Les promesses électorales improvisées

Quand, dans l’isoloir, j’inscris mon X, je vote pour un député. Le plus grand nombre de députés pour un parti choisit ce parti qui gouvernera avec un chef déjà élu par les membres.  Durant la campagne électorale, le chef a fait plusieurs promesses dont certaines ont été pondues autour d’un café le matin même

pour saisir le « momentum » de l’actualité de la veille. Ai-je voté pour toutes les promesses du chef devenu premier ministre? 

Justin Trudeau a promis de recevoir 25,000 réfugiés avant la fin de l’année parce que la photo d’un petit garçon noyé sur un rivage faisait la une des médias. Devant la réaction de Harper qui invoquait la prudence, un nombre restreint de réfugiés et surtout la sécurité face au danger terroriste, Trudeau a sauté sur l’occasion pour s’opposer et profiter de la douleur populaire. Comment a-t-il fallu de temps à ce dernier pour pondre une telle action politique si importante ?  Pourquoi le chiffre de 25,000 ?  Quelles études minimales ont démontré la capacité normale pour notre pays ? Sur quelles données a-t-il choisi la date butoir du 31 décembre ?  A-t-il eu le temps de saisir le pouls des provinces ? Lui qui parlait tant de la consultation des provinces sous son mandat.

Va pour les 25,000 réfugiés. Quoique je m’interroge sur la comptabilité de ce nombre. Mais, pour le délai, j’appréhendais la somme de travail sur le terrain et la mise en place de mécanismes d’intégration pour un tel nombre.  Je n’étais pas d’accord. Mais pour Trudeau une promesse électorale est une promesse  même si elle a été pondue à la sauvette. Mauvais augure, si devant le tollé général, les avertissements de nombreux maires, dont Montréal, Québec, Drummondville et autres et les sondages, il refuse de reconsidérer le délai.  Même si nous sommes devant une mauvaise décision.  Sommes-nous devant un têtu de la trempe de Harper ?

Tous ces réfugiés quitteront la chaleur pour le froid nordique. 25,000 personnes à habiller avec des parkas, des bottes et des tuques. Je vois d’ici saliver les manufacturiers en se frottant les mains. Mais, y arriveront-ils ?

L’intégration, dont on parle moins que la sécurité, l’intégration, dis-je, est l’aspect le plus important dans ce dossier. Ces réfugiés viennent d’une civilisation tellement différente avec une langue et un système politique si différents du nôtre. Ils ne sont pas habitués à côtoyer  autant de cultures variées. Sans oublier les multiples religions qui cohabitent. Apprendre notre langue pour suivre les études et pour travailler exige une armée de professeurs de français pour le Québec et d’anglais pour le reste du Canada. Chaque province et chaque municipalité hôte en aura plein les bras.  Une intégration réussie façonnera  le futur de notre nation. Ce qu’un « free-for-all » risque de rater.  À moyen terme, le risque des ghettos pour plus de confort pourrait être plus attrayant pour eux.

Non, il est faux de prétendre qu’une promesse ne doit pas être modifiée  pour  la mouler à la réalité. Il est faux de prétendre que tous les électeurs sont d’accord avec toutes les promesses.  Notre nouveau premier ministre est-il à l’écoute de sa population ?

Souhaitons que nos Syriens deviennent des Canadiens et des Québécois heureux, non-victimes de l’improvisation.

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