Le 20 juillet 2026
Combien faut-il de millions de dollars pour constituer un salaire ou un revenu annuel acceptable et décent ? Dans quels emploi ou fonction, un patron peut-il justifier, réclamer et même recevoir annuellement des émoluments de plusieurs millions de dollars quand ses employés peinent à empocher un « maigre vingt mille dollars » et doivent fréquenter les banques alimentaires pour ne pas mourir de faim ? Ce sont Statistiques-Québec et Canada et la célèbre Revue Forbes qui rapportent ces faits mathématiques avec beaucoup d’exactitude.
En somme, combien faut-il octroyer de dollars pour instaurer un salaire annuel minimum acceptable et décent à tout être humain? Telle est la question qui tenaille mon imaginaire. Et même plus, les statistiques démontrent que les riches sont de plus en plus des ULTRARICHES et que les pauvres sont encore plus des ULTRAS PAUVRES. Une situation inconcevable, car l’écart extrême entre les riches et les pauvres s’agrandit de plus en plus. Quel joli pactole pour le futur !
Chacun des humains aux deux extrêmes devrait avoir « grande peine » à dormir tous les soirs pour ces raisons si opposées.
Dite-moi comment ces millionnaires et milliardaires peuvent engranger de telles fortunes sans en céder une partie importante pour soulager les plus pauvres. Voici pourquoi.
Saviez-vous qu’il y a quelques années à peine, il avait 1226 multimilliardaires dans le monde qui possédaient 4600 milliards de dollars. Imaginez leur richesse aujourd’hui.
Warren Buffet, un des plus riches, avait décidé de donner toute son immense fortune (46 milliards de dollars en 2012) à des fondations dédiées à la pauvreté quand il mourra. Il avait incité ces 1225 autres multimilliardaires, comme Bill Gates, à faire comme lui. Seuls 92 des 1226 ont accepté d’épouser son initiative.
Si les 1134 autres réfractaires avaient osé se joindre à cette formule baptisée « GIVING PLEDGE soit promesse de don », je renonce à calculer la somme totale affriolante qui aurait rejoint les poches des plus démunis de la société.
Si nous accolons à cette mirobolante et potentielle fortune de ce contingent de milliardaires, soit la fortune des « infortunés (sic) seulement, hélas, millionnaires », le sort des plus défavorisés de notre planète connaîtrait une propension à frôler une parcelle de bonheur et à participer à l’accroissement de la productivité et à l’amélioration de l’image du capitalisme.
Mais, mon éternelle question en attente se posera comme suit :
Que deviendra, dans la réalité, toute cette fortune détournée pour accomplir cet idéal?
J’ajoute cette autre préoccupation qui me tenaille : à quoi pensent ces êtres choyés par la richesse quand ils observent les vrais infortunés de la terre qui courbent l’échine devant leurs diktats ? Voici une histoire appropriée.
Je me souviens des propos que m’a rapportés un capitaine de navire qui faisait le ravitaillement entre les installations des sites pétrolifères et le Vénézuéla. Invité à la table d’un richissime patron au sommet d’une haute tour d’habitations au cœur d’un bidonville où règnent les taudis, il s’aventura sur la terrasse à la vue exceptionnelle. Après un coup d’œil vers le bas, il demanda à son richissime hôte ce qu’il éprouvait envers ces indigents. Et le très riche président de la compagnie répondit :
« Ces fainéants n’ont que ce qu’ils méritent. S’ils veulent améliorer leur sort, ils n’ont qu’à faire comme moi. Ils n’ont qu’à travailler. J’ai mérité cette richesse. Elle m’appartient. J’en fais ce que je veux. S’ils veulent vivre comme du bétail, c’est peut-être parce qu’ils en sont. Je n’ai pas de temps à perdre à me préoccuper de leur sort. Ils ont la chance de profiter de mes investissements et de mes impôts. Ils n’ont qu’à travailler. »
Mes bras en sont tombés. J’étais horrifié, indigné, mais ces propos, qui me furent rapportés, ne sont pas isolés, uniques. Ils peignent assez bien le mépris et la méchanceté que, hélas, trop d’individus de la classe des « bien nantis et dominants » entretiennent à l’égard des pauvres. Toute ma vie, j’ai entendu des propos semblables, même au Québec.
Permettez moi aussi de vous raconter ce que Bill Clinton, (ex)président des États-Unis, déclarait dans une conférence sur la pauvreté à Montréal « soit que LE SEUL BUDGET DÉPENSÉ PAR LES ÉTATS-UNIENS pour entretenir la guerre en Iraq aurait pu endiguer la pauvreté de tout ce pays et de bien d’autres, du même coup apaiser les tendances au terrorisme et éliminer la guerre qui a COÛTÉ 800 MILLIARDS DE DOLLARS AUX ÉTATS-UNIS ».
Tiens, tiens. Donald Trump n’a surement pas entendu cette conférence. Au lieu de faire la guerre en Iran, il aurait pu instaurer un budget contre la pauvreté. Combien de milliards de dollars a-t-il investis dans sa maudite folie ? Un beau budget qui a passé sous le nez des pauvres. Donald Trump ne sait sans doute pas qu’on enrichit les riches avec l’argent qui aurait changé le visage de la pauvreté.
Et dire qu’au Québec, nous faisons partie de ce 10% de privilégiés sur la planète qui possède la richesse. Nous appartenons au groupe le plus pauvre des riches de la planète. Même nos plus pauvres sont mieux nantis que bien des peuples sur le globe. Une étude démontre que le monde n’a jamais été aussi riche que maintenant. Malgré tout, plus d’un milliard de personnes souffrent d’extrême pauvreté. Peut-on mettre en doute ces chiffres de l’UNESCO ? Ouf !
Sommes-nous en train de construire une oligarchie en enrichissant un nombre impressionnant de dominants et de nous éloigner du rêve de toutes les démocraties où les peuples souhaitent bâtir des pays qui tendent à mieux équilibrer les différentes strates économiques de toute une société.
Il serait bon de se souvenir des soulèvements du paupérisme contre les mauvais patrons qui nous ont été si bien racontés par Victor Hugo et Zola. Et bien d’autres!
La pauvreté vit mal à l’ombre de la richesse. À bon entendeur, salut.