L’intimidation et la terreur dans nos murs.

« Nous ferons en sorte que le peuple américain ait peur tous les jours sur son territoire ». Je me souviens de cette déclaration de Ben Laden après la destruction des deux tours du World Trade Center, le fameux 11 septembre.

Voilà une menace terroriste non voilée. Un avertissement flagrant pour semer la peur. Quelle différence y a-t-il avec la menace voilée venant d’une personne de son entourage ? Car il  n’y a pas que les terroristes internationaux qui sèment la peur ? Que ce soit le terrorisme mondial ou la simple intimidation scolaire, les deux ont un objectif commun soit répandre la peur. Ce jeune homosexuel et cette jeune fille grasse font les frais de ce comportement à l’école.  Et ce marchand qui reçoit la visite d’un membre de la mafia qui lui réclame un dédommagement en retour d’une pseudo-protection, intimidation qui engendre la crainte de sévices psychologiques, de blessures corporelles et de destructions de ses biens.  Tous les jours, dans toutes les sphères d’activité, l’intimidation règne en maitre. Même des professeurs, même des parents l’utilisent envers leurs enfants. Nous sommes face à une discrimination menaçante, agaçante soient des insultes, des abus verbaux et une manipulation émotionnelle, des propositions obscènes, un blocage d’agir, etc.

Jasmin Roy a créé une fondation pour sensibiliser la jeunesse à ce fléau dont la frayeur provoque bien souvent une baisse de l’égo. Comme si les jeunes en étaient les seules victimes. À quoi servent toutes ces actions positives de sensibilisation quand les adultes adoptent ce comportement violent.  Comme si la domination passait par la hantise et que la rumeur puisse devenir une arme puissante et dévalorisante. Il suffit de penser à la cyber intimidation qui se transforme en un fléau de jour en jour.

Depuis ma tendre jeunesse, je constate l’importance de la politique de la peur comme moyen de persuasion, comme si la menace et la terreur surgissaient des gènes de l’être humain. Quand des terroristes ont l’audace de décapiter des otages publiquement pour propager l’instauration d’un nouvel ordre mondial islamique, ce ne sont plus des soldats d’Allah et de Dieu, mais des voyous de la pire espèce : comme tous les intimidateurs de ce monde même chez les jeunes.

Il s’agit même d’une stratégie de négociation utilisée par de nombreux syndicats. C’est en semant la peur qu’on amorce des pourparlers en vue d’une convention collective. Une manifestions de force dira-t-on, pour maintenir un équilibre, un rapport de force. J’avoue que les débuts du syndicalisme se sont forgés en défiant l’intimidation des patrons et des autorités. Même les policiers ont matraqué les grévistes. Quand aujourd’hui le syndicalisme  utilise ces armes à leur tour, c’est le monde à l’envers.

Que des adultes s’adonnent ouvertement au vandalisme et à l’intimidation à l’Hôtel de Ville de Montréal, nous avons affaire à des vauriens qui donnent le mauvais exemple à la jeunesse. Impossible de croire que tous les policiers et pompiers de nos villes soient des délinquants débiles. Il s’agit évidemment d’un petit noyau. Faut-il croire que l’intimidation règne en maître dans leurs rangs pour que la majorité ne dénonce pas ces entorses à la loi, à l’ordre et au respect humain. Nous nous serions attendus à cela de la part des officiers de l’ordre public. La terreur c’est du terrorisme, de l’intimidation en toutes circonstances. C’est d’ailleurs de cette façon qu’ils ont obtenu des conventions collectives dorées face aux élus municipaux apeurés, qu’ils ont négocié des avantages sociaux démesurés.

Qu’on détruise le bien public et leurs véhicules de service, qu’on retarde l’urgence des incendies, qu’on refuse de punir ceux qui font fi des lois en ne remettant pas les contraventions, ce ne sont pas là des actes responsables de personnes en autorité qui méritent le respect. Voilà des façons de semer la terreur et de prendre en otages « les mauvais patrons » qu’ils appellent ainsi, ceux-là même qui furent élus par la population. Qu’enseignent à la maison, ces voyous à leurs propres enfants ? Je n’ose croire que nous sommes protégés par des voyous, des intimidateurs, des terroristes.  Comme faisait et disait Ben Laden, qui annonçait à l’avance le climat de terreur aux États-Unis, on nous annonce un automne de confrontation. La peur à l’ordre du jour.

 

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2 réflexions au sujet de « L’intimidation et la terreur dans nos murs. »

  1. ce que vous évoquez se trouve analysé sous toutes les coutures dans les écrits d’Henri Laborit. C’est ce qu’il nomme la hiérarchie de la dominance. L’un de ses livres « la légende des comportements » fait le tour de l’ensemble du sujet. D’autres écrits comme « l’homme et la ville » permettent de fouiller le sujet plus à fond. La bibliographie de Laborit sur les comportements est très dense. C’est tout un domaine à explorer et qui prend un certain temps.

    Bonne journée

  2. Je crois qu’aujourd’hui beaucoup ont baissé les bras. Tout le monde fait sa petite affaire en se fermant les yeux sur ce qui se passe autour de soi, On ne veut pas de problème. La devise de bien des gens (je l’ai entendu souvent) « Je ne vois rien, j’entends rien et je ne dis rien ».

    J’entendais à une émission radiophonique que le maire Coderre était content : il avait fait sa job de licencier les pompiers et les invités à l’émission radiophonique clamaient qu’ils seraient réembauchés lorsqu’ils feraient appel et tous étaient d’accord sur ce fait. On ne punit plus, on ment, on vole, on argumente en croyant détenir la vérité.

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