Quel sort est réservé aux vieux dans les résidences pour les aînés ?

Alors que les différentes associations et certains spécialistes proclament que les vieux devraient vivre au milieu de la société en présence des enfants. Ce sont les mêmes qui préconisent les maisons bi-générationnelles.

Et pourtant un sondage de la firme Léger rapporte que 94% des personnes âgées se disent satisfaites de leur résidence pour personnes âgées et 91 la recommanderaient à un ami. Il s’agit évidemment des résidences pour aînées qu’on appelle les RPA.

Pour soutenir l’affirmation du début et les statistiques mentionnées dans ce texte, les séniors préfèrent se regrouper entre eux sans les enfants, se payer des logis fort onéreux et se visiter.

Vous souvenez-vous de cette émission d’Enquête diffusée par Radio-Canada où un grand nombre de résidents se plaignaient du service désastreux qu’ils recevaient dans ces résidences sans compter des augmentations de prix fréquents. Plusieurs autres sources ont ajouté leur malaise comparant l’attitude tellement restrictive et sanitaire des administrateurs durant la pandémie. Confinés pendant une si longue période dans des appartements souvent petits, ils se seraient crus dans une prison, ont-ils clamé.

Bien sûr qu’il doit s’agir d’une minorité quand l’énumération de la haute satisfaction que je viens de citer plus haut est aux antipodes.

Ce n’est pas que la minorité des résidents qui est heureuse puisque pas moins de 150 000 personnes âgées ont fait le choix d’y vivre. Selon les statistiques de 2018, on retrouve 10% des résidents chez les 75 à 84 ans et 30% chez les 85 ans et plus. Imaginez ce que ces statistiques représenteraient aujourd’hui. Pour combler la demande au cours de la prochaine décennie, plus de 5500 unités en RPA devront être construites annuellement.

Au Québec, on ne compte pas moins de 1700 résidences privées qui recèlent 133,000 logis.

Pour que les propriétaires investissent autant dans la construction de résidences, il faut qu’un profit généreux soit à portée de main. Toujours en 2018, ils ont investi près de trois milliards de dollars avec 70 projets en cours de construction et dépensé plus de deux milliards de dollars en bien et services. Ils emploient 42,300 personnes. Toute une industrie.

Les RPA ont certes un excellent lobby auprès du gouvernement pour réclamer des subventions généreuses. Pour stimuler les ventes, ils demandent d’accroître les crédits pour le maintien à domicile que le gouvernement attribue aux vieux. Ils reçoivent aussi une aide pour combler une partie de l’écart entre le salaire des préposés aux résidents des RPA et celui des préposés aux bénéficiaires du réseau public. Sans oublier qu’ils réclament aussi du gouvernement une subvention pour amplifier les loyers sans hausses pour les résidents..

Imaginez une telle industrie qui génère de tels profits au dépens de nos vieux sollicite l’aide gouvernementale en plus. Ici, on parle de capitalisme. Pourtant, elle constitue un véritable moteur économique incapable de subvenir à ses besoins. Voici leurs doléances dans leurs propres mots.

« Les arguments qu’ils avancent sont que la viabilité des RPA serait mise à mal, au niveau des opérations, particulièrement au chapitre de la prestation de services. Et que la pérennité même du modèle d’hébergement privé pour aînés, qui joue un rôle fondamental dans le continuum d’hébergement de soins aux aînés du Québec connaîtrait des difficultés. »

« De 2016 à 2018, les revenus globaux des RPA ont augmenté d’environ 4,8 % par an, alors que les dépenses ont augmenté de 8,6 % par an, argumentent-ils. Les baux et surtout l’encadrement relatif à la fixation des loyers ne sont pas adaptés à la réalité des RPA. »

Ils frappent sur le clou par l’affirmation suivante. «Si l’industrie des RPA devenait incapable de répondre à la demande des aînés qui souhaitent y résider, cela créerait un vide dans l’hébergement et les soins destinés à cette part importante de la population, vide qui devra être comblé par l’État, donc collectivement et à grands frais. »

« Le modèle économique de l’industrie recèle un problème fondamental : il est devenu plus payant de développer que de gérer une résidence pour aînés. C’est une situation intenable à long terme. »

Ma conclusion. Quel sort est réservé aux habitants des nombreuses résidences destinées aux vieux (mot de la langue française si décrié, mais que je dorlote) si les propriétaires haussent leur tarification pour combler les profits attendus parce que le gouvernement n’abreuve pas leur cagnotte ?

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