LES ÉLECTIONS SANS OPPOSANTS,

 

Les élections par acclamation se profilent comme les ennemis de la démocratie. Sans opposition,  elles privent le citoyen de son droit élémentaire de voter. La démocratie dépasse largement les considérations d’un vote, mais, sans ce vote, la démocratie n’existe pas.  Sans au moins deux opposants qui offrent un choix aux électeurs, le vote est absent.  Un grand danger pour notre liberté lorsqu’il survient à une large échelle comme au Québec.

Aux dernières élections, au Québec, 56 % des conseillers et maires (4532 incluant 605 maires)  ont gagné leurs postes sans une seule opposition.  Seulement 44% (3478)  ont été élu à la suite d’un vrai scrutin.  (Un total de 8010 postes dans 1100 municipalités). La participation au vote fut de  44% au Québec tandis qu’il était de 81% en Ontario, de 92% en Colombie-Britannique et de 75 % au Nouveau-Brunswick.  Dans la MRC de Drummond, une participation globale de 50% incluait 13 municipalités par acclamation.  Au Québec, à ces chiffres doit s’ajouter un nombre important de postes non comblés. Y a-t-il un problème particulier au Québec ?

Pendant que la planète est en feu et à sang pour gagner une parcelle de démocratie, pourquoi y a-t-il une morosité au Québec et non dans le reste du Canada ?  Comment expliquer  ce manque d’intérêt pour la scène municipale, surtout dans les petites municipalités comme les 13 de la MRC de Drummond. Il y a péril en la demeure. La gouvernance municipale a-elle encore sa raison d’être ? Deviendront-elles de nouvelles commissions scolaires ? Sans intérêt pour son mode électoral ?  Le peu de postes à vraiment élire réduit obligatoirement le nombre de votants.

Quand l’actualité nous apprend toutes les tractations secrètes qui se trament pour inciter les candidats adversaires à se retirer. Quand on sait tous les efforts consentis pour conserver un profil bas et ainsi ne pas réveiller ne serait qu’un simple intérêt envers le pouvoir. Les élus sans opposition se pourlèchent les babines de satisfaction. Ignorant qu’ils sont parfois à leur insu, parfois par manigances, des acteurs de la désaffection du peuple face à la démocratie, que l’on fait mourir à petit feu.

Je revendique le droit de voter à St-Cyrille-de-Wendover, ma municipalité. À la dernière élection, le manque d’opposition m’a privé de mon droit fondamental. Un silence.  Même le maire actuel n’a jamais fait connaitre son intention de se présenter. On ne savait pas qu’on avait un nouveau maire  au lendemain et même longtemps après. En fait, moins un seul conseiller, tous furent élus par acclamation.  Ce seul conseiller a connu une victoire de 12 votes dans un district sur seulement 132 citoyens qui se sont rendus à la boite de votation. Un résultat faible, mais au moins ces citoyens pouvaient voter pour le conseiller, mais pas le maire.  Et ce n’est pas la dizaine de  citoyens habitués qui assistent aux séances du conseil qui témoignent de la participation active de la population. Un conseil sans déclaration publique et au profil très bas  dont la transparence se limite aux petites annonces légales dans un journal. La grande majorité des citoyens ignore toujours un investissement de 4 millions de dollars pour la transformation des boues. L’équivalent du budget.  Que les conseillers ont une nouvelle allocation pour la participation aux comités. Que le maire a droit à une indemnité de départ.  Qu’un conseiller a obtenu le contrat exclusif de la vidange des fosses septiques. Etc.  Tout est légal, mais la population ignore ces faits par simplement un manque de transparence, qui est la base de toute démocratie. Et par manque d’action efficace, la solution au problème de l’eau potable traine d’une élection à l’autre. Et ne provoque aucunement une saine contestation.

Ce n’est pas en gardant un profil bas qu’on intéresse une population à la chose municipale, mais un excellent truc qui assure une réélection par acclamation.

Peut-on blâmer ces candidats sans opposition.  La population en  est la principale responsable. Sans cette volonté de se dévouer pour les affaires municipales (le gouvernement le plus près du citoyen),  la démocratie restera sur sa faim. Pourquoi si peu de gens présente une candidature ?  Les Québécois sont-ils plus frileux ? Par fierté, craignent-ils de perdre une élection ? Considèrent-ils une fonction élective comme un fardeau ? Pourquoi, surtout au Québec ?

Quand la commission Charbonneau nous dévoile la magouille qui se triture dans tellement de municipalités, nous avons la preuve que la pénurie de citoyens honnêtes disponibles laisse la porte grande ouverte à l’infiltration des malhonnêtes.  On a vu aussi les interventions pour décourager les opposants, car les élections par acclamation sont la clé pour faire entrer la  malveillance à l’Hôtel de Ville.

« Aux armes, citoyens, sauvons la démocratie ». Nous sommes en juin et les élections se tiendront en novembre. Profitons de l’été pour s’organiser et donner une chance à la démocratie.

 

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