Le journal papier est-il en train de disparaître ?

Lorsque la télévision est née, il était de notoriété que la radio ne survivrait pas.  Ses artisans ont roulé leurs manches. Après quelques  années de difficultés, en passant de la bande AM à la bande FM, elle a acquis de nouvelles lettres de noblesse. Aujourd’hui, elle fait partie largement de notre vie quotidienne.  Parce qu’elle a refusé  de disparaitre.

Et cela, malgré que la télévision traditionnelle ait aussi grugé la place importante qu’elle occupe aujourd’hui.  Quoique déjà, on se questionne sur l’avenir de cette dernière face à l’arrivée de la nouvelle technologie numérique qui se pointe le nez comme un géant, un monstre.  La télévision traditionnelle  pourra survivre si, comme pour la radio, ses artisans refusent de la voir disparaitre.  Mais jusqu’à maintenant, elle semble vouloir baisser les bras et se fondre dans le monstre.

 

L’imprimé a les deux pieds dans la même tourmente.  Plusieurs grands quotidiens ont largué les amarres du papier journal pour se convertir à la technologie numérique. Comme c’est le cas de La Presse +.  Et voilà que le gouvernement provincial subventionne des quotidiens régionaux pour leur faciliter le passage au numérique.  Finie la bataille pour la survie du papier journal. Outre le Devoir et le Journal de Montréal pour l’instant.

 

Je m’inquiète davantage de la presse régionale hebdomadaire qui informe localement ou régionalement toute sa population. Pour beaucoup de citoyens, c’est le moyen prioritaire de s’informer ou d’être informé sur la vie communautaire et parfois davantage. Par exemple, pour les citoyens des Îles de la Madeleine, Rimouski, Baie Comeau,  Drummondville, St-Hyacinthe, Joliette, Valleyfield et autres, l’information locale risque de leur filer entre les mains.

 

Autant pour les annonceurs qui n’ont besoin que d’une publicité à faible portée pour nourrir les besoins de leurs commerces. On ne veut pas voir ces journaux disparaitre.  Encore ici, on est malheureusement tenté de jouer sur les deux tableaux soit papier et numérique au détriment du papier.

 

La publicité est au cœur de la fatalité. Les commerçants, qui craignent de se voir dépasser par la concurrence, partagent et étalent leur budget alloué au papier avec le numérique. Initiant une perte nette pour le papier.

Il est évident que le premier poste des dépenses qui écope de la réduction des sommes alloués à la publicité est la rédaction, l’information.  Pourtant je reste convaincu qu’un journal bien lu, parce qu’il  accorde de l’importance au journalisme,  demeure toujours un média efficace pour la publicité. Réduire l’espace  et le personnel voués à la rédaction d’un journal signifie la décadence et la disparition de ce média et du papier journal.

 

Économiquement,  la fermeture de journaux signifie la perte d’emploi localement et du dynamisme local qu’il insuffle. Ajoutons à cela,  la fermeture à brève échéance des gros imprimeurs qui les impriment. Elle affectera de plein fouet toute l’industrie majeure qui fabrique le papier journal. Sans compter la multitude de commerces connexes qui en vivent.  Ce sont les régions du Québec qui risquent le plus d’écoper de cette désaffection.

 

Jusqu’à récemment, la majorité des 170 hebdos était la propriété du Groupe Transcontinental. Non rentables en réseau à cause de la baisse de la publicité, ils viennent d’être cédés à des intérêts locaux, intérêts qui tiennent heureusement à faire survivre leur média hebdomadaire.

 

Il y aura sûrement quelques dynamiques chevaliers parmi ces 170 éditeurs indépendants qui rouleront leurs manches pour arrêter l’érosion, permettront à ces 170 hebdos de regagner leurs lettres de noblesse et en assureront la survie. La survie est à ce prix.

 

Des hebdos avec des lecteurs allumés par des articles intéressants constitueront toujours un média de premier choix pour les annonceurs locaux. Ces journaux auront leur place à côté du numérique avec une vocation orientée vers leur communauté de proximité soit leur ville et leur région.

 

Il est aberrant que les détenteurs de budgets de publicité, soit les publicitaires, aient droit de vie ou de mort sur les médias grands et petits, qui ne vivent que de la publicité surtout nationale. Les médias, en général, changent leurs orientations selon les exigences des publicitaires. Si la puissante publicité abandonne le papier journal, la disparition de l’imprimé est évidente. Sera-ce pour le mieux ?

 

On a toujours besoin de temps pour assimiler correctement les changements.

Cependant les changements se font aujourd’hui tellement rapidement qu’ils risquent d’occasionner des dégâts. Les hebdos ont déjà connu des tempêtes et ont survécu, mais cette fois, le changement ressemble à un tsunami.

 

Leur proximité avec les commerçants locaux peut leur valoir une plus grande fidélité. Contrairement aux grands médias qui négocient avec les publicitaires des grands annonceurs.

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