À quoi ça sert un vieux !

On raconte qu’un vieux qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. C’est une vie de connaissances, d’expériences, de réflexions et d’émotions qui se consume.  Il ne restera que les braises de tant d’années de succès, d’échecs, de joies, de peines, de réalisations et de rêves.  De ce savoir précieux sur les aspirations sociales et les comportements complexes des individus s’édifiera beaucoup de souvenirs parfois nostalgiques.  Que dire du gros bon sens qui accompagne la sagesse qui vient avec l’âge.

Bien sûr, je prêche pour ma paroisse. On dit qu’on est vieux quand on a les réponses aux questions, mais que personne ne nous pose de questions. Quelle belle image! On atteint un âge où on a le devoir de transmettre ce que nous avons appris. Les grandes valeurs qui ont traversé les siècles comme la générosité, la loyauté, la compassion, la spiritualité, le bonheur et l’amour  ne méritent-elles pas de se transmettre et d’être happées par de plus jeunes oreilles. Si oreilles, il y a.

Ça sert à ça les vieux

Depuis l’antiquité, l’Homme a connu les joies, les peines, les colères, l’amitié, l’amour, l’honnêteté, la jalousie, les succès, les échecs, l’ambition,  l’affection.  Les vieux ont bien connu ces grandes valeurs et ces vertus. Et les jeunes ont soif de ces vertus. Comme il y a des siècles ! Rien de nouveau sous le ciel ! Les seniors peuvent inspirer les comportements et leur noblesse. Ils en sont des experts, des diplômés de l’Université de la vie.

Ça sert à ça aussi les vieux !

Encore aujourd’hui, sur la planète, de nombreuses civilisations accordent beaucoup d’importance  à l’avis des vieux. On les consulte. On respecte leur savoir acquis au cours des nombreuses années d’une vie. On ne peut effacer l’expertise de tant d’années. Sinon à quoi sert une vie entière s’il ne reste rien à transmettre. Nous avons tant appris. Ce ne peut pas être que du radotage.  Il y a plus.

Quand  les vieux atteignent l’âge de ne plus décider, que le flambeau revient aux générations qui suivent,  les vieux peuvent conseiller, peuvent écouter et transmettre leurs connaissances sur la nature humaine et le comportement complexe et social des individus. Ce qu’on appelle la sagesse !

Ça sert à ça aussi les vieux !

Combien de fois n’ai-je entendu que les vieux sont déphasés !  Combien de fois n’ai-je entendu de laisser la place aux idées des plus jeunes ? Bien sûr, ce serait l’idéal s’il y avait des idées intergénérationnelles.  Un idéal à atteindre.

Que l’histoire ne fasse plus partie du bagage de la jeunesse, c’est un drame.

Savoir son passé et son identité n’est-ce pas primordiale ?  Pour faire sa route sur le chemin du futur, il faut bien remplir sa valise.

Ils se créent beaucoup de nouvelles tendances, de nouvelles modes, dictées par des gourous qui deviennent de plus en plus interplanétaires, que ce soit Google et autres. Pour un vieux, la communication superficielle, artificielle et numérique fait oublier les véritables vertus de l’âme et du cœur.  Tout change si vite  que les générations existent de moins en moins ou sont plus courtes.  L’Homme a besoin de temps pour assimiler les changements et modifier son comportement.

L’Homme est toujours le même depuis des siècles et n’a jamais changé depuis l’Antiquité, seulement son environnement.  C’était mieux dans mon temps !  N’est-ce pas toujours la même ritournelle familière qui se radote de siècle en siècle, surtout quand elle vient d’un p’tit vieux.  Il suffit de lire les textes anciens pour réaliser que la même histoire se prolonge.

À 65 ans une année charnière, démarre la vieillesse. Il reste 10, 20, 30 à vivre. Il y a de plus en plus de centenaires. C’est une longue période qu’il reste à vivre. C’est le troisième âge, le troisième tiers de la vie. Les vieux sont en général en meilleure santé. Et le nombre va en grandissant.

C’est peut-être d’une identité qu’ont besoin les vieux. Une valorisation. D’un rôle à assumer comme celui d’une longue génération de mentors ! Pourquoi pas d’une génération de sages. De reconnaître le savoir d’une longue vie. La mission de transmettre ce savoir. De jouer un rôle productif à ce chapitre. La valorisation de ce même rôle.  Déjà plusieurs consacrent leur temps à faire un bénévolat utile et nécessaire.

Faut-il  reléguer les vieux à la génération des loisirs  comme se bercer sur le balcon, à garder les petits enfants, à jouer à la pétanque, au golf, aux cartes, à voyager, à lire, à attendre la visite mensuelle des enfants?

En terminant, à quoi servent les vieux ? Ou à quoi pourraient servir les vieux ?  Il suffit d’y répondre honnêtement, sinon mon propos est une utopie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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