Les POUR et les CONTRE de la résistance aux changements

 La vie est un long fleuve tranquille qui coule de source. Pour que le fleuve coule tranquillement, il faut éviter tout changement dans sa course ou son débit. De là, il ne suffit que d’un pas pour amorcer toute résistance à altérer le confort de son cours. Il faut une longue vie comme  la mienne pour en avoir été témoin constamment. La résistance au changement fait partie inhérente de tout être humain, mais à de différents niveaux. De faible à outrancier. Tout dépend de ses intérêts et de son confort.

Permettre aux choses de défier le temps est honorable et donne des lettres de noblesse  au conservatisme, loin d’être une aversion au changement ou un visage de l’immobilisme, mais, permet  au statu quo d’avoir droit au chapitre. Toute société connait les avantages de la résistance aux changements tout en glorifiant les idées nouvelles qui permettent au progrès de prendre pied. L’équilibre est certes vertueux. Le conservatisme apporte des repères dans les périodes d’incertitude. Il permet aux êtres d’apporter une contribution durable. Mais les intérêts de l’un dérangent le confort de l’autre. Car elle devient la bibitte noire de ceux qui véhiculent des idées de changements qui sèment la crainte et l’appréhension.

N’y a-t-il pas mieux que le syndicalisme pour en démontrer le dynamisme. Il a été un moteur de grands changements dans notre société. Il faut en connaitre ses premiers pas et l’acharnement à le combattre. Malgré des dérapages outranciers et mémorables(il suffit de se rappeler  le grand saccage de la baie de James) le syndicalisme a inscrit dans les règles de la société de nouveaux repères et nouveaux acquis. Au fil des ans, il est devenu le défenseur des acquis de ses multiples batailles. Libéral, ce mouvement a changé de camp et résiste maintenant aux changements.

Tous les grands changements dans la société ont toujours provoqué des tollés de la part des deux camps. Il suffit de souvenir de la révolution de l’éducation qui a provoqué des tiraillements, n’était-ce que la résistance du clergé et d’une certaine bourgeoisie.  Ajoutons l’instauration du système de santé a donné lieu aux multiples menaces de départs des médecins résistants et des compagnies d’assurances lésées. La nationalisation de l’électricité a mobilisé le milieu financier contre le gouvernement. L’ouverture au public des Clubs de chasse et pêche a fait grincer les dents et autres choses des riches privilégiés, dérangés dans leur confort exclusif. L’instauration de la célèbre loi 101 a donné lieu à un saccage révolutionnaire de grande envergure. Et continue encore après tant d’années. On se bat corps et âme pour conserver ses acquis.  Tenter aujourd’hui de modifier la vocation même de l’UPA, fustigée dans une étude gouvernementale de haut calibre, fait surgir une résistance incomparable. Il y aura toujours des mouvements protestataires pour résister à toute transformation de la nature. Ce qui montre que la résistance est un camp disparate quant à la noblesse des intérêts.  Mais les âmes vouées aux changements audacieux forment aussi un camp disparate. Certaines résistances ont apporté des bienfaits tout comme des progrès sont attribuables aux changements.

La bureaucratie de l’État fait partie des gros mollusques trop lourds à déplacer, imposants dans leurs entraves à tous changements. Comme exemple, prenons le Ministère de la Santé. Toutes les tentatives importantes et innovantes n’arriveront pas à réorienter la transition dans le but d’accélérer le traitement des patients.

Pourtant, les mêmes innovations repoussées sous notre ciel s’implantent sous d’autres cieux, même au Canada, avec succès. Pourquoi ?  Je me souviens d’avoir entendu un jour, une certaine Mlle Castonguay, la fille de l’autre, qui a œuvré à la tête d’une équipe qui a analysé à travers le monde tous les systèmes de santé qui fonctionnent avec succès. C’est donc possible  de réussir. À la question, pourquoi nous ne  réussissons pas à implanter ces nouvelles façons de faire avec succès dans nos hôpitaux, elle a répondu : « la résistance au changement. Il y a au Québec, ajoute-t-elle, une prédisposition à cette résistance. Le monde médical constitue un bouclier massif aux changements à la défense d’un confort et d’habitudes innées ». Inimaginable, le corps médical deviendrait par son attitude un antagoniste à l’amélioration des bienfaits aux patients. Évidemment !  Le contexte est toujours différent au Québec ! Les paradigmes ne sont pas les mêmes s’exclame-t-on.

Il y aura toujours des audaces ratées et des actes de conservation dénaturés. Il aura toujours des audaces réussies et des actes de conservations aussi réussis.

Il y aura toujours dans l’air la résistance aux changements et  les audaces innovantes. Ils font partie des gènes québécois.

 

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