Le vivre ensemble et le vivre côte à côte.

Depuis la tragédie survenue à la mosquée de Québec et depuis l’histoire du cimetière pour des musulmans de St-Apollinaire et l’acquisition d’un terrain par des musulmans pour un cimetière à Québec, on n’a jamais entendu autant parler du « vivre ensemble » par le maire de Québec, parle premier du Québec  et par le maire de Montréal et par la majorité des commentateurs.

Il me semble que la notion du « vivre ensemble » est peu réfléchie et ressemble à une grande boîte où on rassemble toutes les définitions disparates qui donnent bonne conscience à chacun. Cette notion, pourtant, se heurte à celle du  « vivre côte à côte ».  Il me semble pertinent  d’aborder cette question à ce moment pour définir chacune de ces deux théories. 

Le « vivre côte à côte » se marie avec le multiculturalisme tandis que le « vivre ensemble » se définit davantage comme l’interculturalisme. Deux notions distinctes qui bâtiront deux sociétés différentes dans lesquelles devront vivre nos enfants.

Faisons suite à mon premier paragraphe pour servir d’exemple.  Quand les musulmans de la mosquée de Québec ont réclamé un cimetière exclusif pour eux, il s’agit d’un accommodement du ‘vivre côte à côte ». Comme disaient certains objecteurs de St-Apollinaire, si nous voulons « vivre ensemble »  pourquoi ne pas mourir ensemble ? Et on mentionnait le mot « œcuménisme ».  Cette histoire aurait pu être tout autre.

L’interculturalisme suppose l’intégration. Quand le maire Labeaume eut vendu un terrain à ces musulmans, il a proclamé le « vivre ensemble » alors qu’il venait de poser un geste de « vivre côte à côte » soit de multiculturalisme. Devant une exigence venant d’une confession.

La suprématie du catholicisme dans notre Histoire a créé bien des distorsions dans notre société. L’exclusivité des catholiques a privé les autres confessions, comme les juifs, qui n’ont pas eu d’autres choix que d’avoir des cimetières exclusifs. Tout comme les protestants, etc. Ceci a créé des droits acquis qui perdurent, mais qu’il vaudrait mieux ne pas perpétuer. Nous avons bien déconfessionnalisé nos commissions scolaires, pourquoi pas les cimetières. Nous avons modifié bien des institutions depuis 50 ans.  Ou accepterons-nous de perpétuer les acquis où chaque religion aura son cimetière ?  Multiculturalisme versus interculturalisme.

Comme la ville de Montréal qui loge de nombreux quartiers ethniques soit le quartier chinois, le quartier grec, le quartier portugais, le quartier chinois, la petite Italie et l’est de Montréal qui devient très haïtien, les néo- Québécois  d’origine juive se regroupent comme les Arméniens et les Jamaïquains, etc.

Chaque quartier est un minuscule ghetto où il y a une vie nationale et où on parle la langue et le dialecte du pays d’origine et où on perpétue les traditions du pays natal. Toutes ces nations se côtoient « côte à côte » et côtoient la nation prédominante. Les musulmans feront sûrement de même. Ce qu’on y réclame c’est que chacun puisse y évoluer dans sa culture sans contrainte. La population immigrante est à la hausse  (certaines nations plus que d’autres) et dépassera la principale population qui ne sera plus prédominante. Qui la deviendra?

Chacune de ces nationalités et confessions souhaite que la majorité les comprenne et les accepte comme telles avec leur culture intégrale et avec respect sous le vocable erroné de « vivre ensemble ». C’est leur concept de l’intégration.

Mais l’inverse existe-t-il ?  La société principale a adopté le tajine, la moussaka, le couscous, les mets chinois, le foie haché et les bagels des juifs, le sushi, le spaghetti, la pizza, le méchoui et la viande fumée. Pourquoi, en retour, les néo-Québécois n’adopteraient-ils pas le pâté chinois, le sandwich grillé, salade, mayonnaise, la dinde aux atocas, le blé d’Inde et la poutine, tous populaires chez la nation hôte. Voilà une petite intégration d’échange et de partage simpliste, mais efficace.  Le « vivre ensemble »!

Il y a en pourtant beaucoup, parmi les néo-Québécois, qui s’intègrent déjà autant dans les manifestations, les loisirs, les sports, qui suivent le théâtre et les spectacles du Québec et s’intéressent au passé du Québec. Voilà le « vivre ensemble.  Prendre et donner de la culture.

La nation québécoise a adopté comme vedettes locales les Boucar Diouf, Gregory Charles, Normand Brathwaite, Michaele Jean, Rachid Badouri, Danny Laferrière, Kim Thui, Marie-José Lord, et une liste trop longue à énumérer. Presque tous ont été élevés en régions, loin des mini-ghettos. En vivant au milieu de la nation d’accueil, ils ont réussi leur intégration et continuent à apporter  à la nation globale leurs spécificités personnelles.  Vivre ensemble.

