(texte 2) Le pays du Québec à l’agonie ?

Ce texte est le volet 2 soit la suite  d’un texte intitulé  « L’effervescence du pays du Québec » que j’ai écrit à l’occasion de mon 75e anniversaire de naissance  avec le désir de transmettre et de léguer.

 Le tsunami de naissances des « baby-boomers », accouplé à une période de faible immigration, a contribué à l’essor du pays et a façonné une longue et nombreuse génération de NOUS Québécois qui ont rêvé et rêvent encore du pays qu’est le Québec. Mais depuis plusieurs années le Québec vit une décroissance de sa population  où seule l’immigration, en hausse constante, compense la tiédeur des naissances. Mais!.. Oui, mais !.. Le nombre de NOUS, les « de souches » diminuent d’une façon constante. À cela s’ajoutent les prévisions que les Nous risquent fort de devenir minoritaires entre 2030 et 2050 avec la disparition de la vague des vieux « boomers ».  Comment un groupe en décroissance peut-il rêver d’un pays et réussir à le faire rêver aux néo-Québécois ?  Les tenants actuels de la thèse de l’indépendance sont  trop intellectuels et ne communiquent plus la passion du pays comme dans le passé.  J’ai jeté la serviette.

La jeune génération actuelle qui en sait si peu sur l’histoire du Québec, s’enthousiasmant plutôt pour la mondialisation, pour la  « Révolution électronique », le moi, le tout de suite et le maintenant, ne sentent pas l’attrait  et ne comprennent pas le pourquoi du « Nous » de leurs grands-parents. (Lire le texte no 1) Donc, les héritiers de la Révolution tranquille  profitent des gains de cette période et explorent d’autres avenues qu’ils voudront certes mener à bon terme. Ils ne voient pas pourquoi la langue française, déjà acquise, pourrait disparaitre,  mais considèrent la langue anglaise comme nécessaire à la réussite d’une carrière et à la mondialisation.  Avec raison d’ailleurs.

J’observe que l’anglicisation  de notre jeune société fait son petit bonhomme de chemin comme partout sur la planète. Le bilinguisme des francophones, de plus en plus nécessaire pour le travail et les relations mondiales, ouvre la porte à la supériorité de l’anglicisation sur toute la planète. Les Anglais ne voient pas l’utilité de quitter l’unilinguisme.

Que ce soient dans le choix des chansons et les vedettes. Il suffit d’écouter la radio musicale. La majorité des spectacles du Centre Bell sont voués aux vedettes internationales anglaises. Une panoplie de jeunes Québécois rêve de sa guitare, de son « band » avec un nom anglais et des chansons composées en anglais.  On rêve de conquérir le monde en anglais. Beaucoup d’artistes et d’animateurs  se plaisent à parler le « joual ». Les mots anglais s’insinuent à faible dose de plus en plus dans le langage et la chanson. Le français ne disparaitra  pas, mais perdra sa supériorité. Le passé revient.

D’autre part, l’immigration deviendra de plus en plus importante  et imposera le poids du nombre. Il suffit d’imaginer 2030 et 2050. Pour le travail, les néo-Québécois  doivent déjà opter pour l’anglais.  Ils importeront de multiples langues, cultures et valeurs qui s’imposeront avec les années. Qu’adviendra-t-il de leur choix soit de s’établir malheureusement en de multiples ghettos pour vivre côte à côte ou soit de s’intégrer à une multiplicité de cultures. Le multiculturalisme ouvre la porte à l’assimilation ou aux ghettos et l’interculturalisme déploiera  le  métissage : la formule idéale, il me semble.   Le français deviendra une langue parmi les autres et l’anglais le point de convergence.  Le français n’a pas toujours existé. Nombreux sont les mots étrangers, principalement le latin, le grec et l’arabe, qui ont inspiré tant de beaux mots de la langue française. Sans compter les autres.  La langue  française, elle-même, est le magnifique résultat d’un métissage.

Le dieu électronique est devenu la religion, la raison d’être de plusieurs, et une dépendance au point de modifier le comportement de chacun de nous dans la société. Les nouveaux gourous de la société mondiale, ceux qui avouent vouloir créer de nouvelles sociétés, sont localisés dans la Silicon Valley et empochent d’énormes profits.  Ils poussent l’audace  à se soustraire aux obligations des honnêtes citoyens par l’évasion fiscale. L’identité des cultures locales et nationales ne font pas partie de leurs préoccupations.    Nous leur vouons  pourtant une admiration  sans condition et leur influence sur nos vies est sans limite. Le Québec est dans la parade.

En l’an 2000, nous commencions à peine à avoir des adresses de courriel. En jetant un coup d’œil sur le chemin parcouru en 16 ans. L’électronique prend un visage nouveau d’année en année. Le président de Facebook a déclaré qu’en 2020, Facebook ne fonctionnera que par les images. L’argent se transférera de  téléphone intelligent en téléphone intelligent puisque c’est déjà commencé.

Moi, le vieux de 75 ans, né avant la naissance de la télévision, dont le cerveau n’a pas été formé à cette ère électronique, ne peux que craindre pour ses vieux jours.  J’aurai peut-être 80, 85, 90, peut-être 95 ans, incapable de communiquer avec ces appareils et avec les autres humains. Une vraie tour de Babel.  Les vieux seront nombreux et isolés par la technologie.

Comment se côtoieront les « trois différents Québec »? Celui de l’agglomération de Montréal avec des enclaves ethniques et sa banlieue occidentale, celui de l’agglomération de Québec avec sa population à majorité francophone et de fonctionnaires de l’état, et celui  des régions affaiblies par l’exode des jeunes et des travailleurs  vers les grands centres. Les habitants des régions seront de plus en plus isolés.

Oui, la société ne pourra  être que très différente dans les jours et les années à venir. Les vieux comme moi peuvent entrevoir la société de demain grâce  à l’expérience apportée durant tant d’années.  Malgré mes visions de l’avenir, ce ne sera pas les vieux comme moi qui trouveront les solutions de demain, mais les jeunes qui naissent tous les jours qui prennent des bains technologiques dès la naissance.

Hélas, le pays rêvé par les « de souches » ne viendra plus. Heureusement, il en viendra un autre créé par une nouvelle génération ou encore une autre province plus forte. Le pays dont j’ai rêvé n’existera pas, mais mes petits enfants  créeront un autre pays métissé, ou  peut-être une province forte, dans lequel ils seront heureux de vivre. Je leur souhaite. Je souhaite aussi qu’ils n’oublient pas leurs vieux entremêlés dans les ondes de la technologie.

 

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