Le 18 mai 2026
Mes jeunes années courent dans la montagne
Courent dans les sentiers pleins d’oiseaux et de fleurs
Et les Pyrénées chantent au vent d’Espagne
Chantent la mélodie qui berça mon cœur
Chantent les souvenirs, chantent ma tendre enfance
Chantent tous les beaux jours à jamais finis
Et comme les bergers des montagnes de France
Chantent le ciel léger de mon beau pays
Une chanson de Charles Trenet
chantée par les Compagnons de la Chanson.
J’ai 84 ans. J’ai peu d’années à vivre. Mais j’ai tant d’années à avoir vécu de belles choses. Les souvenirs font immanquablement partie des grands moments de ces années. La nostalgie s’insurge toujours dans le rappel des réussites qui m’ont fait grandir. Les défaites s’amenuisent à contrario à constituer la grande part des oublis.
Les moments où les cellules de mon cerveau occupent mes pensées à entretenir ces souvenirs nostalgiques sont bénis entre tous. C’est un grand avantage de la vieillesse que de pouvoir ouvrir les couvercles des multiples bagages qui recèlent les milliers d’événements qui ont fait l’homme que je suis.
J’avais 10 ans quand j’ai entonné plusieurs rengaines d’entre elles. À 15 ans, à 20 ans, les autres chansons. Incroyable ! Il y a maintenant 65 ans que je n’ai point chanté certaines ritournelles, certains cantiques et certaines chansons à boire. Les paroles suintent ma langue avec encore pleines d’acuités.
Quand j’entonne une rengaine de cette époque avec certains vieux amis, ils se joignent à moi avec autant de plaisirs. Des sourires, des rires, de l’entrain ont toujours émergé lors des soirées familiales quand on a chanté en chœur ces mélodies.
« Mes jeunes années » ! Quelle belle chanson de Charles Trenet, qui a composé un immense répertoire de chansons joyeuses ! Quand on entend ces 3 mots dans le titre, soit Mes belles années avec la si belle mélodie qui les accompagne, on s’empresse d’ajouter les mots suivants, soit « courent dans la montagne, courent dans les sentiers pleins d’oiseaux et de fleurs. »
En fait, les moins des 50 ans ne la connaissent pas. Mais les plus vieux comme moi, oui ! Elle a fait le triomphe de la chansonnette française, il y a 50 ans. J’en ai profité pour écrire sous le titre de ce texte le premier couplet au complet afin que les plus âgés puissent continuer à la fredonner. À part Charles Trenet, elle a été reprise par les Compagnons de la chanson.
Il est impossible de négliger le triomphe international remporté par la chanson « La Mer », interprétée et composée par Charles Trenet, ainsi que par la chanson « Que restera-t-il de nos amours ».
Voici une sélection de titres de chansons des décennies 1940, 1950 et début 1960 : je suis sûr que vous les connaissez toutes et que vous les aimez autant aujourd’hui que vous les avez déjà aimés.
Il suffit de chanter les sons mélodieux d’un air de ces années si lointaines, comme la chanson thème de l’émission de radio Les Joyeux Troubadours qui s’appelle « Le Chant du Réveil rural » pour susciter l’entrain de toutes les personnes présentes.
Pour maintenir le même rythme en frappant sur la table, on enchaîne « Si tous les gars du monde » popularisé par Les Compagnons de la Chanson. Vous gardez assurément en mémoire Ray Ventura et ses Collégiens qui nous entrainaient avec « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux » et « Tout va très bien, Madame la marquise, tout va très bien ». Je suis sûr que je viens d’éveiller de beaux moments.
Je ne peux passer outre les multiples chansons à boire si enthousiasmantes, comme la reine d’entre toutes « Chevalier de la Table ronde, allons voir si le vin est bon’ et « Ah ! le p’tit vin blanc ».
« Partons la Mer est Belle », quelle belle balade pour faire de nous des marins ! « Sur la Route de Berthier » nous a toujours donné le rythme lors de nos longues marches sur les routes et les sentiers !
Vous vous souvenez d’Allan Mills, qui interprétait « Ah si mon moine voulait danser? » Et de Carmen Campagne qui a popularisé « J’ai tant dansé ». Saviez-vous que Nana Mouskouri a endisqué « Un canadien errant », cette ritournelle de 1887 et la chanson traditionnelle de « Vla l’bon vent », tout comme Guy Béart,
On ne doit pas oublier Tino Rossi, qui a marqué lui aussi cette époque avec sa voix unique (sic) qui a ressemblé à celle de Paolo Noël (ou vice-versa) grâce à la mélodie « Cerisiers roses et pommiers blancs ».
Oh la grande voix de Luis Mariano nous a emballés avec tant de succès comme « Mexico », « Rossignol » et surtout « Maman, tu es la plus belle du monde, » « C’est magnifique ». C’était l’époque des grandes opérettes. Georges Guétary a claironné « Cet anneau d’or » repris si souvent lors des mariages et « Domino » et » « Boléro’ qui ont séjourné à la tête de tous les palmarès.
