2 mai 2026.
Voici le deuxième texte sur ce sujet. À la fin du premier texte, j’ai souligné que je terminerai ce long texte à la fin de ce deuxième. Mais, je rectifie mon tir en affirmant qu’il y aura un troisième texte où j’élaborerai plusieurs réflexions sur la mort et surtout après la mort.
AIDE MÉDICALE À MOURIR.
Les sondages se sont multipliés pour affirmer que, en général, les répondants n’ont pas si peur de la mort. Comme moi, ils ont plutôt peur de souffrir avant la mort. À mon âge, j’entends beaucoup de commentaires à ce sujet. La souffrance sous toutes ses formes, autant physique que mentale, prend la forme d’un abominable supplice qui provoque cette peur viscérale.
Sans cette souffrance, ils acceptent la mort naturelle grâce aux soins palliatifs. Les soins palliatifs sont généralement vus comme une prolongation de la souffrance moindre et mieux contrôlée grâce à une multitude de pilules et la morphine. Hélas, les soins palliatifs ont une existence plutôt limitée.
Mais la souffrance handicapante, elle, nous incite à revendiquer d’y mettre fin, surtout quand la mort est à la portée. Voilà pourquoi un nombre important de personnes souhaitent profiter de L’AIDE MÉDICALE À MOURIR. Selon le bureau des statistiques, en majorité, les demandeurs pour l’aide médicale à mourir ont plus de 70 ans.
6200 morts.
Le Québec a compté 6,200 morts dus à cette aide, représentant environ 8 % des 80,450 décès en 2025, sur une population de 9,2 millions d’habitants au Québec. Le cancer est la cause principale. 6,200 morts signifient que le Québec est l’État avec le plus grand nombre de ces décès assistés au monde. Imaginez le HOLÀ qui s’est fait entendre partout sur la planète !
Pour cette raison que je viens de citer, en France en particulier, plusieurs partis politiques viennent de voter contre l’aide médicale à mourir sans connaître l’ABC de cette statistique qui semble si élevée. Ces élus préfèrent donc voir souffrir atrocement leurs concitoyens handicapés parce que ces mêmes députés français ne sont pas eux-mêmes souffrants ou ne connaissent pas intimement une personne qui souffre. Au Québec, on dit MOURIR DANS LA DIGNITÉ.
Mourir dans la dignité au Québec.
Il y a onze ans, soit en 2015, quelques députés des quatre partis politiques du Québec se sont réunis pour étudier auprès de tous les spécialistes des conséquences d’une telle loi. Mais aussi l’inspiration fondamentale de cette loi. Cette loi, c’était là un magnifique travail trans-partisan qui a conquis le peuple, qui, lui, a soutenu cette nouvelle loi audacieuse.
Sans oublier le fait que, au départ, la plupart des médecins ont refusé de s’associer à cette pratique, préférant respecter le fondement de leur serment, qui est de sauver des vies plutôt que de les abréger. Après onze ans, la préservation de la dignité humaine face à la mort est devenue la priorité absolue. J’en suis personnellement devenu un fidèle partisan. Préservez la vie, oui ! J’en conviens ! Mais, d’abord, une vie digne. Sinon, la mort s’impose.
Pourquoi la vie d’un éclopé serait-elle plus importante et aurait-elle préséance sur sa mort ? Pourquoi la société, malgré son horreur de la mort, y accorderait une priorité sur l’humain souffrant ? Celui-ci, n’est-il pas devant une décision personnelle en voulant mourir dans la dignité parce que la vie, elle, est devenue indigne à son égard ?
Une fin sereine !
Bien sûr, plusieurs critères sévères s’imposent dans le choix de la mort, comme l’évaluation au préalable de deux médecins. L’expérience du Québec nous informe que le patient peut choisir la date et l’heure et en informer sa famille et ses amis pour qu’ils l’accompagnent à l’instant de sa mort. L’expérience démontre aussi la sérénité qui accompagne le mourant, sérénité qu’il transmet à ceux qui l’aiment et qui l’entourent. La joie qui l’anime se propage dans la salle. Elle met un baume sur la tristesse et l’émotion habituelle du DEUIL.
4 injections.
J’ajoute le paragraphe suivant pour ceux qui ignorent le processus. Sans aller dans les petits détails, il faut 4 injections. Grâce à la première, le patient s’endormira comme lors d’une chirurgie. Puis, la deuxième, un anesthésique évitera l’inconfort veineux. Suivra la troisième, le Propofol le plongera dans un coma profond et la quatrième, un curare qui provoquera l’arrêt respiratoire. Tout cela en quelques minutes à peine et en douceur. Voilà ce qu’on m’a raconté.
Et que dire des autres pays
J’ai vu comment, au Québec, on a rendu accessible la mort aux miséreux et grands éclopés, soit une mort dans la dignité. Comme en France, où les députés ont voté contre alors qu’un sondage sérieux démontre qu’une majorité de Français est favorable à l’aide médicale à mourir. Curieux paradoxe.
Si de nombreux pays continuent de l’interdire, les dernières années ont illuminé un fort développement de l’accès à l’aide médicale à mourir dans le monde. Soit à commencer par l’interdiction totale jusqu’à une reconnaissance importante du droit à mourir dans la dignité, voici les pays les plus libéraux à ce sujet :
Huit pays autorisent actuellement l’aide médicale à mourir dans le monde : les Pays-Bas (2001), la Belgique (2002), le Luxembourg (2009), la Colombie (2015), le Canada-Québec (2016), l’Espagne (2021), la Nouvelle-Zélande (2021) et le Portugal (2023).
Si les critères différents pour l’obtenir varient d’un pays à l’autre, elle est systématiquement comprise comme un acte médical ayant pour objectif d’entraîner la fin de vie, prodigué par un professionnel de la santé, à un patient en ayant fait la demande.
On craint de banaliser l’Euthanasie et le Suicide. En fait, nous sommes en face d’un suicide « assisté », puisque, dans certains pays, comme la Suisse, on transmet les médicaments au patient qui les absorbe lui-même. Aujourd’hui, les Québécois ont cheminé vers une plus grande ouverture d’esprit.
Avant 2015, les Québécois devaient se rendre en Suisse ou en Belgique pour profiter de ce service. Les coûts étaient élevés.
Dans plusieurs pays, on détermine ceux qui seront choisis en tenant compte de la date prochaine, prévisible et réelle de la mort.
Il n’existe cependant pas de période de temps précise qui prévoit quand la mort naturelle est « raisonnablement prévisible ». Il n’est donc pas nécessaire de savoir quelle est l’espérance de vie du patient pour déterminer si sa mort naturelle est raisonnablement prévisible ou non.
Et maintenant, il faut se poser la question si la vie se termine à la mort ou s’il y a une vie après la mort et qui sera le sujet du troisième texte à paraître sur ce blogue la semaine prochaine.