25 mars 2026
J’ai commencé à rédiger mon article sur ce blogue le 7 juin 2021 en ces termes : « Je suis en faveur de la construction d’un tunnel comme troisième lien à Québec. Malgré les critiques potentielles pour ma position, je pense que c’est une idée visionnaire que nous propose François Legault. Voici pourquoi. »
C’était en 2021 et nous sommes en 2026 ! Je suis toujours en accord avec ces propos. J’écrirais le même texte avec les mêmes mots.
J’ai toujours apprécié les grands projets des chefs de nation. Vous souvenez-vous de Jean Drapeau souvent vilipendé pour ses projets audacieux ?
Pourtant, sous son impulsion, il y eut A ) la naissance du métro, B ) le succès incomparable de l’exposition universelle baptisée Terre des hommes en 1967, C ) 10 ans plus tard, les Jeux olympiques d’été ont métamorphosé la ville de Montréal et tout le Québec, et je ne voudrais pas oublier D ) la Place des Arts. Que de sommes faramineuses ont été investies pour tous ces événements ! Sans ces réalisations, particulièrement très fustigées à cette époque, que serait le grand Montréal aujourd’hui ?
J’ajoute que l’on connait les péripéties de Robert Bourrassa quand il a donné le signal de départ pour la construction de l’immense barrage de E ) la baie de James.
Oui, le Québec a grandi grâce à la réalisation de ces magnifiques projets initiés par des chefs visionnaires.
Il y a un siècle et même plus, si l’on n’avait pas érigé le Taj Mahal en Inde, les Pyramides en Égypte, la Tour Eiffel à Paris, la Maison de l’opéra à Sydney, le Corcovado au Brésil et je n’oublie pas toutes ces cathédrales gigantesques, que serait le monde aujourd’hui. Remarquez qu’elles sont toutes des œuvres démentielles de visionnaires.
J’en nomme que quelques-unes, car elles font partie des éléments qui composent mon admiration enthousiaste qui colorent mon propos.
Revenons à la vision qu’apporte le 3e lien. Bien sûr, la ville de Québec ne compte qu’un demi-million d’habitants aujourd’hui. La ville est dynamique et elle doublera surement sa population d’ici trente ans. Le nombre d’automobiles aura suivi la même courbe ascendante. Et sur l’autre rive, la ville de Lévis aussi croît encore plus rapidement. Québec-Lévis deviendra certes une agglomération commerciale et industrielle innovante pour tout l’Est du Québec avec un pont vieillot et son voisin surchargé outrancièrement. Soulignons que Montréal a plusieurs ponts pour enjamber le seul fleuve St-Laurent.
La présence d’un lien supplémentaire entre les deux rives du fleuve à l’Est sera alors nécessaire. Il sera trop tard dans 10 ou 15 ans pour envisager la construction d’un pont ou d’un tunnel. Les travaux doivent impérieusement commencer maintenant pour profiter de son utilisation dans ces années à venir.
Quelle erreur monumentale nous affublerait si notre savoir concernant ce 3e lien ne se limitait qu’au service routier entre ces deux villes. Il profitera autant à la population et aux camionneurs du lointain Bas-du-Fleuve et de la Rive Nord du fleuve, dont les traversiers maladifs et irréguliers ne suffisent pas à combler la tâche. Les nombreux usagers doivent déjà se taper un grand détour inimaginable et qui le sera davantage dans quelques années. Cet échafaudage routier doit donc s’ériger, et cela malgré les émotions contradictoires qui ont assailli les épaules de ce visionnaire démissionnaire.
Les coûts paraissent exorbitants en 2026. Imaginons les coûts d’une telle œuvre dans 15 ans. Possiblement deux à trois fois supérieurs. L’autorité estime les déboursés entre 6 et 7 milliards $. En ajoutant les ajouts aux deux extrémités, la facture pourrait atteindre 10 milliards $. Ce qui provoque les hauts cris des environnementalistes et des commentateurs de la région montréalaise qui trouvent scandaleuse une telle dépense pour une ville en tenant compte de sa seule dimension actuelle.
On oublie que ce long tunnel, ou ce long pont, est le choix des promoteurs et dessert aussi les besoins de tous les citoyens de l’Est du Québec qui sont les otages de l’humeur technique de quelques traversiers, ce qui s’est produit récemment, et qui doivent se rendre jusqu’au pont Pierre Laporte, traverser toute la ville de Québec pour se rendre à Baie-Comeau, par exemple. Il arrivera aussi un jour que le vétuste pont de Québec rendra l’âme. Un deuxième lien plus au Nord sera alors le bienvenu et une nécessité. Mais il risque d’être encore un projet à ce moment-là.
La vaste majorité des commentateurs, surtout de Montréal, ont déjà assassiné le projet du long tunnel qui relierait Québec et Lévis. Son coût et sa pertinence nourrissaient les arguments qui fusèrent allégrement sur tous les médias. Les adversaires sont nombreux et vindicatifs. À tel point que les supporteurs, comme moi, n’osent s’afficher au risque de se faire vilipender.
Seul un chef visionnaire peut voir au-dessus de la mêlée la réalisation d’un projet d’avenir dont les citoyens seront alors très fiers. Bien sûr que les populations impliquées des deux rives le voient d’un bon œil.
François Legault et son ministre des transports François Bonnardel ont tenu tête un bout de temps, puis erronément, et mal avisés, l’ont abandonné pour des raisons politiques et le premier ministre finalement le remit à l’ordre du jour pour aussi des raisons politiques. Mais, cette hésitation porta un dur coup à sa crédibilité de visionnaire.
Oui, j’ai cru à sa qualité de visionnaire et je continue à croire à la pertinence du 3e lien. Peu importe l’emplacement. Mais le premier ministre a mal manœuvré ce dossier et il n’a pas fouetté l’ardeur des partisans comme un vrai chef. Il a oublié ses qualités de chef, révélées durant la pandémie du Covid. Il a ce talent, il aurait pu l’exercer. Le 3e lien contenait et contient toujours le ferment essentiel pour faire éclore ses bourgeons.
Je doute que le (ou la) prochain premier ministre ait la même volonté nécessaire pour ressusciter le projet. Désolant pour le développement de L’Est du Québec.
À moins que, hors des fonctions de la politique, François Legault devienne un citoyen habilité à saisir toutes les tribunes pour faire rayonner la pertinence de son projet en convainquant une armée de citoyens dédiés à la réalisation de ce 3e lien.
Si ce jour se lève, je le proclamerai à nouveau de CHEF VISIONNAIRE.
J’ose l’espérer, sans vraiment y croire.