Le 11 octobre 2026
«Êtes-vous très heureux, plutôt heureux, plutôt malheureux ou très malheureux », demandait un sondage. Les résultats nous ont fait découvrir que 90 % des personnes ont répondu qu’elles sont très heureuses ou plutôt heureuses… Alors que d’autres enquêtes ont démontré que le taux de consommation médicale, comme les antidépresseurs et les anxiolytiques augmentent de façon vertigineuse, de même que le nombre de suicides et de dépressions. À cela s’ajoute le mécontentement généralisé envers la politique et de certaines attitudes sociales… nous sommes en présence d’une dichotomie.
L’image de la réussite et du bonheur que nous projette la société est telle qu’un « aveu de non-bonheur » équivaut à celui d’avoir raté sa vie.
« Pour moi, le bonheur, c’est le matin quand j’ouvre la fenêtre, que j’entends les oiseaux et que je prends mon café. Quel plaisir ! Quel bonheur ! » me déclare cette jolie personne. Une femme performante qui, tous les jours, dévore la majeure partie des heures de la journée pour sa réussite professionnelle. Ce qui signifie des heures de stress, d’agressivité, de fatigue, d’intrigues et de surpassement.
« Donc, lui dis-je, après ta courte période de bonheur du matin, tu consacres ta journée et de nombreuses heures à un travail que tu juges valorisant, mais qui n’est pas l’essence et ne contribue pas à ton bonheur. Dois-je comprendre que le bonheur n’est pas ta priorité ? »
Car, si l’on veut remplir sa vie d’un bonheur euphorisant, le gros bon sens nous dit d’y consacrer sans cesse tous ses efforts et son temps. « Pourquoi te contentes-tu de vivre seulement quelques minutes de bonheur tous les matins ? Pourquoi ne convoites-tu pas le bonheur toute la journée, toutes les heures de la journée ? »
Un autre sondage auprès de gens qui s’avouent aussi vraiment heureux révèle qu’ils ont choisi d’incorporer le bonheur dans leur vie. Ce ne fut pas une intrusion inopinée du destin dans leur vie. Ils ont assumé la responsabilité pour que ces gestes quotidiens deviennent le but et la finalité de leur existence. Ce vers quoi tout leur être tend et aspire. Le bonheur, ça se cultive. Ne sommes-nous pas les seuls responsables de notre bonheur ? Vivre heureux est un choix concret et personnel des gestes posés tous les jours
LE SEUL BONHEUR QU’ON A
VIENT DU BONHEUR QU’ON DONNE.
Citations d’Édouard Pailleron
L’objectif, en lisant ce texte, est de vraiment comprendre la vraie définition du bonheur et, tout ensemble, de parler de la même chose. Avoir du plaisir avec des amis en prenant un verre autour de la piscine donne l’illusion du bonheur. Nous sommes plutôt en présence d’un plaisir des sens, un plaisir extérieur à nous.
Aller à la pêche sur un lac majestueux entouré de magnifiques montagnes, loin de l’activité stressante de la ville, tout comme des activités sexuelles débridées se confondent avec une manifestation extérieure d’un bonheur. Encore une fois, nous profitons d’un autre plaisir des sens (ô combien relaxant !), mais né à l’extérieur de nous-mêmes.
Nous recherchons tous, à tort, le bonheur dans l’assouvissement de plaisirs, comme ceux des sens, de la jouissance, voire de l’excitation. Une fois la sensation de plaisir passée, nous redevenons malheureux et nous ne sommes jamais rassasiés. Mais avides et insatisfaits. Comme après l’inhalation d’une cigarette ! Le besoin de satisfactions extérieures et éphémères à soi n’assouvira que la poursuite du pseudo-bonheur matériel.
Quelle erreur quand il faut apaiser un mal-être intérieur ! Quand l’erreur nous conduit à rééditer à tout prix ces sensations de plaisirs. C’est pour ce motif que le bonheur doit être recherché EN NOUS-MÊMES parce que son meilleur refuge est EN NOUS. Sans pour autant éliminer ces désirs listés plus haut, il faut apprendre à les dompter puisqu’ils ne présagent que de fausses joies, ce qu’on appelle de petits bonheurs.
