Combien faut-il payer les bénévoles ?

Je connais des citoyens qui font de nombreuses heures de bénévolat gratuit par semaine en plus de leurs heures de travail régulier à 20$30$ 40$ l’heure. Il y a aussi les vieux retraités. Ils sont nombreux. Le bénévolat c’est l’art de rendre service, de prendre soin sans réclamer d’arrhes.  La générosité colore le bénévolat, donne au geste une grande noblesse et confère au don de soi une vertu humanitaire. Aider mon voisin gratuitement à réparer sa maison est digne de grande fraternité, pourtant un syndicaliste décrivait cela comme du « cheap labour ».

Quand le premier ministre réclamait aux médecins spécialistes une aide de bras à l’intention des CHSLD  pour une « urgence humanitaire », avec une émotion presque désespérée, une cohorte de 2000 médecins spécialistes sur 10,000 levait la main.

Était-ce là un geste généreux et de compassion  de la part d’une caste privilégiée ? Ou l’occasion, financièrement, de combler un manque à gagner.  D’une part, c’est à leur honneur. D’autre part, un sentiment de mesquinerie.

C’était sans compter sur la partie syndicale de la Dre Diane Francoeur qui est apparue avec une négociation de 211$ l’heure. 2532$ pour 12 heures. Et une prime de 20% pour la nuit.

Haro sur le baudet ! L’opinion populaire et des infirmières s’éleva avec une grogne au désavantage des spécialistes. Eux qui terminent une campagne de promotion de plusieurs millions pour démontrer leur compassion à l’égard de leurs patients.  Une curieuse philosophie de bénévolat humanitaire pour une caste aisée.

Plusieurs entrefilets dans les nouvelles, quelques témoignages de spécialistes laissaient entrevoir qu’ils avaient levé la main pour rendre service sans retour monétaire, simplement pour répondre à l’invitation du premier ministre;  un geste de bénévolat qui répond avec noblesse à  une urgence humanitaire. Si cela est le cas. Car souligne-t-on que de nombreux spécialistes étaient gênés d’accepter toutes formes de rémunération.

Le premier ministre a souligné que la Dre Diane Francoeur avait accepté de discuter de l’aspect rémunération à la fin de la pandémie, que c’était maintenant l’heure de l’action. Souhaitons que le don de soi soit à l’ordre du jour.

Pour l’instant, la syndicaliste a été affectée pour un jour à l’Institut de gériatrie de Montréal où elle avoue avoir tout fait, y inclut le changement de couche. Voilà un bel exemple de sa part.

Voilà le bénévolat qu’attendait le premier ministre Legault en clamant l’urgence humanitaire.

La génération de ceux qui meurent dans les CHSLD est celle qui a bâti les Universités et payé le cursus universitaire des spécialistes. Il en coûte 500,000 $ à l’État pour la formation de chaque étudiant doué.  Le système de rémunération leur permet de se situer parmi les mieux nantis de la société. Un coup de pouce à cette génération est drôlement apprécié.

Je fais partie de cette  génération vulnérable vouée à un confinement total. Bénévole moi-même, j’en côtoie  plusieurs en temps normal. Il est un fait que les vieux font partie de la cohorte de ceux qui contribue par leur temps et leur expérience à maints organismes. Que ce soit la charité et le développement social de Centraide, que ce soit un comité municipal comme l’urbanisme ou un conseil d’administration, que ce soi un comptoir alimentaire comme Moissons ou encore une activité venant en aide aux sans-abri, La popote volante et le Centre de bénévolat, voilà autant d’œuvres qui permettent à la société d’être ce qu’elle est, compatissante généreuse et  résiliente.

Et nous verrons car j’aimerais y ajouter ces spécialistes en lesquels j’ai crû.

 

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