Encore la charte : et les enfants dans tout ça !

Et les enfants dans tout ça ?  Quelle place occupent nos enfants au cœur du débat qui mobilise le Québec actuellement?  Le discours souvent improvisé autour d’une bonne bière n’influencera-t-il pas leur futur.  Les femmes voilées et leur sécurité d’emploi enveloppent tout le discours. Il y en a que pour elles. On parle de liberté d’expression, de la liberté tout court, de la soumission, du rapport hommes-femmes, de l’inclusion, d’intégrisme, de la réputation du Québec sur la scène mondiale, de la conformité avec la Charte canadienne, etc.  Hey Hey Hey ! Et les enfants, ne devraient-ils pas être au cœur du débat ? Et les parents ne devraient-ils pas avoir leur mot à dire ?

Il aura fallu la solide présentation d’un mémoire étoffée devant la Commission de la Charte de la sexologue Jocelyne Robert.  La bloggeuse du Huffington Post, auteur de plusieurs livres et conférencière, y a apporté son point de vue de psychologue expérimentée. Jusqu’à 4 et même six ans, le bambin construit son identité pour la vie. Il apprend par la parole, par l’expression de la figure mais surtout par mimétisme soit imitation. Et modélisation. À cet âge, il cherche à trouver son identité sexuelle, c’est-à-dire  son genre sexuel : garçon ou fille.  L’éducatrice  est en autorité aimante selon la psychologue mais cela ne suffit pas.    Les marmots passent plus de temps avec leurs éducatrices quotidiennement  qu’avec leurs parents. Comme les femmes voilées évoluent surtout dans les garderies. Leur influence est d’une importance cruciale auprès des bouts d’choux de cet âge. Des femmes dont on cache les cheveux et les oreilles donnent une fausse image. Sauf une portion du visage, on y cache tout le corps. C’est par le corps que les enfants identifient leur genre et les petites filles auront tendance à imiter l’éducatrice pour être une fille. Le foulard envoie un message autre que religieux.

Vouloir résumer en quelques phrases, le long mémoire de la sexologue  dont on réclame les services ailleurs sans le monde, est quasi impossible. Mon objectif n’est que de porter une attention à  son propos.  Qu’il ne passe inaperçu !  Voici quelques extraits de son allocution.  Si l’intérêt vous gagne, vous n’avez qu’à aller le lire au complet sur son blogue www.jocelynerobert.com

 

(Extrait) …De plus, une attention toute particulière doit être portée aux valeurs que l’on transmet aux enfants. Ceux-ci,  bien plus que les adultes, sont malléables comme de la cire chaude. Il convient donc d’être d’une extrême vigilance lorsqu’on travaille avec eux et auprès d’eux, et de bien montrer que les hommes et les femmes sont égaux et ont les mêmes droits et obligations.

Or, les signes visibles, vêtement ou objet, symbole explicite ou implicite de sujétion des femmes, transmettent forcément un message aux enfants… Ce message, formulé ou subliminal, peut être préjudiciable à l’acquisition d’une perception égalitaire des hommes et des femmes, à leur plein épanouissement en tant que fille ou que garçon.

 

(Extrait)…Les bambins, entre trois et six ou sept ans sont inlassablement fascinés par la différence des sexes qu’ils découvrent et explorent, qui les aide à s’identifier, à socialiser, à se rassurer. Que répondra l’éducatrice au bambin qui lui demande pourquoi elle porte le voile et pas son mari ? Que dira-t-elle à la gamine qui veut savoir pourquoi elle ne serre pas la main de son papa ? On a beau croire que les éducatrices sont de bonne foi, qu’elles ne sont pas là pour enrégimenter les enfants ou les rallier à leur foi ou culture religieuse, il faut se demander comment elles répondront aux questions sur la sexualité : « Comment il rentre le bébé dans le corps de la maman ? », « Pourquoi y’a des monsieurs qui aiment d’autres monsieurs ? », «Le clitoris, ça sert à quoi? »  Quelles seront leurs réactions et interventions devant l’expression de la curiosité sexuelle enfantine ? Le jeu sexuel ? La masturbation d’Albert ou de Zoé ?…

 

(Extrait)…Il faut aussi se demander ce que les enfants, eux, perçoivent de ce voile ? Comment le traduisent-ils ? Comment l’intériorisent-ils ? Comment celui-ci façonne-t-il leur perception de la féminité et de la masculinité ? Des questions, aussi muettes que fondamentales qu’il faut aborder.

Il est indéniable que le fait de côtoyer quotidiennement des femmes voilées a une incidence sur la représentation que se fait l’enfant de l’être féminin, du corps féminin. Même s’il s’agit du hijab, le fait que le visage ne soit vu que de face, tête recouverte, sans oreilles, sans cheveux et sans cou transmet inévitablement une image morcelée de la représentation humaine féminine

 

(Extrait)…Des bribes de l’histoire racontée par le voile aux tout-petits :

-Il y a une différente importante entre les hommes et les femmes (vous aurez compris qu’on ne parle pas ici des spécificités biologiques xx/xy )
-Les femmes doivent se comporter différemment, et plus différemment encore en présence des hommes
-Le corps de la femme, en tout ou en partie, est emprisonné alors que celui de l’homme est libre
-Le corps de la femme doit s’effacer du regard, s’éclipser
-La femme baisse les yeux au passage de l’homme
-La femme ne serre pas la main des papas, ce geste témoin de relations sociales conviviales
-La femme n’est pas autorisée à sentir le vent dans ses cheveux…

L’éducatrice aura beau être aimante et merveilleuse à plein d’égards, elle aura beau être consciente (ou inconsciente) de l’histoire racontée par son vêtement, elle n’a aucune prise sur ce celle-ci,  inoculée de manière subliminale à l’enfant

 

On comprendra aisément que Jocelyne Robert souhaite l’interdiction de tout signe religieux…pas pour une question religieuse. Pour les raisons exposées, surtout pour les  garderies, CPE, et le niveau scolaire primaire. Hélas, je n’ai point vu ce mémoire cité dans les médias. Et les parents, qu’en disent-ils ?

Je trouve que la charte dans son entier prend de moins en moins de place. Tout le territoire est obnubilé par le voile exclusivement. C’était le voile durant la Commission Bouchard-Taylor.  C’est encore le voile. Et ce sera encore le voile. Il faudra y mettre un terme un jour.  Incroyable tout ce que ce tissu transporte en discussions, divisions. Non seulement au Québec, mais sur la planète.

 

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2 réflexions au sujet de « Encore la charte : et les enfants dans tout ça ! »

  1. C’est avec beaucoup d’intérêt que je viens de lire : encore la charte, je ne voyais pas aussi loin le malaise que ça pouvait causer à nos petits, si je comprends bien, leur éducation sera faussée je ne comprends pas que ces femmes voilées tiennent autant à nous imposer leur coutumes…si coutumes il y a. C’EST DE LA PROVOCATION!

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