques, en maîtrise de la lecture, en Sciences et en capacité à résoudre un problème (Finlande : 2e position)24. Pourtant ce pays performant ne consacre que 6,2 % de son PIB à l’éducation.

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