Les « has been », toujours un sujet tabou.

Il y a dix ans, oui, j’ai bien écrit dix ans, Nathalie Collard, journaliste à La Presse, avait publié un article qui portait ce titre. En le lisant dix ans plus tard, je fus surpris encore de son actualité. En cette époque où tout change chaque jour,  il est incongru de lire un texte qui nous démontre en fait que rien n’a changé en ce qui concerne les ainés et la vieillesse. On perçoit les vieux comme on les percevait en 2007.

Je vous livre ici certains passages de ce texte afin que vous le constatiez vous-mêmes.

« « L’indifférence médiatique, écrivait-elle, sur les conditions de vie des ainés n’a rien de bien étonnant. La vieillesse et ses symptômes n’ont jamais été un sujet sexy…La plupart du temps, quand une personne âgée s’exprime, on détourne le regard, on fuit. La vieillesse est le plus persistant des tabous. » »

« « Elle citait Frank Shirrmaker : d’ici quelques années, les plus de 60 ans vont composer la majorité de la population dans un grand nombre de pays. Or nous continuons à nier cette réalité et à valoriser la jeunesse. Pire, nous sommes des « gérontophobes », une attitude qui nous mènera à une guerre des générations qi n’annonce rien de bon pour l’avenir de nos sociétés. » »

« « Elle ajoutait : Il suffit de regarder autour de nous pour s’en convaincre. Pour être acceptés, les vieux doivent être acceptables, c’est-à-dire beaux, riches et en santé. Les belles dames à l’abondante chevelure blanche dans les magazines féminins n’ont pas grand-chose à voir avec la perte d’autonomie, de mémoire ou de dents. Les beaux messieurs qui jouent au golf n’ont plus. » »

« « Au cours des dernières années, les médias ont révélé à maintes reprises les mauvaises conditions de vie des personnes âgées en centre d’accueil : nombre de bains insuffisants, contention physique, violence psychologique…C’est sans compter les « aidants naturels » à bout de souffle et les personnes âgées qui souhaiteraient finir leurs jours chez eux, si seulement on pouvait leur prodiguer des soins à domiciles. »

« « En 2005, le ministre de la Santé, Philippe Couillard présentait un plan d’action destiné aux personnes âgées. Deux ans plus tard, il n’y a pas eu de révolution. »

« «  La vérité c’est que le problème des ainés (ce mot qu’on emploie pour ne pas dire vieux) a moins à voir avec le nombre de couches et de bains distribués dans un CHSLD qu’avec le respect qu’on leur témoigne. C’est le peu de valeur que nous accordons à cette vie en grande partie vécue, comme si la détérioration de l’état physique d’un individu anéantissait la richesse de son expérience. Hors du marché du travail, de la productivité, point de salut. » »

Elle citait Marguerite Blais : « « Comment intégrer l’expérience de vie dans nos sociétés ? Comment favoriser la cohabitation des générations ? Comment se débarrasser de cette fausse certitude qui veut que l’on ait de la  valeur  seulement quand on occupe un emploi rémunéré ? » »

« « Si nos sociétés éprouvent tant de difficulté à parler de la vieillesse, c’est qu’elles la perçoivent toujours d’un point de vue de jeune comme s’il s’agissait d’une anomalie. Il serait grand temps d’en parler autrement. » »

Ce texte d’il y dix ans aurait pu être écrit ce matin. Il permet de constater que peu n’a été fait durant cette période. La perception de la vieillesse est toujours la même, faussée. 80% des vieux sont en forme et autonome. Loin de cette décrépitude dont on les affuble. Seulement 4 % ne sont plus autonomes et nécessitent de grands soins. Cette minorité mériterait des soins plus respectueux. Dire que presque rien n’a été amélioré depuis dix ans.

 

 

 

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Une réflexion au sujet de « Les « has been », toujours un sujet tabou. »

  1. À partir d’un certain âge veut, veut pas tu deviens un  »has been » et on ne se gêne pas pour te le faire sentir et te le faire savoir. Ton opinion n’est plus requise car jugée non pertinente. Ton expérience devient un handicap. Parce que tu es d’une autre époque. La beauté de ton corps s’est envolée avec les années. Alors on ne te regarde même plus. Je crois qu’on est même pas un sujet de préoccupation pour les jeunes. Ils ont autre chose à faire.

    Et quand on parle de nous c’est pour dire combien on coûte cher au système. Les services aux aînés vaut mieux oublier, les ressources sont déjà rares il faudra s’arranger entre nous. Déjà q’on ne peut plus parler à un fonctionnaire on nous dit que tout est sur internet, à nous de nous débrouiller. Au moins autrefois on se gardait une petite gêne et quand on voyait une tête blanche on s’empressait de lui porter assistance. Aujourd’hui on ne te voit pas. Tu déranges.

    C’est triste, même nos enfants qui pourtant nous aime, on n’ose pas les déranger on se rend bien compte que leur vie est remplie d’obligations et qu’ils vivent à la vitesse grand V. Oui, la vieillesse est tabou. Mais je suis certaine qu’on pourrait être encore utile si seulement on nous incluait dans la société. Le jeunes qui se disent  »inclusifs » ont oublié les vieux dans leur mouvement d’inclusion. J’essaie de rester optimiste et de me rendre utile lorsque je le peux.
    Mais des fois le regard de la société sur les vieux ça peut devenir lourd.

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