Quand j’étais plus jeune, les vieux (disons au-dessus de 75 ans), me paraissaient comme des sages. On devenait sage en vieillissant, soit en atteignant l’âge de la sérénité et en portant la légendaire barbe blanche. Maintenant que je suis octogénaire, je ne partage plus cette impression. Le vieil homme à la barbe blanche est beaucoup plus un mythe que la réalité qui m’entoure.
Je souhaitais écouter les réflexions bien pensées acquises par l’expérience inspirante d’une longue vie idéale. Dans les faits, je souhaitais prétentieusement vieillir harmonieusement et devenir moi-même ce sage vertueux. Il est vrai que j’apprécie ces moments où je réfléchis, où je pénètre en dedans de moi-même pour trouver des réponses à de multiples questions existentielles. Je peux persévérer des heures dans cet état mystique et inspiré loin du brouhaha de la vie qui m’entoure.
Le retour à la vie trépidante me réintègre dans ma personnalité courante et sociale. On ne change pas en vieillissant. On continue cette longue vie avec ses travers et ses qualités. On continue à manifester nos ressentiments, nos désirs, nos besoins, nos bêtises et nos bonnes actions. Continuer la lecture