Le 19 septembre 2026
Oh ! La la ! J’aborde aujourd’hui un sujet où il me faut tellement de pages pour m’exprimer qu’un livre avec de nombreuses pages serait nécessaire. Donc, je plonge. Je me réserve quelques semaines de ce blogue, au moins deux ou trois, pour en faire un résumé acceptable.
« FAIRE L’AMOUR » quelle expression déjantée, employée à toutes les sauces ! Vous rencontrez un homme inconnu ou une femme inconnue, selon le cas, dans un bar ou autre lieu public. Une heure plus tard, vous êtes dans son lit, ou ailleurs, en train de baiser, de forniquer, d’avoir une relation sexuelle avec cette personne qui vient de surgir dans le décor de votre vie. La passion sexuelle vous stimule et provoque des orgasmes mémorables.
Le lendemain, vous affirmerez à vos copains ou copines que « VOUS AVEZ FAIT L’AMOUR » et que vous êtes certain d’avoir rencontré « L’AMOUR DE VOTRE VIE ». Une « FUSION PASSIONNELLE », déclarerez-vous. Comme si L’AMOUR n’était qu’un « party » de fesses. Comme si le désir physique qui assaille le mâle et la femelle pour accomplir la suite du monde, soit la procréation, se substituait à l’Amour. Toute la flore et la faune de la planète, et de l’Univers doivent s’unir et transmettre la semence séminale pour engendrer et donner une suite à la vie.
Une histoire qui se répète depuis des milliards d’années et de toute éternité. Des pulsions de plaisirs irrésistibles sonnent la cloche du réveil pour la séduction et la recréation. Une façon incontestable pour la nature de s’assurer que la copulation obligatoire se fasse. Qu’il s’agisse d’un chien autant que d’un humain ! La biologie impose son mécanisme dans le monde animal. Et même végétal. De là à qualifier ce désir sexuel comme l’apanage de l’amour, il y a tout un monde. Au surplus, allons-nous ajouter à notre vocabulaire « faire la haine » ?
En français, on utilise le mot amour et le verbe aimer pour exprimer indifféremment : « j’aime ma petite amie » et « j’aime les sucreries » alors qu’en anglais, on dira respectivement « to love » et « to like », et en espagnol « querer » ou « amar » et « gustar ». Le sens du verbe aimer, est donc plus large d’utilisation que celui du mot amour. Quand le vrai amour est ressenti avec une grande intensité et qu’il exerce, comme bonus, un fort pouvoir érotique (ou une attirance sexuelle), on qualifie l’amour de « passionnel » ou de « passion amoureuse ». Quand cette passion tend à unifier les deux amants, on parle d’amour « fusionnel ». La langue française accorde trop de sens divers au simple verbe aimer et au mot amour.
On ose dire que l’amour rend aveugle. Quelle foutaise ! C’est l’attirance érotique, l’attraction physique et le désir fou qui rendent aveugle, qui empêchent même de voir l’amour. L’attirance physique minimise les incompatibilités et abrille aveuglément les divergences d’un couple. Jamais l’amour ! Seul ce dernier permet d’apprécier les valeurs de l’autre. Bien au contraire, le véritable amour est très lucide.
Quand on « tombe amoureux » (sic), ou qu’on ressent le « coup de foudre », le désir de séduire sexuellement s’immisce en nous et réclame la réciprocité presque instantanément. Ce phénomène s’exprimera par les caresses, les baisers et les rapports sexuels, qu’on nommera ERRONÉMENT : « faire l’amour ».
Les observations d’une longue vie m’ont confirmé qu’un grand nombre de couples et de familles se sont construits sur le seul désir sexuel, en le confondant sans équivoque avec l’amour. Combien de liaisons se sont dissoutes rapidement sur les ruines de cette impulsion sexuelle, peu de temps après, parce qu’il y avait une absence d’amour ? Quand on sait que ce même désir animal peut être à l’origine de différentes perversions et déviances comme la pédophilie, la nymphomanie, le satyriasis, la zoophilie, la pornographie, les orgies. Lorsque l’amour d’un objet devient exclusif, dépendant, voire excessif ou pervers, on parle de fétichisme ou d’idolâtrie.
Hélas, la sexualité s’érige souvent en un écran de fumée qui embrouille et cache le vrai visage de l’amour, qui éloigne du véritable amour. Malheureusement, on risque de seulement aimer…l’amour. La sexualité peut s’épanouir aisément sans que l’amour s’installe. Et l’amour peut grandir et devenir une béatitude sans la présence de la sexualité. Deux mondes qui peuvent cohabiter sous certaines conditions, mais qui n’ont aucunement besoin de l’un et de l’autre pour exister.
AIMER, C’EST PRENDRE SOIN DE L’AUTRE. Un don de soi. À combler l’autre du don de soi et faire preuve de loyauté. Sans recevoir en retour. C’est permettre à l’autre de grandir, de s’élever, de se bonifier, d’installer une complicité à participer au bonheur de l’autre, de toucher à l’essence même du bonheur. C’est en donnant qu’on se sent amoureux, et non en recevant. Le philosophe Leibniz en formulait cette définition : « AIMER, C’EST SE RÉJOUIR DU BONHEUR D’AUTRUI ».
Vous vous souvenez de l’histoire du « P’tit Prince » écrit par Antoine de St-Exupéry ? Je vous résume en quelques mots son histoire de la petite fleur, en fouillant au fond de ma mémoire si imprécise. Donc, voici seulement les grandes lignes. Il y a devant vous beaucoup de fleurs pareilles. Vous en choisissez une au hasard. Vous en prenez soin. Vous l’arrosez chaque jour. Vous enlevez les herbes nuisibles. Vous la protégez des insectes et du froid. Vous aimerez cette fleur …plus que les autres. Vous la trouverez plus belle que les autres. Et pourtant, cette fleur n’a rien fait pour vous, elle n’a rien fait pour que l’aimiez autant. Votre Amour, c’est le don de vous-mêmes. Vous avez pris soin d’elle. Sans recevoir en retour.
Croyez-vous que votre chien vous communique son amour quand il frétille de la queue, de joie, à votre retour à la maison ? Un animal ne recherche que le plaisir et fuit le déplaisir et le danger. Quand il vous voit, il sait qu’il aura des caresses qui lui font plaisir. Ne vous bercez pas d’illusions quant à son amour pour vous. L’Amour pour votre chien est à sens unique, c’est votre don. Lui, il ne connaît pas l’Amour. L’Amour est un sentiment humain.
L’Amour des vrais amoureux se nourrit aux racines de la tendresse envers l’autre. On y ajoute peut-être un zeste de sexualité à la recette, mais dans tous les cas, l’Amour est ce que l’on donne et le désir de prendre soin de l’autre.
L’AMOUR, CE N’EST PAS FAIRE DES CHOSES EXTRAORDINAIRES, HÉROÏQUES, MAIS DE FAIRE DES CHOSES ORDINAIRES AVEC TENDRESSE.
Et je vous laisse sur ces propos cette semaine. Je vous entretiendrai des autres sens du vrai Amour avec un grand A dans le prochain épisode de ce blogue la semaine prochaine.
Soit l’épisode numéro DEUX.