La nostalgie, ce n’est pas de la tristesse.

Les décorations de Noël commencent à faire partie de notre décor. Ainsi que les chansons de circonstances. Déjà la plupart d’entre nous pensent aux festivités qui s’approchent. Tant de souvenirs agréables de Noëls refont surface et nourrissent une nostalgie pleine de joie qui pavoisera cette période.  Beaucoup de spectacles de Noël affichent déjà « complet ». Pour d’autres, une tristesse mélancolique  les emplit à cause des arrière-goûts  désagréables ou la solitude traditionnelle qui les accable. 

On accole trop souvent la nostalgie à la tristesse, je lui fais plutôt flirter le mot souvenir.  Car la tristesse se marie davantage au mot mélancolie. La nostalgie c’est le mal du pays de l’enfance et de la jeunesse dont on sent de plus en plus l’exil.  Ce sont surtout des souvenirs joyeux. C’est la tarte à la ferlouche de grand-maman. Quel grand moment nostalgique!  Le jour d’un grand mariage réussi. Un pays visité en amoureux.  Les mauvais coups d’une bande de gamins dont on faisait partie. Le parfum voluptueux que sa bien-aimée préfère depuis toujours.  Une partie de pêche foisonnante avec son père.  Un amour passionnel.  Quel merveilleux véhicule que la mémoire!

Voilà la nostalgie, une panoplie de souvenirs qui nous trotte dans la tête avec un plaisir renouvelé et réconfortant.  Il y a de ces instants qui  marquent notre vie à tout jamais. Souvent, un souvenir accompagné d’une émotion.

Qui ne se souvient pas de ce premier « slow », dansé joue contre joue, en écoutant les Platters avec la célèbre chanson Only You. (1957).Quand nous l’entendons encore aujourd’hui, le souvenir de ce moment nous revient en mémoire. Et que dire de Smoke gets in your eyes, The great pretender, My prayer. Comme quoi, la musique et les paroles contribuent à la nostalgie. Mais il a aussi les événements de la vie quotidienne comme ce qui suit :

Quand mon ami Marcel entend un petit avion voler dans le ciel, ses yeux le cherchent pour le voir.  Maints souvenirs surgissent pour lui rappeler cette période de sa vie où il a appris à piloter un petit avion.  Que de belles randonnées surtout durant les couleurs de l’automne ! Le souvenir de la sensation de plénitude qui immergeait chaque fois ! La fierté de réaliser un tel rêve ! Nostalgie !

Il suffit qu’elle visionne  à la télé ou dans les magazines des paysages sous- marins multicolores, Nathalie a souvenance aussitôt de cette période où la plongée sous-marine occupait ses loisirs et ses voyages. La panoplie de coraux et de poissons aux mille couleurs se déroulait à portée de mains dans un monde de silence.  Nostalgie.

Quand le cinéma situe l’histoire dans des pays exotiques et éloignés, la période de globe trotteur  de mon cousin Mario refait surface. Tant de savoir autochtone, de rencontres fortuites et de moments exceptionnels lui trottent fidèlement dans la tête, me confie-t-il. Nostalgie.

Quand un voilier strie l’écran de la télé pour représenter le rêve, je me concentre sur l’image pour revivre tant de  moments emballants. Car j’ai navigué durant 8 ans à bord de mon voilier. Un  rêve et une aventure exceptionnels. Nostalgie.

Pendant 14 ans, j’ai été l’éditeur, le fondateur et le propriétaire de deux hebdomadaires. J’y revois constamment toutes les prouesses d’entrepreneur nécessaires à son évolution. Je repense à tous ces employés fidèles que j’ai tant aimés. Et à tous les contacts amicaux et d’affaires. C’était la période où une poignée de main tenait lieu de contrat et d’implications communautaires et sociales. Une période charnière. Une réalisation mémorable. Nostalgie.

La vie familiale et la carrière sont parsemées d’intenses événements heureux dont la souvenance remplit la tête et le cœur nourrissant  la nostalgie.

Ah! Nostalgie quand tu t’insères dans nos veines, la joie se manifeste.

Pourquoi tant de compilations de chansons passées connaissent-elles un tel succès ?

Pourquoi le spectacle Francostalgie, qui présentera 65 chansons de 1965 à 1995, une narration anecdotique et nostalgique de Michel Drucker et une tournée du Québec à compter du 15 novembre,  connait-il  déjà un si grand succès pour  la vente des billets. Un  spectacle qui générera une tournée européenne, car là-bas aussi la chanson entretient la nostalgie.

Pourquoi le méga spectacle annuel La Tournée des idoles revient-il à Québec? D’année en année, cette revue grandit énormément.  Le Centre Vidéotron sera l’hôte de ce rendez-vous unique, le 25 mai 2019, à 13h30 et 19h30. Pendant plus de 2 heures, les heureux détenteurs de billets pourront chanter et même danser sur les grands succès de : Gérard Lenorman, Plastic Bertrand, Patsy Gallant, Sheila, Michèle Richard, Michel Stax, Claude Valade, Claude Barzotti et Enrico Macias. Sans compter Michel Louvain.

Plusieurs groupes musicaux formaient le paysage musical dans les années 60. C’est ainsi que seront présents Pierre Harvey qui rend hommage au groupe de son père Les Gendarmes, Gilles Girard des Classels, Eddie Roy des Bel Airs, Simon Brouillard des Lutins et André Fortin des Bel Canto. Encore une fois, la nostalgie règne.  Ils sont tellement nombreux qui y succombent.

Les grandes et belles chansons ne vieillissent pas, ne se démodent pas et ne meurent pas. Elles deviennent des classiques. Comment reléguer aux oubliettes les chansons de Gilbert Bécaud et Charles Aznavour, les interprétations des Compagnons de la Chanson, d’Édith Piaf, d’Yves Montand, de Barbara ou de Léo Ferré, de Nana Mouskouri et Michel Legrand, Luis Mariano. Et que dire de Félix Leclerc, Vigneault, Ferland, Léveillée, André Gagnon, Beau dommage. Ajoutons les Sinatra, Bennet, Streisand et Glen Millet. Ce qui a été beau demeure beau. Qu’une belle nostalgie et de joyeux souvenirs en émanent.

Pourquoi la musique classique demeure-t-elle toujours vivante ?  Les chefs-d’œuvre survivent. Comme les grands peintres.

La nostalgie est devenu une industrie.

Ce portrait est loin d’être complet. Pour traiter ce qui précède de vieux jeu, de quétaine, il faut être jeune et sans un passé. On dit qu’à partir de trente ans seulement, la nostalgie entre en scène avec les souvenirs.

Ignorer tous ces souvenirs, c’est effacer un grand pan de sa vie.  C’est pourquoi plus on avance en âge, plus les années s’additionnent  et plus les souvenirs augmentent. La nostalgie, c’est, entr’autre, le privilège des vieux. Il ne faut pas se surprendre que les vieux aiment tant raconter des souvenirs.

Curieusement, la nostalgie  exhale des souvenirs heureux. La mélancolie se complait surtout dans les souvenirs malheureux ou sans joie provoquant la tristesse. Heureusement, le temps souvent dédramatise certains événements.

Joyeux Noël.

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Une réflexion au sujet de « La nostalgie, ce n’est pas de la tristesse. »

  1. 100% D’accord avec toi mais c’et tellement bien de s’en souvenir (nostalgie) …

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