Le 18 juin 2026
J’ai été étonné, l’autre jour, d’entendre Patrice Roy, lors de son bulletin de nouvelles, employer le mot TATOO à l’anglaise, soit, de prononcer les deux «OO» en « OU », c’est-à-dire TATOU. Alors que la langue française nous offre un mot bien plus joli comme TATOUAGE, j’avoue que le mot Tattoo est employé erronément très largement au sein de notre population et même chez notre élite, où la culture et la langue ont une place prépondérante, à l’image de Patrice Roy. Il n’est pas unique.
Quand j’étais petit j’employais la version anglaise du mot ZOO en prononçant ZOU, puis j’appris par la suite qu’il fallait plutôt dire ZO-O en français. Dans son dictionnaire, Marie-Éva de Villers souligne qu’il est accepté dans ce cas précis de laisser tomber un « O » pour dire simplement ZO. Une exception. Car, on dira ZO-OLOGISTE » en prononçant les deux O distinctement ou en éliminant un O.
En français, il existe plusieurs mots qui comportent deux fois la lettre « O » et où on doit prononcer séparément les deux « O ». On dira « coopérer » « coordinateur » « coopter » « coopérative » « coopération » cooccurrence ».
En somme, ne jamais prononcer OU, quand il y deux « O », il s’agit alors de la prononciation à l’anglaise. Donc, en français, on doit prononcer bien distinctement les deux « O ».
Il me faut avouer que je n’ai pas de réponse dans les cas suivants. Soit le mot anglais ZOOM (zoum) sans traduction courante et les BABY-BOOMERS (boumers) (pour les naissances d’après-guerre) sans traduction courante, deux anglicismes qui ont intégré solidement notre langue courante.
Incroyable qu’il me faille toute cette explication, qui semble compliquée, pour porter à votre attention un cas que je trouve aberrant ! Celui de BELL média.
Cette compagnie s’est portée acquéreuse d’une station de télévision francophone à Montréal et l’a baptisée NOOVO en prononçant cet acronyme de la façon suivante NOUVO, donc à l’anglaise. Il faudrait dire NO-O-VO à la française. On observe une tendance chez certains décideurs, comme eux, à intégrer des termes anglais, y compris pour désigner une chaîne de télévision francophone à Montréal.
Et ce n’est pas tout, puisqu’ils sont associés à une station câblée qu’ils ont baptisée CRAVE (prononcez créve), un beau mot anglais. Le slogan « C’est bon en CRAVE, (prononcez créve) », est un mixage abracadabrant de français et d’anglais qu’on surnomme chez nous le FRANGLAIS ».
Que ce soient les mots TATOU, ZOO, NOOVO ou CRAVE, voilà de petits mots qui viennent abâtardir notre langue en imposant des faussetés langagières à une population en mal de rendre prestigieuse une langue en déclin.
Et dire qu’on tombe dans le panneau.