Grâce à l’intégration, au métissage et au vivre ensemble, soit à l’interculturalisme, nous pouvons aspirer à bâtir une nouvelle nation et une langue modifiée aux multiples couleurs. Ce qui me semble difficile à atteindre avec la courtepointe du multiculturalisme, soit le ‘vivre côte à côte ».

 

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2 réflexions au sujet de « Le vivre ensemble et le vivre côte à côte. »

  1. Mes amis, Céline Lemieux et Guy Lessard, m’ont parlé de votre blogue. Quel plaisir de vous lire! Les élus, comme M. Coderre et M. Couillard, ne semblent pas être sur la même longueur d’ondes que nous. On dirait qu’ils ont leur propre interprétation d’un concept, par exemple le  » vivre ensemble » ou encore  » ville sanctuaire ». Croyant que ce sont eux qui possèdent la vérité, nous, on fait souvent figure de xénophobes. C’est d’ailleurs ce que veut prouver notre premier ministre avec la Commission sur le racisme systémique. Si on se questionne sur un sujet, comme les migrants illégaux, on dit que nous sommes racistes. Pourtant, c’est un questionnement réaliste. Ceux qui nous gouvernent le font souvent émotionnellement. On peut montrer de la compassion tout en ayant les deux pieds sur terre.

  2. Normal de vivre dans des ghettos ethniques quand on arrive dans un nouveau pays. Ça rassure d’être proche des nôtres en territoire étranger. On arrive à se faire comprendre dans sa langue.C’est de ne pas en sortir qui est inquiétant. La facilité est toujours le premier choix chez l’humain. Alors vivre proche des siens est plus facile et plus sécurisant. Plusieurs immigrants viennent ici pour améliorer le sort de leurs enfants. Et le Canada ainsi que le Québec avec ses programmes sociaux généreux sont attirants pour eux.

    Quand j’ai visité la Pologne il y a déjà près de 20 ans j’avais demandé à la guide pourquoi il n’y avait pas d’étrangers qui vivaient en Pologne. À l’époque je n’y ai vu aucun étranger à part les touristes.. Elle m’a répondu c’est parce que nous n’avons pas de programmes sociaux, aucune aide sociale et l’école est payante. Et j’imagine que ce serait pareil ici si nous n’avions pas de programmes sociaux. Voilà pourquoi le Canada, l’Australie et cerrtains pays d’Europe sont des distinations prisées par les immigrants. Nous ferions pareil.

    Le multiculturalisme est la nouvelle religion de nos politiciens surtout pour le parti libéral du Canada et du Québec. Chaque nouvel immigrant est un vote assuré, et cela pour très longtemps,une garantie de garder le pouvoir. Alors on dit aux immigrants ce qu’ils veulent entendre.  »Chez-nous, faites comme chez-vous ». Si on les intègrent bien ces politiciens ont peur qu’ils changent leur façon de penser et votent autrement. Ce serait dommageable pour eux et pour l’avenir de leur parti. Vous n’avez qu’a regarder notre premier ministre canadien, il se démène pour plaire à cette clientèle de nouveaux canadiens.

    Je crois que la plupart des québécois désirent sincèrement échanger avec les nouveaux arrivants. Ce que plusieurs québécois aiment moins c’est que la religion prenne le dessus dans les problèmes sociaux et la politque. Les québécois ont rejeté la religion il y a déjà longtemps et ne veulent sous aucune considération revenir à cette époque obscure de leur histoire. Pour eux ce problème est réglé. Il serait souhaitable que la religion relève du domaine privé. Tout le monde pourrait pratiquer la religion de son choix mais dans le privé dans son temple, son église, sa syngogue, sa mosquée, à son domicile. Dans l’espace plublic c’est laïc. Au travail et partout ailleurs c’est laïc. Nous règlerions ainsi bien des conflits. Mais on ne veut pas de cette solution. La chartre des droits on peut la changer en ce qui regarde la religion mais il faut le vouloir.

    Je connais beaucoup d’immigrants de 1ère génération (surtout des montréalais) qui n’ont jamais regardé la télévision québécoise, jamais lu un auteur québécois, jamais vu un film québécois, ne fréquentent pas les théâtres francophones et n’ont jamais goûter notre cuisine. Ils sont souvent des adeptes de la culture américaine. Par contre la 2ième génération est différente, le partage est plus facile, la communication aussi. Le mélange des cultures y est plus facile. Car les jeunes ont fréquenté l’école québécoise et grâce à ça tous les espoirs sont permis. Il faut juste être patients. En attendant comme vous le dites si bien nous, nous profitons de leur cuisine, leur musique, leur culture. Personne n’a a renié sa culture pour être un bon citoyen. Les échanges c’est enrichissants pour tout le monde. Il faut savoir donner et il faut savoir recevoir. Je voudrais bien d’un Québec interculturel mais il faut être nombreux à le vouloir pour que ça change et l’exemple doit venir de haut. Et ça c’est pas demain la veille. La politique comme on la connaît est plus forte que le gros bon sens. Que voulez-vous?

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