Janvier 2026
Combien de fois, m’interpelle-t-on en disant : « QUOI DE NEUF, CLAUDE,» ? Je reste pantois. Que répondre ? À mon âge, J’AI DÉJÀ 84 ANS, il me reste qu’un si petit nombre d’années à vivre que les rêves et les projets n’occupent plus une place prédominante. Le futur est restreint. Six mois, un an, cinq ans, dix ans ou 12 ans, comme ma mère qui est décédée à 96 ans.
Bien sûr qu’il y a des riches en très bonne santé, malgré l’âge, qui projettent des voyages et des croisières avant qu’il soit trop tard. À mon âge, j’ai vécu un nombre incalculable d’années où j’ai réalisé tant de rêves et de projets qui ont façonné la personne que je suis aujourd’hui. Tant de coachs de vie et de philosophes n’ont cessé de nous inviter à vivre le temps présent.
Pourtant, je me suis nourri de la performance à concevoir et à réaliser des projets et des rêves inscrits au calendrier des jours et des années futures. Chaque jour, je pensais aux lendemains. Une vie riche de réalisations qui m’ont fait grandir et dont je suis fier. Que de joies et de peines, que de succès et d’échecs, que d’émotions remplies de promesses et d’autres, démotivantes, que d’amour, et de ressentiments ! Que dis-je ? Une vie performante. Quelle belle vie!
Pourquoi mes vieux jours devraient-ils être la continuité de cette performance épuisante ? Pourquoi ma vieillesse ne me procurerait-elle pas la découverte d’une autre facette de la vie et de la mienne, par surcroît ? Pourquoi ne pas adopter les enseignements qu’ont préconisés tant de coachs de vie et tant de philosophes ?
Soit de vivre le temps présent. Comme ce qui suit. De vivre les « aujourd’huis » et pas les « lendemains » ! De ressentir chaque geste qu’on pose ! De découvrir l’art de flâner ! De prendre le temps de réfléchir sur la vie ! De prendre aussi le temps de philosopher sur le sens à donner à l’existence ! De lire tous ces livres qu’on n’a pas eu le temps de parcourir ! De se réjouir des moments agréables avec sa famille et des amis ! De sociabiliser avec d’autres personnes à découvrir ! De jouir de bons repas ! De profiter de spectacles enrichissants et passionnants !
Et de puiser dans cette longue vie des souvenirs nostalgiques et agréables. Curieusement, les mauvais semblent s’être enfuis. Notre vie passée regorge d’un savoir, d’expériences uniques et d’enseignements qui nourrissent nos réflexions et nos philosophies de vieillards.
ON RACONTE QUE LA MORT D’UN VIEUX, C’EST L’INCENDIE D’UNE BIBLIOTHÈQUE. Que de livres j’ai dû écrire ! Que de choses les vieux ont à raconter, à transmettre ! Quelle désolation que de ne pouvoir le faire ? Encore faut-il des oreilles pour écouter ? Je profite donc de cette tribune, de ce blogue.
Seuls les vieux qui prennent le temps de vivre peuvent comprendre ces propos et vous les confier. La performance qui nourrit l’action est l’enfant du passé.
« Quoi de neuf, Claude » ? Que répondre à cela ? Que du vieux ! devrais-je répondre ! En fait, VIVRE LE TEMPS PRÉSENT, c’est vivre du neuf à longueur de journée ! C’est célébrer la vieillesse qui le permet.
Et la femme de ma vie, Diane, a lu ce texte avec lequel elle s’est dite en complet accord. Elle qui vit la vieillesse accablée par un handicap qu’elle apprivoise de plus en plus.
Bonne Année de Diane et Claude.