Le 4 octobre 2026.
Dans ce troisième et dernier épisode sur ce sujet, j’apporterai une tout autre dimension sur l’amour vs la sexualité. Je vous invite encore une fois à lire ce texte mot à mot pour en saisir toute la nuance. En espérant que la lecture des trois épisodes vous a exprimé bien des réflexions, comme à moi. Et dont vous avez saisi les subtilités et le paradoxe que je vous ai transmis entre les paragraphes.
Pour mieux comprendre ce paradoxe, il m’a fallu vivre l’univers d’un cancer. Un cancer de la prostate dont les effets secondaires des traitements de radiothérapie et d’hormonothérapie m’ont privé totalement de ma libido pour une longue période. Car j’étais devant un tirage de 50% …où j’ai perdu.
Une libido sacrifiée signifie l’arrêt d’une sexualité active. Même les fantasmes prennent des vacances. Les diagnostics médicaux m’ont légué l’héritage d’un traitement de castration chimique, celui qu’on n’ose pas infliger aux pédophiles. Traitements quotidiens prodigués pour une durée indéterminée. Traitements efficaces qui aboutissent à la guérison du cancer, mais avec une libido asséchée pour beaucoup d’entre nous. Fini l’attirance physique. Me voilà transformé en un être asexué. Une facture qui m’apparaissait salée, car y figurait le prix total que je devais payer pour combattre le cancer.
L’EXPÉRIENCE D’UN P’TIT VIEUX.
Rien de plus facile que d’être privé de ma libido puisque, sans elle, l’absence de sexualité ne se faisait pas sentir. Mes démons charnels se cantonnaient dans une discrétion exemplaire. Mon inquiétude concernait davantage ma compagne, dont la situation était différente. Elle a dû gérer une situation inopinée : une libido existante, mais délaissée.
Seuls une grande compassion, un désir intense d’épouser ma détresse, la volonté de se joindre à ma lutte contre le cancer lui ont permis de mieux vivre toutes ces semaines à venir.
Comme quoi la chasteté peut être une preuve d’amour indélébile. Pendant toutes ces semaines, nous avons vécu notre amour d’une façon platonique. Une grande révélation devait naître : l’amour a grandi. Je vous invite à lire mot à mot le texte qui suit.
L’intérêt l’un pour l’autre a pris une ampleur. Je ressentais du plaisir d’être à son écoute pour la rendre heureuse. Un don de moi. J’arrosais, je protégeais ma fleur. Je me suis mis à voir Diane avec des yeux différents, à apprécier davantage sa personnalité, ses qualités du cœur et son dévouement. Son don d’elle-même ! J’aimais être près d’elle. J’aimais faire plein de choses avec elle. Je découvrais ce que je n’avais pas encore découvert d’elle. Je m’intéressais à ses propos, à ses besoins. Alors qu’elle était aussi à mon écoute pour m’aider. J’appréciais sa compassion et son support quand je déprimais. L’un et l’autre se préoccupaient de l’autre.
Sans les rechercher, les cinq critères du sage tibétain s’imbriquaient à notre relation. Sans attentes sexuelles, je n’ai jamais ressenti des sentiments si sublimes ni aimé Diane autant que durant cette période. J’ose affirmer que les mêmes sentiments la traversaient. Nous découvrions que l’espace occupé par l’attirance sexuelle, avant, grignotait de l’espace à l’amour et même érigeait un écran. Nous avons utilisé ce nouvel espace pour grandir côte à côte. Oui, j’ai grandi à ses côtés pendant cette période. Elle m’affirma la même chose. C’est incroyable de penser que l’abstinence sexuelle ait pu stimuler l’amour.
« Encore un discours dépassé de la part d’un p’tit vieux radoteux. Bien sûr, ça devait être comme ça dans son temps. Il n’a pas remarqué que les temps ont changé, le p’tit vieux. Il n’a pas encore compris ! » Je sais que plusieurs lecteurs parmi vous prononcent du bout des lèvres ces propos. Et pourtant, pourquoi ces mêmes lecteurs comprendraient-ils mon point de vue sans avoir vécu mon expérience. Il faut tout simplement me croire. Ils sont nombreux dans la même situation que nous, mais c’est rarement un sujet de discussion. Heureux sont les malheureux qui prendront le temps de méditer sur l’expérience du vieil homme. Elle est vraie!
Il y a aussi la perception. Il arrive souvent que l’amour puisse être perçu comme la quête d’un manque lorsque la notion oblative ne s’est pas développée : quand on donne avec l’espoir de recevoir. Dans ce cas, l’amour que l’on porte à une personne ne concerne que ce qu’elle nous apporte ou est susceptible de nous apporter. Ceci devient une façon inconsciente d’avouer sa propre impuissance à l’autonomie, soit à un manque que nous ne serions pas capables de satisfaire par nous-mêmes.
Par exemple, le besoin d’avoir un enfant entraînerait le besoin d’amour qu’on attend de l’autre pour concevoir cet enfant. Un besoin égoïste. Si la personne aimée ne reçoit que ce qui fait plaisir à l’autre, le sentiment d’amour s’estompe ou s’éteint. Il n’est pas rare d’entendre : « nos deux chemins se sont séparés », « mes besoins ont changé », ou encore « nous n’avons pas suivi la même route », etc. ce qui se traduira souvent par un sentiment de tristesse, de jalousie, de colère ou même de haine…
Tout ce propos pour rendre hommage au mot AMOUR et à tout ce qu’il représente de NOBLESSE. Le vrai ! Le sentiment d’AMOUR ne doit pas être confondu avec le désir sexuel. Ce dernier peut ne pas être présent, mais il peut coiffer le vrai amour d’une perception améliorée et exacerbée comme la cerise sur le
« sunday «
Maintenant, il est temps que le p’tit vieux change de sujet. Comme glisser sur une plate-forme contigüe, soit le prolongement de ce sujet qui s’appelle LE BONHEUR et aussi la perception incomplète que nous avons DES VALEURS NOBLES. Ces valeurs qui nous permettent d’être heureux malgré toutes les contrariétés de la vie. Et cela depuis des siècles.
À la prochaine !