« Un air de famille », une émission qui a un air de famille.

Quelle belle initiative que cette nouvelle série télévisuelle « Un air de famille » !  Le cœur gonflé de plaisir, ma fierté devant les talents naturels des gens de mon pays a donné des lettres de créance aux grandes valeurs de la famille.

 Des anonymes issus de tous les coins les plus discrets des villes et villages du Québec et des environs, sans aucun attrait de prix monnayables, seulement la fierté, ont démontré les limites sans fin de projets familiaux.  J’ai toujours su que nous regorgions de talents.  Qu’en famille, on s’époumone encore à chanter la belle chanson.  Une participante lauréate a même lancé :  « je viens de retrouver ma dignité. »

Vous tous de ma génération !  Vous vous se souvenez de l’émission culte «La soirée canadienne » présentée à la station de Sherbrooke pendant 23 ans de 1960 à 1983, mais rayonnant sur toute la province.  Animée avec entrain et empathie par Louis Bilodeau, devenu inoubliable.  Chaque semaine, villes et villages de toute la province s’y présentaient sous leurs plus beaux attraits.  Artistes et artisans savouraient leur minute de gloire.  Les familles dansaient et giguaient.  La disparition de cette émission a creusé un vide.  « La petite séduction » avec un concept différent en a comblé une partie.

Combien de fois, j’ai été émerveillé d’y entendre des voix envoûtantes, parfois éraillées, et d’y découvrir plein de virtuoses dignes des grands de ce monde, sans ambition de carrières professionnelles.  La fibre du vedettariat n’a pas détourné le statut de simples artistes.  Localement, leur savoir-faire, leur art et leur virtuosité ont contribué et contribuent toujours à la joie de leurs communautés.  Danseurs, sculpteurs, chanteurs, peintres, conteurs, violoneux, grands cuisiniers et abeilles de la haute couture :  ils ont existé et existent encore.  Seule la télévision peut dépeindre cette image de nous.  Encore faut-il qu’elle le fasse !  Des émissions comme « La petite séduction » et « Un air de famille » peuvent atteindre cet objectif.  J’ai aussi souvenance de ces politiciens en région qui étaient des orateurs sachant manipuler le verbe et l’éloquence comme un art.

À l’époque, c’est autour du piano que les familles du Québec se regroupaient pour chanter « La bonne chanson » :  l’œuvre de l’Abbé Charles-Émile Gadbois à partir de 1930.  Les plus vieux se rappelleront de ce répertoire ; Vive la Canadienne ; Le temps des cerises ; Les feuilles mortes ; Les roses blanches ; Partons la mer est belle ; Maitre Pierre ; Ah, si mon moine voulait danser ; Sur la route de Berthier ; Le p’tit cordonnier et Le p’tit avocat, Le rêve passe ; etc.  Qui ne fredonne pas encore ces chansons ?  Les familles regorgeaient d’enfants.  Les chorales pullulaient de voix et donnaient moult concerts sans négliger l’apport aux chants d’Église.  À défaut de pianiste dans la famille, le piano mécanique, si bien raconté par Claude Léveillée, devenait l’orchestre manœuvré par des rouleaux de papier perforé.

Remettre à l’ordre du jour une émission du gabarit de « Un air de famille » est une idée géniale, surtout avoir apprécié les 27 premières familles. En souhaitant que le télédiffuseur lui donne une autre vie de 23 ans.

 

 

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