Pour une perception positive  de la vieillesse.

Comment percevez-vous la vieillesse ?  En somme comment les jeunes perçoivent-ils la vieillesse ? Comment les adultes perçoivent-ils la vieillesse ? Et surtout comment les vieux eux-mêmes perçoivent-ils la vieillesse ?  Je  me souviens de mes trente et quarante ans où j’imaginais la vieillesse comme des gens diminués avec des radotages et l’antichambre, plus ou moins longue, de la mort. Tous les vieux que je connaissais mourraient vers l’âge de 70 ans, souvent amoindris. Je ne me voyais pas devenir vieux et n’avais pas de projet de vieillesse que j’appréhendais. Et dire que ma mère est morte à 96 ans.

Aujourd’hui, je cohabite avec mes 76 ans et vis cette période avec un plaisir que je n’anticipais pas. Loin de la perception que je nourrissais il y a à peine quelques années. Actif, en santé, curieux, bénévole et vif d’esprit, j’y découvre une période nourrie par un savoir acquis au cours de ma longue vie.

Je m’amuse à dire que nous sommes vieux quand on a les réponses aux questions, mais personne pour poser les questions. Je suis donc vieux parce que j’ai tant à transmettre. Peine perdue, je lorgne les questions du coin de l’œil. Il me reste cette tribune et quelques autres, dont quelques précieux exemplaires d’un bouquin.

Ma vision de la vie et des événements actuels diffère tellement à la lumière des acquis et une meilleure connaissance des comportements humains. Ce que les plus jeunes qualifient de radotage – une perception négative – est souvent un savoir, une sagesse.

Lorsque les canaux d’informations relayent sur une base régulière les maladies de vieux, la maltraitance, les repas maigres et les bains des CHSLD et des ressources intermédiaires, la pauvreté et la solitude, il est évident qu’il en découle une perception négative. Une image de misérabilisme et de fardeau pour la société !

Car les gens heureux et les vieux heureux n’ont pas d’histoires. Ils sont pourtant une majorité qui découvre les méandres heureux de ces nouvelles années de la vieillesse qui s’inventent et s’allongent.

Si on nomme « jeunesse » les trente premières années d’une vie, on appelle « vieillesse » les trente dernières années de la vie.  La jeunesse véhicule tout l’espoir d’une vie et d’une société à bâtir. La vieillesse contient l’expérience d’une vie et la connaissance de l’architecture d’une société bâtie. Cette expérience inclut le savoir, la sagesse, la compassion et, avec le recul, la vision générale des valeurs traditionnelles.

La vieillesse recèle une longue vie de travail, de combats, de don de soi, d’échecs et de réussites, d’espoir et de découragements, d’amour et de haine. Les aînés revendiquent la participation à la construction et l’évolution d’une société, l’intégration à l’Histoire et des tribunes pour ceux qui sont les transmetteurs des valeurs.

Dans toutes les sociétés de la planète qui ont fait l’Histoire, les sages, les séniors, les patriarches, les sénateurs, les aînés, les vénérables, en somme les vieux, ont toujours été l’objet de respect et de compassion. Malheureusement, cela est de moins en moins vrai.

La perception que l’on a de la vieillesse quand on a trente ou quarante ans continue à hanter notre imaginaire quand on atteint l’âge vénérable. De telle sorte qu’ils sont nombreux les séniors qui importent avec eux ces opinions préconçues et continuent à perpétuer eux-mêmes l’image négative de la vieillesse. Trop d’entre eux refusent de vieillir comme si c’était une tare. Ils ont presque honte de s’y identifier. On a de cesse de s’accaparer du terme jeune pour se décrire.

L’industrie du rajeunissement génère des milliards de dollars sur la planète en promettant un look plus jeune, une peau plus soyeuse et une guerre impitoyable aux rides. Pendant qu’on fait rêver à la fontaine de Jouvence pour son apparence, l’intérieur des vieux continue son impitoyable chemin pendant de nombreuses années.

On devrait rêver d’une belle vieillesse réussie plutôt que de tenter de prolonger artificiellement une jeunesse virtuelle. Pendant ce temps, les centenaires en santé se multiplient.

Il m’arrive de rêver à une grande campagne de marketing ambitieuse qui tenterait de modifier les préjugés tenaces, d’apporter une image positive et surtout de valoriser les aînés envers eux-mêmes. Elle ne saurait changer le cours de l’histoire qui poursuit son chemin inexorablement, mais apporter des nuances positives à la perception de la vieillesse.

 

 

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3 réflexions au sujet de « Pour une perception positive  de la vieillesse. »

  1. Toujours intéressant, cher Claude. Merci pour ce texte sur la vieillesse!

    Salutations.

  2. Bien vrai ! Si je retourne au cerveau de mes 30 ans, l’intensité de ce moment nuisait à ma réflexion sur le vécu de mes grands-parents. Donc, la vie sera toujours une perpétuelle découverte et cela à chaque âge…

    Merci Claude !

  3. Les jeunes ont une perception négative de la vieillesse, mais il faut dire que les médias présentent souvent une image misérable du vieillissement. Mais ces jeunes ils aiment tous grand-papa et grand-maman donc ça en fait beaucoup qui aiment certains vieux. Ceux qu’ils connaissent et qu’ils aiment. Ça fait beaucoup de vieux ça. Les grands-parents sont précieux pour les petits enfants en fait nous sommes leurs premiers amis, nous leur apprenons ce qu’est l’amitié et l’importance de la loyauté en amitié. Nous leur transmettons certaines valeurs, comme l’amitié, le respect, la franchise, l’amour partagé, la confiance, le pardon. Nous leur apprenons à exprimer leurs émotions, à les décortiquer les analyser et à trouver des solutions à leurs petits problèmes d’enfant, Car nous avons un atout, nous avons le temps. Quel rôle merveilleux que d’être une mamie et un papi.

    Il ne faut pas oublier que 85% des vieux vivent une vie bien remplie. Ils ont une assez bonne santé pour leur âge, ils ont une bonne alimentation, ils sont actifs, souvent impliqués dans leurs milieux soit par le bénévolat ou les loisirs communautaires. Sans oublier tous les petits et grands services qu’ils rendent à leurs enfants, en gardant les petits-enfants, en donnant un coup de main de temps en temps pour les soulager de certaines commissions et tàches domestiques. Nous sommes encore utiles pour un certain nombre d’années. Il est certain que quand le grand âge arrive avec ses maladies plus graves et ses incapacités, là c’est moins drôle. Mais c’est la vie. Souhaitons seulement de ne pas traîner trop longtemps dans ces conditions. Mais quand on a une vie intérieure profonde, une vie spirituelle, on est capable de faire face à ses
    difficultés que la vie met sur notre parcours. Bien sûr il y a une certaine pauvreté pour plusieurs aînés et j’aimerais bien que nos gouvernants et nos gouvernements remédient à cet état de fait. Certains vieux vivent dans une pauvreté qui est inaceptable de nos jours. Il y a encore du travail à faire pour ce groupe de vieux moins gâté par la vie.

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