La passion de vivre

La passion de vivre. Cette passion  qui nous consume afin de poursuivre la vie malgré les curieux hasards de la nature. Pourquoi se soumettre avec souffrance aux traitements pour le cancer, si ce n’est que pour prolonger cette vie et en bannir la souffrance ? Pourquoi se bat-on pour vivre quand il nous manque les deux mains et les deux jambes ?  Pourquoi se colletailler avec la vie quand les maux du corps nous diminuent ;  quand les souvenirs disparaissent peu à peu  ;  quand quelques maladies dégénératives  limitent les mouvements du vieux qui s’exclame malgré tout que la vie est belle ?  Pourquoi attendre que la mort ne survienne avec sa faucille pour mettre fin à cette panoplie de blessures de la vie ? Pourquoi le suicide n’est-il pas une avenue choisie par la majorité ? Parce qu’il existe une indescriptible passion de vivre.  Un instinct qui nous colle à la carcasse,

Je me souviens de cette jeune fille qui ne faisait que rire avec sa bouche toute croche. Cet alcoolique et drogué qui parcourait les rues pour un gite, une bouffe ou une « puff » de plus, qui gelait les nuits d’hiver pour supporter son itinérance. Pourquoi vivre dans ces conditions ? Sinon une certaine passion qui surgit au fond de soi-même comme au fond d’un volcan prêt à exploser.

Et tous ces réfugiés qui vivent sans manger dans des conditions inhumaines. Ils sont des millions sur cette planète. Quand l’être humain est couché sur un grabat tordu sous les souffrances les plus atroces, pourquoi crie-t-il de lui  sauver la vie. Pourquoi ces millions d’indigents font-ils malgré tout des enfants pour donner la vie ?  Pour que l’humanité continue d’exister. N’est-ce pas la passion pour la vie ? La suite des choses.

Cet instinct enfoui au plus profond de notre être nous hurle de durer. Et pourtant,  il y a ce désespéré qui n’entend pas  ce cri. Il ne croit plus en la vie et souhaite en finir. Pour celui pour qui le suicide est la seule porte de sortie, qu’il soit croyant ou pas, qu’il y ait une suite ou pas ?  Pourquoi la passion a-t-elle fui  son âme et  son corps ? Le suicide assisté ou autre  façon de faire font émerger en nous toute une réflexion, un débat sur l’euthanasie, sur la mort médicalement provoquée et les soins de fin de vie. Pourquoi ne pas  choisir dignement de partir quand bon nous semble ?  Et la passion ! Cet instinct de vivre dont je parle depuis le début de ce texte, où niche-t-il ?

Je suis sidéré par cette volonté de vivre d’un côté et le désir d’en finir maintenant de l’autre.  D’un  côté, on veut vivre malgré la souffrance et de l’autre la souffrance justifie d’y mettre fin.  J’ai de la compassion pour les deux êtres opposés.  Pourquoi l’un est-il habité par une passion de vivre pendant que l’autre réclame à grand cri de mettre fin à ses souffrances, même dans la dignité ?

Vivre, donner la vie, recevoir des attentions nourrissent toutes les races de la  planète. La vie coule autour du globe comme un ruisseau, une rivière à laquelle tous peuvent s’abreuver.  Facile à écrire. Il y a l’autre, assoiffé, qui s’éloigne de la mare d’eau. Aucun désir d’y tremper ses lèvres, un seul souhait…en finir ! Pourquoi la passion de vivre, l’a-t-elle quitté ? Pourquoi?

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Une réflexion au sujet de « La passion de vivre »

  1. Bonjour M.
    Je me demande moi même souvent à quoi je sers, et les journées ou il ne fait pas beau , je n’ai plus le goût de vivre ,mais dès que le soleil apparaît …alors là …comme vous dites l,Instinct de vie reprend le dessus , je fais des petits changement dans mon décors j’y vais selon mon modeste budget.
    Mais je ne vous ai pas raconté mon expérience d’avoir ¨visité la mort ou…elle m’a visité ¨c’est comme vous le voulez.
    Au mois d’avril 2013 je fais une pneumonie j’ai des antibiotiques à prendre ,….ils ne font pas effet ,j’en prend une autre sorte et en moins de 5 minutes je viens la tête et les mains en feu je vais vite à mon lit ….et plus rien je suis dans le coma heureusement j’ai quelqu’un avec moi et qui n’a pas les deux doigts dans le nez , il se rend vite chez un voisin de palier qui est un ex ambulancier , il me fait une réanimation cardiaque , les ambulanciers arrivent je suis encore partit ils me réaniment encore mon pouls est très très faible , à l’hôpital c’est le gros branle bas on fait tout ce qu’il faut pour me réanimer une autre fois .
    Quand enfin je reprend conscience je réalise que je suis à l’hôpital et mes enfants sont là .
    Et une infirmière me dit , vous avez un bon ange gardien , vous étiez rendu loin.

    Ma réaction à cet aventure c’est …pourquoi on m’a pas laissé aller j’étais si bien …
    il faut le vivre pour le croire .
    Merci pour votre blog j’ai 78 ans et j’ai tellement de mal dans les os .
    C’est bien de pouvoir s’exprimer merci .
    Watami

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