Combien de fois n’avons-nous pas entonné ou fredonné ces chansons traditionnelles, comme « C’est l’aviron qui nous mène, » « Il était un petit navire, « Il pleut bergère, rentre vite tes moutons », « J’ai du bon tabac dans ma tabatière » (traditionnelle de 1733).
Notre chansonnier québécois Félix Leclerc a charmé la France avec « C’était un ptit bonheur » « Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé » « Notre sentier » et « L’hymne au printemps ». La grande chanteuse de cette époque, Lucienne Boyer, a conquis, elle, le monde entier en chantant « Mon cœur est un violon », un succès qui dure encore.
André Claveau a amoncelé tant de chansons en les gravant disques après disques comme « Le petit train », « La complainte de la butte » « 2 petits chaussons » et ma préférée « La petite diligence sur les chemins de France ».
Le talentueux et renommé Yves Montand a célébré de belles chansons, telles que « C’est si bon », « Les feuilles mortes », « Roses de Picardie », « Le temps des cerises » et « Clopin-Clopant ». Il ne faut pas oublier non plus notre Jacques Labrecque, qui a brillamment ressuscité notre folklore oublié. Pensons à « À St-M« Le fils du roi s’en va chassant » « À St-Malo, beau port de mer », et Raoul Roy avec « C’est dans le mois de mai. »
Le nom de Francis Lemarque doit sa renommée immortelle grâce à ses complaintes comme « Le petit cordonnier » et « Marjolaine ».
Et cette belle femme à la voix sensuelle, Line Renaud, qui a magnifié cet air que j’ai tant fredonné « Étoile des neiges » C’était en 1949.
Dans le temps du jour de l’an, on entonne en chœur, encore et encore, ces airs turlutés par la Bolduc « C’est dans l’temps du jour de l’an », et « La bastringue.
Un jour, pour la fête de Céline Dion, à l’émission américaine de Oprah Winfrey, c’est toute la famille Dion qui lui a fait toute une surprise en chantant, « Les cloches du hameau ». J’en fus bouleversé. Ils l’ont d’ailleurs endisqué avec Céline.
J’ai toujours ressenti un grand plaisir à écouter « Souvenirs d’un vieillard » interprété par Patrick Normand. (Dire qu’elle date de 1882).
Parmi la multitude des succès de Chantal Pary, je retiens, « Ferme tes jolis yeux » et reprise aussi par Patrick Normand.
Il est universellement admis, surtout lors de sondages, que la plus belle chanson française de tous les temps est : « La vie en rose » que chante Édith Piaf et tant d’autres. Pourtant, il me semble que, « L’hymne à l’amour » interprétée par Piaf constitue le pinacle. Mais j’accorde la même considération à Céline Dion, qui l’a merveilleusement interprétée, sous la pluie, lors des récents Jeux olympiques de Paris, en direct sur la tour Eiffel
Notre crooner national Fernand Gignac a presque toutes chantées ces chansons, mais surtout celle-ci « Le temps qu’il nous reste »et celle-là « Fascination ».
Des sondages importants pour désigner la plus belle chanson québécoise, affichent celle-ci de Raymond Lévesque « Quand nous vivrons d’amour. » Même en France, elle fait partie des top 5.
Je n’oublie pas « Frédéric » et « Les vieux pianos » de Claude Léveillée. L’interprétation distinctive de Raymond Berthiaume sur « N’oublie jamais ». Je me souviendrai toujours de l’interprétation de Lucille Dumont de la chanson de Jacques Blanchet « Le ciel se marie avec la mer ».
« La chanson de Lara » est une des fascinantes mélodies dans le répertoire si élaboré des Compagnons de la Chanson.
En terminant, voici une liste de plus que j’ai mémorisée comme l’ensemble précédent et surtout chantée dans ma jeunesse et que je n’attribue à personne, puisqu’elles sont parmi les traditionnelles et transmises socialement.
« Marie Madeleine, son p’tit jupon de laine », « Meunier, tu dors » « Quand j’étais chez mon père », « Alouette gentille alouette » « Sur le pont d’Avignon » « Cadet Roussel », « Au clair de la lune », « Plaisirs d’amour », « Voulez-vous danser Grand-Mère ? et « Lettre de René Goupil à sa mère ».
Je ne peux pas clore cette longue missive sans vous souhaiter de les retrouver, les fredonner et mieux encore les chanter, il vous suffit d’écrire les titres ou les noms des interprètes sur le clavier de votre ordinateur pour en lire les paroles et même les entendre.
Je m’excuse auprès des moins de 50 ans qui ignorent tout ce palmarès parce qu’ils n’étaient pas nés pendant cette prolifique période.