Quand ça ne va pas, c’est toujours la faute de quelqu’un d’autre. Nous attribuons toujours à des causes extérieures la justification de notre malheur. Un bon moyen pour se donner raison et fuir notre responsabilité. Les autres, les événements et les autorités sont toujours les boucs émissaires à notre mal intérieur.
Est-il si difficile à assumer la responsabilité de nos actes, de nos paroles, de nos pensées et… de notre bonheur ? Pourquoi ne pas apprendre à le faire quand on est jeune ? On évitera ainsi les écueils qui se dressent sur notre route vers la vieillesse inéluctable ? Admettons que, comme dans d’autres situations, il vaut mieux tard que jamais.
Bouddha a dit : « si vous avez fait les bonnes choses utiles et favorables avant aujourd’hui, vous aurez du bonheur maintenant, demain et toujours ». Le bonheur est un état de bien-être, d’âme et d’humeur durable, complètement indépendant des circonstances extérieures. Bouddha recommandait de s’astreindre à la vraie méditation intérieure, celle qui s’infiltre à l’intérieur de soi. Et non vers l’extérieur, comme celle qui s’identifie à un exercice de relaxation du corps. Bouddha insiste pour diminuer, sinon tarir la soif des plaisirs.
Dans une allocution, le chef bouddhiste tibétain, le Dalaï-lama, disait que, en priorité, l’Homme est à la recherche du bonheur. Tout ce qu’on fait dans la vie tend vers un but : le bonheur. La prospection du bonheur est le premier chapitre du catéchisme bouddhiste. Le grand sage, soit le Dalaï-lama, explique la méthode la plus psychologique pour s’y rendre : une méthode de conditionnement et de réflexes automatiques.
N’est-il pas vrai que tout ce qu’on fait dans la vie tend malheureusement vers un autre but : le faux bonheur, celui des plaisirs et du désir. Quel bonheur les hommes y trouvent-ils ? Le vrai ou la caricature. Un bonheur intérieur ou un fac-similé. Quels sont les gestes et les pensées que l’homme ose pour trouver son bonheur ? Quels efforts est-il prêt à consentir pour l’atteindre ? Qu’est-il prêt à changer dans sa vie, dans son comportement, dans ses valeurs pour atteindre la félicité ?
LE BONHEUR D’AVOIR OU D’OBTENIR N’EXISTE PAS,
SEUL CELUI DE DONNER COMPTE.
(Henry Drummond )
Nous avons appris à être heureux à la condition de posséder ceci ou cela, comme une certaine automobile, une maison, un blouson dernier cri ou une femme élégante. Selon la mode. C’est comme si nous disions à la personne que nous aimons ou à l’argent que nous avons : « tu es mon bonheur si tu m’appartiens, sinon je refuse d’être heureux ». Ce faisant, nous nous leurrons !
La motivation à être heureux grâce aux possessions matérielles fait que les sources de bonheur proviennent de l’extérieur de soi et que les gens deviennent ainsi en fonction de facteurs hors de leur contrôle, tels que des choses, des personnes ou des événements. Le drogué, heureux de l’effet de sa cocaïne, en deviendra dépendant. Nous nous engageons sur le chemin du bonheur lorsque nous commençons à comprendre combien sont factices ces désirs. Et qu’ils soient sans valeur réelle ! Ces désirs sont assurément des pis-aller pour d’autres besoins. Ils sont de toute évidence une dépendance ?
Ainsi, ce que nous croyons être une préséance absolue, une nécessité impérative et un besoin indispensable (une dépendance, quoi) devient en réalité une simple préférence agréable…non nécessaire.
Arnaud Desjardins, ce grand philosophe français, a demandé à un grand penseur tibétain, soit Swami Prajnanpad, le seul conseil qui résume tous ses enseignements. Swami lui répondit : « SOIS HEUREUX, ARNAUD ». C’est tout ! Si simple ! Si fort ! Si déstabilisant ! Et monsieur Desjardins écrivit, dans un de ses livres, qu’il s’est mis à réfléchir profondément et longuement à ces seuls deux mots : sois heureux !
Au point tel qu’il a réalisé que, malgré une vie agréable, il n’était pas heureux. Qu’il en était incapable en poursuivant sa vie comme elle avait été amorcée et qu’il continuait à la poursuivre.
Ceci met fin au premier épisode sur le bonheur.
L’épisode 2, soit le suivant, sera publié dans une semaine,
toujours dans ce blogue.